DIALOGUE RÉGIONAL SUR LE COMMERCE, LA PROPRIÉTÉ
INTELLECTUELLE ET LES RESSOURCES BIOLOGIQUES EN AFRIQUE CENTRALE ET
OCCIDENTALE
Hôtel Ngor Diarama, Dakar, Sénégal,
du 30 au 31 Juillet 2002
Description
Le Contexte
La mise en uvre et l'examen de l'Accord sur les aspects des droits
de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC)
restent parmi les questions les plus controversées à l'OMC.
Les défenseurs de l'Accord soutiennent que le niveau de protection
minimum conféré par les ADPIC encourage l'innovation,
la recherche, le transfert de technologie et l'investissement direct.
Pour les pays en développement, pourtant, l'Accord soulèvent
de nombreuses questions notamment en matière de sécurité
alimentaire, de droits des agriculteurs d'échanger et de replanter
leurs semences, d'accès aux médicamment, de transferts
de technologie, ainsi qu'un débat éthique lié au
brevetage du vivant. Au lendemain de Doha, ces questions, laissées
pour la plupart en suspens, seront discutées intensivement dans
le cadre du réexamen des ADPIC au titre des Articles 27.3(b)
et 71.1.
A mesure que ces négociations avancent, un véritable
renforcement des positions des pays africains exigera une parfaite compréhension
de l'interface entre DPI et développement durable ainsi que des
stratégies claires, soutenues par des propositions concrètes.
Si depuis Seattle leur participation s'est considérablement intensifiée
et organisée, ceux-ci souffrent encore d'un manque d'analyses
empiriques établissant clairement l'impact des DPI sur le développement
durable et des capacités insuffisantes pour appréhender
la diversité des intérêts et la complexité
des problèmes liés aux DPI, qui ne sont abordés
que partiellement - et parfois de manière contradictoire - dans
les différents instruments internationaux tels que les ADPIC,
la CDB, l'UPOV, le Traité international de la FAO, l'Accord de
Bangui ou la loi modèle de l'OUA.
Le Concept
Dans un tel contexte, le présent Dialogue avait pour ambition
de renforcer la capacité des pays d'Afrique centrale et occidentale
à faire progresser leurs propres objectifs de politiques publiques
à travers la mise en uvre ou le réexamen des ADPIC.
Cela s'est fait à travers un échange de vues et d'expériences
entre les principaux acteurs impliqués dans le but ultime de
mieux articuler les intérêts nationaux et régionaux
ainsi que la manière de les défendre au niveau multilatéral.
Plus spécifiquement, le dialogue s'est efforcé de :
Favoriser l'interaction entre les négociateurs africains basés
à Genève et une série d'acteurs clés au
niveau de la sous-région. Ceci afin de permettre aux négociateurs
de mieux comprendre et représenter les divers intérêts
nationaux et régionaux dans les enceintes multilatérales
;
Permettre aux décideurs politiques et représentants de
la société civile de mieux comprendre la dynamique des
négociations multilatérales à l'OMC et en particulier
le processus de réexamen des Articles 27.3(b) et 71.1 ;
Mobiliser l'expertise sous-régionale pour mieux définir
les stratégies envisageables en matière de DPI et développement
durable ainsi qu'identifier les approches à adopter pour renforcer
la participation des pays de la sous-région dans les négociations
en cours sur les ADPIC au sein de l'OMC.
Le dialogue s'est déroulé de manière informelle.
Il a rassemblé 40 à 45 acteurs clés de la sous-région
représentant divers intérêts et comprenant à
la fois des représentants gouvernementaux (ministères
du commerce, de l'environnement, de l'agriculture, de la santé,
bureaux de propriété intellectuelle), universitaires,
ONG, associations socio-professionnelles, et le secteur privé.
Les débats ont été introduits par une série
de documents de base et quelques brèves interventions sur les
questions fondamentales de l'interface DPI et développement durable.
Les présentations ont été réduites au minimum
de manière à laisser suffisamment de temps pour une discussion
franche et ouverte.
Ce dialogue est le cinquième d'une série de réunions
régionales organisées par ICTSD en collaboration avec
QUNO et de nombreux partenaires locaux en Amérique latine, en
Asie et en Afrique. Les conclusions de ces dialogues ainsi que les différentes
contributions viennent alimenter un processus de dialogue et d'échange
de vues à Genève entre les négociateurs des pays
en développement basés auprès de l'OMC. Ce processus,
mis en place par QUNO il y a plusieurs années, avec le soutien
d'ICTSD, offre une plate-forme informelle à ces négociateurs
pour mieux comprendre les enjeux soulevés par les DPI et participer
de manière informée aux négociations en cours à
l'OMC.