Accords de Pêche Sénégal/UE: Le Protocole Renouvelé
pour Quatre Ans
Après le neuvième round du processus de négociation
des accords de pêche, le Sénégal et lUnion
européenne (UE) ont obtenu un accord, le 25 juin dernier à
Dakar, pour le renouvellement pour quatre ans de leur protocole de pêche.
Au titre de ce nouvel accord de quatre ans (1er juillet 2002 au 30 juillet
2006), le Sénégal devrait recevoir au total environ 42
milliards de Fcfa, soit 10 milliards de plus que dans le dernier protocole
(1997-2001) arrivé à expiration au mois davril 2001
et prolongé plusieurs fois jusquen décembre de la
même année. Les négociations avaient notamment buté
sur le montant de la compensation financière et sur les mesures
de sauvegarde et de préservation des stocks despèces
rares ou essentielles à lalimentation nationale.
Comparée au dernier protocole, la contrepartie financière
est passée à 41.981.248.000 F CFA contre 31.485.936.000
F CFA. Pour les quantités de poissons à capturer, les
tonnages sont réduits de 2131 tonneaux de jauge brute (TJB) à
1500 TJB pour la pêche démersale côtière,
et de 7869 TJB à 6500 TJB pour la pêche démersale
en eaux profondes. Le nombre de thioniers canneurs de lUE a quant
à lui a augmenté passant de 12 à 16 navires. Pour
les palangriers de surface, le nombre na pas varié tandis
que les 22 licences accordées aux chalutiers pélagiques
dans laccord précédent ont été supprimées.
Par cette suppression des licences de pêches de la sardinelle,
le Sénégal tente de préserver une des espèces
les plus importantes pour l alimentation de ses populations les
plus démunis. Celles accordées aux Européens dans
le dernier protocole avaient été à lorigine
dune levée de boucliers de la part du Collectif national
des pêcheurs du Sénégal (CNPS) et dune partie
des pêcheurs membres de la Fédération nationale
des Gie de pêche du Sénégal (Fenagie-pêche).
La pêche contribue pour plus de 30% aux recettes dexportation
du Sénégal et procure du travail à plus de 600.000
personnes, directement ou indirectement. Avec ce nouvel accord, le Sénégal
va certainement reprendre sa place de premier partenaire européen
dans le secteur de la pêche.
Sources : « Signature de laccord de pêche »
Allafrica 26-06-02 * « l accords de pêche Sénégal-UE
renouvelé » AFP 26-06-02
Sommet du G8: Un Plan d'Action pour l'Afrique
Le G8 a tenu sa promesse. Le rendez-vous de Kananaskis annoncé
en grandes pompes depuis plusieurs mois entre les dirigeants des sept
pays les plus riches du globe plus la Russie et quelques représentants
africains a bien eu lieu du 26 au 28 juin 2002 dans le village de Kananaskis,
au pied des rocheuses canadiennes. Après avoir consacré
les travaux de la deuxième journée aux problèmes
de lAfrique et à la nature de laide à lui
apporter, les dirigeants du G8 ont adopté un plan daction
pour lAfrique qui, curieusement, rappelle à sy méprendre,
les promesses compilées dans la déclaration du millénium
de 2000 et plus récemment dans le « consensus de Monterrey
».
A travers ce plan daction, les dirigeants du G8 expriment leur
détermination à susciter une action internationale énergique
pour rassembler les ressources et lexpertise voulues aux fins
de donner une impulsion au NEPAD. Ce programme de mobilisation des ressources
en faveur de lAfrique s articule autour de quatre initiatives
fondamentales :
- Consacrer à lAfrique au moins 50% des 12 milliards de
dollars US par an en aide publique au développement supplémentaire
promise à Monterrey, soit au moins 6 milliards de dollars supplémentaires
de nouvelles ressources.
- Augmenter lutilisation des subventions plutôt que les
prêts pour les pays les plus pauvres et très vulnérables,
et verser un milliard de dollars supplémentaire afin de combler
le déficit prévu de linitiative en faveur des pays
pauvres très endettés (PPTE).
- Sefforcer dinstaurer, pour tous les produits en provenance
des pays les moins avancés, y compris les PMA africains, laccès
en franchise et hors contingent.
- Sefforcer daméliorer laccès aux marchés,
conformément aux exigences de lOMC, pour les zones de libre-échange
ou les unions douanières africaines.
Comme lont pouvait sy attendre, les promesses de soutien
à linitiative africaine du NEPAD sont assorties dincitations
et dappels au libre-échange et à louverture
des marchés. Le rappel de lattachement du G8 au programme
de développement de Doha et à la totale mise en uvre
du programme de travail de lOMC réitère que cest
le commerce, plutôt que laide, qui peut donner un coup daccélérateur
aux efforts des pays africains pour sinsérer dans léconomie
mondiale. Les engagements renouvelés à cet effet concernent
dune part la réduction graduelle de toutes les subventions
à lexportation et des aides nationales qui faussent léquilibre
des échanges, et dautre part de veiller à ce que
les normes de produits nationales ne limitent pas inutilement les exportations
africaines. Le G8 obtient en contrepartie de ses promesses, lengagement
explicite des pays africains pour une meilleure gestion de leur affaires
publiques, la lutte contre la corruption et la levée des barrières
commerciales et juridico-administratives qui entravent l investissement
et la libre circulation des biens en provenance des pays industrialisés.
«Le plan daction est un partenariat. Sils ne remplissent
pas leur part, largent ne viendra pas» a affirmé
le Premier ministre canadien Jean Chrétien, président
en exercice du G8.
Auprès des dirigeants africains présents à Kananaskis,
la satisfaction était de mise, même si loptimisme
était des plus mesurés, à limage du président
nigérian Olusogun Obasanjo. «Nous ne sommes pas à
Kananaskis pour attendre une manne magique de nos amis du G8. Notre
principale attente est celle dun soutien dans la durée.
Nous savons et acceptons pleinement que la responsabilité première
daméliorer le sort de lAfrique incombe aux africains.
» a-t-il souligné.
Pour le Sénégalais Abdoulaye Wade, le G8 navait
pas à prendre des engagements financiers. « Lorsquils
nous disent quils vont nous aider, je le crois, nous avons toutes
les raisons de croire que quelque chose va changer. » a-t-il déclaré.
Le Sud africain Thabo Mbeki a souligné pour sa part que labsence
dengagement financier nest pas surprenante. « Ce qui
va maintenant arriver, dit-il, cest que nous allons nous asseoir
et entrer dans les détails des engagements et voir quelles sont
les initiatives pratiques que nous pouvons prendre. Cest dans
ce contexte quun calendrier et des volumes de ressources spécifiques
seront déterminés».
Alors que les dirigeants africains se félicitaient des promesses
faites par leurs partenaires européens, quelques-unes des Organisations
Non Gouvernementales présentes à Kananaskis sont montées
au créneau pour exprimer leur déception causée
par le manque dengagement financier du G8. Dans une déclaration
publiée à lissu du sommet, lONG Action Aid
a affirmé que « la déclaration du G8 est un triomphe
pour les pays sceptiques comme les Etats-Unis qui résistent à
toute mise en commun de laide et préfèrent choisir
des formes plus unilatérales de soutien pour léducation
et la santé ». Sur la question de léducation,
Action Aid et Oxfam international attendaient des engagements précis
en faveur du Plan « Education pour tous » présenté
par la Banque mondiale et auquel Oxfam sest étroitement
associé. Ce plan vise à permettre à plus de 125
millions denfants dans les pays pauvres de recevoir une éducation
primaire au moins. Son coût annuel est estimé à
4 à 5 milliards de dollars et la Banque mondiale a déjà
présenté une liste de 18 pays éligible à
un programme.
Au moment où les « grands de ce monde » se rencontraient
au Canada, environ 200 représentants de mouvements sociaux et
dOrganisations Non Gouvernementales de la sous région ouest
africaine et dEurope se sont retrouvées à Siby,
un village malien situé à 52 Km de Bamako. Cette rencontre
nommée « sommet des pauvres », en réplique
au G8 qui se tenait au même moment, avait pour objectif détudier
le lancinant problème de la dette africaine et de demander son
annulation pure et simple.
Sources : « Plan daction pour lAfrique du G8 ».
http://www.g8.gc.ca « Le G8
adopte un plan daction pour lAfrique qui napporte
rien de neuf ». AFP 27-06-02 « Plan daction du G8
: nouvelles clés, mêmes accords et mêmes notes ».
Allafrica 04-07-02
OMPI : Les Membres du Comité Intergouvernemental
Divisés à la Réunion sur la Propriété
Intellectuelle, les Ressources Génétiques et les Savoirs
Traditionnels
LOrganisation mondiale de la propriété intellectuelle
a tenu sa troisième réunion du 13 au 21 juin dernier à
Genève. Lors de cette importante rencontre du Comité intergouvernemental
de la propriété intellectuelle, des ressources génétiques,
des connaissances traditionnelles et du folklore, les membres se sont
penchés dune part, sur les possibilités de mise
en place d un système juridique international pour la protection
des connaissances traditionnelles, et dautre part sur les conditions
de divulgation des renseignements sur les pays dorigines des ressources
génétiques et les connaissances traditionnelles qui sont
associés aux demandes de brevets. Les discussions ont porté,
en outre sur la pertinence des droits de propriété intellectuelle
existants, en particulier les indications géographiques, pour
protéger les connaissances traditionnelles et le folklore.
Quel système juridique pour protéger les connaissances
traditionnelles ?
Les délégués ont poursuivi les discussions sur
des normes juridiques possibles pour la protection des connaissances
traditionnelles. Des divergences sont apparues concernant la nécessité,
la portée et la nature d un instrument juridique de protection.
Certaines délégations, notamment les Etats-Unis, la Norvège
et la Nouvelle Zélande, ont estimé quun système
sui generis international juridiquement contraignant pour la protection
des connaissances traditionnelles était prématuré
ou même inutile. Par contre, de nombreux pays latino-américains,
le Groupe africain ont appuyé lidée d un traité
international et considéré que ceci était une priorité
pressante. Leur position complète des propositions connexes en
vue dun traité juridiquement contraignant sur laccès
et/ou le partage des avantages liés aux ressources génétiques,
propositions présentées très récemment lors
de la Sixième Conférence des Parties (COP6) de la CDB,
tenue du 8 au 19 avril dernier (Convention sur la diversité biologique)
et lors de la Quatrième Réunion préparatoire pour
le Sommet mondial sur le développement durable, tenue du 27 mai
au 7 juin à Bali, en Indonésie.
Concernant la portée de la protection, si certains pays en développement
ont appuyé lidée dun accord qui couvrirait
à la fois les connaissances traditionnelles et le folklore (par
exemple, Iran et Organisation de lunité africaine), dautres
ont estimé quil serait préférable de les
garder séparés, avec peut-être les connaissances
traditionnelles limitées aux connaissances associées aux
ressources génétiques. Néanmoins, les pays en développement
appuyant lapproche unifiée ont eu tendance à être
daccord avec ceux qui sont favorables à la séparation
entre les connaissances traditionnelles et le folklore sur le fait que
la portée de la protection devrait refléter la nature
holistique de ces concepts. Le Canada et la Chambre internationale de
commerce ont fait part de leur désaccord, soutenant que ceci
entraînerait des difficultés pratiques.
La gestion des informations relatives à lorigine des
ressources génétiques
Les délégués ont en outre débattu du point
de savoir sil fallait, et comment, incorporer une prescription
concernant la divulgation de lorigine des ressources génétiques
et/ou des connaissances traditionnelles qui y sont associés,
dans les demandes de brevet. Cette question litigieuse avait été
soulevée antérieurement à la Conférence
des Parties6 de la CDB, durant laquelle les délégués
avaient convenu dinclure les prescriptions en matière de
divulgation comme mesure de mise en conformité possible, dans
les Directives de Bonn, et avait fait lobjet de délibérations
au Conseil des aspects des droits de propriété intellectuelle
touchant au commerce (ADPIC) de lOMC. Lors de la réunion,
les Etats-Unis ont spécifié quune telle prescription
serait incompatible avec lAccord sur les ADPIC car elle ajoutait
une autre condition de fond à la brevetabilité en plus
de celles déjà prévues. Des pays tels que lInde
et le Brésil ont spécifié à maintes reprises
quune telle mesure était nécessaire pour que les
brevets viennent en appui à la CDB. Ces pays soutiennent que
la divulgation obligatoire de l origine aurait cet effet en empêchant
que les droits monopolistiques privés ne sétendent
à des ressources génétiques acquises de manière
illicite. Le monde des affaires a toutefois tendance à considérer
que la mise en conformité pourrait être très difficile,
dans certains cas, pour les entreprises.
Indications géographiques : un outil pour la protection des
connaissances traditionnelles ?
Des débats ont également eu lieu sur la pertinence de
la protection par les droits de propriété intellectuelle
en vigueur pour les connaissances traditionnelles et le folklore. Le
Groupe asiatique a suggéré que lOMPI examine les
moyens pratiques de protéger les expressions du folklore à
travers des DPI tels que les droits dauteur, les dessins industriels,
la certification, les marques collectives et les indications géographiques.
Le Brésil a toutefois fait part de son scepticisme à propos
dun passage dans une des communications du Secrétariat
(WIPO/GRTKF/IC/3/7) qui retenait les indications géographiques
comme un DPI approprié pour protéger les connaissances
traditionnelles. Le Mexique a prudemment convenu que les indications
géographiques en avaient la capacité, mais a été
daccord avec le Brésil sur le fait que ces indications
ne pouvaient mettre un terme au biopiratage. LOrganisation africaine
de la propriété intellectuelle a affirmé que les
indications géographiques pourraient être utiles pour des
expressions du folklore ou pour des produits agricoles, mais a partagé
les réserves du Brésil sur leur pertinence pour les connaissances
traditionnelles.
Les indications géographiques telles que définies par
lAccord de lOMS sur les ADPIC sont des identifications du
pays ou de la région où la qualité, la réputation
ou dautres caractéristiques dun produit peuvent être
essentiellement attribuées à la région géographique.
Certains estiment quen donnant une valeur aux ressources biologiques,
les indications géographiques peuvent fournir une incitation
à la préservation des variétés naturelles,
de lenvironnement dans lequel les ressources respectives poussent,
et des connaissances traditionnelles qui y sont associées.
Une réunion du Comité de lOMPI est prévue
pour la quatrième fois en décembre 2002, réunion
au cours de laquelle les délibérations sur ces sujets
se poursuivront.
Règlement des Différends: Les Pays
Africains Producteurs de Coton Envisagent de Saisir l'Organe de Règlement
des Différends de l'OMC
Les pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre envisagent de saisir l'organe
de règlement des différends de l'Organisation mondiale
du commerce (OMC) pour protéger leur filière coton. Réunis
pour une concertation sur le coton, les ministres de l'agriculture d'Afrique
de l'Ouest et du Centre (CMA/AOC) ont adopté, mercredi 26 juin,
un mémorandum de six pages élaborant une stratégie
commune pour faire face à la concurrence des producteurs occidentaux.
Selon le mémorandum (disponible sur internet http://www.cmaoc.org/),
« Les pays africains ont la particularité dexporter
près de 95 % de leur production, alors que la moyenne des exportations
pour les grands producteurs nest que de 30 %. Les subventions
pratiquées dans les pays de l OCDE contribuent à
la chute des cours mondiaux et aux déséquilibres des filières
coton en Afrique. Ces subventions sont en contradiction avec les règles
de lOMC. Les Ministres de lagriculture recommandent la mise
en place dune coalition des pays producteurs AOC pour défendre
leurs intérêts au sein des Institutions chargées
de la régulation du commerce international, de larbitrage
et du règlement des différends ». Toujours selon
ce document, le Ministère de lAgriculture et des Ressources
Animales de Côte dIvoire, entreprendra, en liaison avec
lUEMOA, la CEDEAO, et la CEMAC, la préparation dun
dossier à introduire auprès de lOrgane de Règlement
des Différends de lOMC, et pour les négociations
bilatérales avec lUnion européenne et les Etats-Unis
sur le dossier des subventions de la filière coton.
La CMA/AOC regroupe vingt pays d'Afrique de l'Ouest : la Mauritanie,
le Sénégal, la Gambie et le Cap-Vert, la Guinée
Bissau, la Guinée-Équatoriale, la Côte d'Ivoire,
le Burkina Faso, le Mali, la Guinée, le Niger, le Togo, le Bénin,
le Nigeria, le Tchad, la République centrafricaine, le Congo,
le Cameroun, la Sierra Leone et le Liberia ces deux Etats étant
en cours d'adhésion.