Conférence Ministérielle des PMA à Cotonou:
Les Pays Membres Veulent Renforcer leur Coopération pour Parler
d'une Seule Voix.
Les 49 PMA ont tenu le 5 août dernier à Cotonou leur 12ème conférence
ministérielle dont le l’orientation centrale est le renforcement de
la coopération, de la solidarité et de l’unité des PMA dans le cadre
des principaux évènements mondiaux.
Au cours de cette rencontre de trois jours, une centaine de délégations
des PMA, des représentations d’organisations internationales, du système
des Nations unies et des partenaires au développement ont abordé une
série de questions transversales ayant un intérêt majeur pour les PMA.
Dans le processus de réexamen des progrès réalisés dans le cadre de
la mise en œuvre du programme d’action des PMA, les membres ont fait
le point des préoccupations des PMA dans les différentes instances multilatérales,
notamment le cycle de négociation post Doha et la dernière conférence
de Monterrey sur le financement du développement.
La rencontre s’est également penchée sur les questions et les préoccupations
des PMA en direction des prochaines principales rencontres internationales,
en particulier le sommet mondial sur le développement durable prévu
à Johannesburg du 26 août au 4 septembre 2002, la 57ème session de l’assemblée
générale des Nations Unies et la 13ème session des ministres des affaires
étrangères des PMA.
La rencontre de Cotonou s’est tenue deux mois après la publication
du rapport de la CNUCED sur la situation des PMA dans le monde. Au nombre
de 49, ces derniers abritent 81% de pauvres et 50% d'extrêmement pauvres,
les populations les moins bien loties résidant dans les pays africains.
Cette situation a tendance à s'aggraver surtout pour les individus n'atteignant
pas le seuil de 1 dollar par jour. Le rapport montre que les pays qui
dépendent de l'exportation de leurs produits primaires sont les plus
exposés et que l'extrême pauvreté s'y est aggravée ces dernières années.
Un constat implacable est donc fait à l'issue de cette analyse statistique
: la pauvreté dans les PMA est générale et persistante. Les auteurs
du rapport expliquent que cette situation est induite par un cercle
vicieux, que les économies de ces pays sont prises au piège. La seule
solution serait de dégager une croissance économique soutenue basée
sur des relations économiques internationales saines. Telle n'est pas
le schéma de la mondialisation économique néo-libérale qui aggrave la
situation et maintient, voire accentue la pauvreté dans les PMA.
Les experts de la CNUCED proposent quelques orientations pour aller
dans le sens d'une baisse de la pauvreté généralisée. La condition sine
qua none repose sur la promotion, par les gouvernements des PMA, d'une
croissance économique soutenue afin de doubler le niveau de vie moyen
des ménages. Le programme d'action en faveur des PMA, pour la décennie
2001-2010, adopté à la fin de la troisième Conférence des Nations Unies
sur les PMA établit un objectif de 7% de croissance du Pib par an afin
de réduire de moitié, d'ici 2015, la proportion de personnes vivant
dans l'extrême pauvreté. Cette croissance doit reposer sur la synergie
entre l'investissement et l'exportation ainsi que sur l'adoption de
politiques de développement productif. Enfin, les gouvernements doivent
élaborer des politiques pour faire en sorte que certains groupes sociaux
ne restent pas en marge du processus.
Le Sommet des Chefs d'Etats et de Gouvernement
ACP: Consolider les Acquis Commerciaux et Renforcer l'Unité dans
les Négociations
Le troisième Sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement du Groupe des
Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) s’est tenu du 16
au 19 juillet dernier à Nadi, aux îles Fidji, avec pour entre autres
objectifs, de consolider leur position concernant les négociations commerciales
à venir avec l’UE, dans le cadre de l’Accord de Cotonou. Les questions
liées au commerce, accompagnées des mesures visant à constituer la capacité
d’offre, ont occupé une place prépondérante dans la déclaration finale,
notamment un appel à une libéralisation des échanges graduelles qui
reconnaisse les conditions économiques différentes des pays ACP.
Dans le cadre de l’Accord de partenariat ACP-UE, signé à Cotonou en
juin 2000, les négociations en vue de l’établissement d’Accords de Partenariat
Economique entre l’UE et les pays ACP sont prévues pour démarrer le
27 septembre 2002. Ces Accords, dont le but est d’améliorer l’accès
aux marchés actuel pour les pays ACP, remplaceront les préférences commerciales
non réciproques actuelles accordées par l’UE aux exportations des ACP,
au titre de la Convention de Lomé. Les négociations doivent être finalisées
le 1er janvier 2008 au plus tard.
Selon Kaliopate Tavola, Ministre des affaires étrangères et du commerce
extérieur de Fidji, la Déclaration finale de Nadi a marqué un changement
d’ orientation notable, des questions traditionnelles telles que la
dette, à un accent accru sur le commerce. Tout en soulignant le « rôle
central » que le commerce peut jouer dans le développement économique,
la Déclaration a mis l ’accent sur la nécessité d’une « flexibilité
de politique » pour permettre aux pays en développement « d’atteindre
leurs objectifs de développement et de sauvegarder leurs intérêts économiques
». En particulier, la libéralisation des échanges devrait être « introduite
et échelonnée de manière progressive » et être accompagnée de mesures
de soutien adéquates qui prennent en compte les contraintes de l’offre,
rehaussent la compétitivité et renforcent la capacité à commercer ».
Les dirigeants ACP ont en outre noté que les avantages de la mondialisation
escomptés ne s’étaient pas matérialisés pour la plupart des pays pauvres
« et même quand ils se sont matérialisés, ils ne sont pas répartis équitablement
car les coûts sont supportés par tous ». Le Premier Ministre fidjien,
Laisenia Qarase, a émis une critique similaire en ce qui concerne la
libéralisation des échanges, en notant qu’il n’y avait pas de « terrain
de jeu égal pour les ACP». « L’ouverture des marchés est davantage comparable
à une pente raide et glissante pour les pays pauvres. C’est pour cela
que nous devons entrer avec précaution dans un système intégré de commerce
mondial » a-t-il ajouté. Dans le même temps, Qarase reconnaissait l
’association UE-ACP comme « une réussite remarquable » et l’a qualifiée
« d’ un des groupements d’aide et de commerce international les plus
efficaces jamais établis. »
Concernant le Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg
(26 août au 4 septembre), les dirigeants ACP ont convenu de mener des
consultations afin de développer et de formuler une position ACP commune
lors du Sommet. En outre, les dirigeants ACP ont fortement incité les
Etats membres de l’UE à ratifier l’Accord de Cotonou. En date du 19
juillet, 9 pays de l’UE l’ont ratifié (sur les 15 requis), de même que
58 pays La Déclaration de Nadi est accessible à partir du site du Sommet
à : http://www.acpsec.org/fiji/ Pour des renseignements complémentaires
sur les relations EU-ACP, voir : http://europa.eu.int/comm/trade/bilateral/acp/acp.htm