ACP-UE: Une Floraison de Décisions sur les Structures de
Négociations, les APE, le Programme de Doha...
Le conseil des ministres ACP a tenu une session extraordinaire à
Bruxelles les 25 et 26 septembre 2002, en vue de préparer le
lancement des négociations des APE avec l'Union Européenne
le 27 septembre. Plusieurs décisions ont été prises.
Les plus importantes concernent la mise en place d'une structure des
négociations Tous ACP, le renforcement des capacités à
négocier et à faire face aux effets des APE et le programme
de Doha pour le développement
Mise en place d'une structure des négociations
Conformément aux orientations ACP pour les négociations
des APE adoptés par le troisième sommet ACP des chefs
d'Etats et de gouvernement (Fidji, juillet 2002), le Conseil des ministres
a mis l'accent sur le maintien et le renforcement de l'unité
et de la solidarité durant les négociations. Pour ce faire,
il a défini un calendrier de négociation et mis en place
une structure de négociations.
Le conseil a souligné la nécessité
d'une approche en deux temps des négociations : une phase Tous
ACP et une seconde phase Régionale/Nationale. Une structure savamment
étudiée devra accompagner ce choix stratégique.
Elle s'articule principalement autour du conseil des ministres, d'un
comité interministériel commercial ACP, de groupes de
négociations, de porte-parole etc.
Le conseil des ministres ACP, en tant qu'organe politique
de décision le plus élevé, est responsable de l'adoption
des positions de négociations sur la base des orientations ACP,
de la conduite globale des négociations et de l'approbation des
résultats. Quant au Comité interministériel ACP,
il assure le suivi et l'valuation de l'état d'avancement des
négociations des APE tout en ayant la possibilité de faire
des recommandations appropriées au Conseil des ministres.
Six groupes de négociations vont être créés,
dirigés chacun par un porte-parole ministériel désigné
par le Conseil. Celui-ci devra s'adjoindre deux porte-parole suppléants
avec lesquels il pourra constituer une Troïka.
Pour autant, la préparation des négociations
au niveau ministériel reste dévolue aux ambassadeurs,
y compris et en étroite collboration avec ceux en Europe chargés
des questions relatives à l'OMC. La préparation technique,
elle, reste dévolue au secétariat ACP avec le concours
du groupe consultatif d'experts, des experts représentants les
organisations d'intégration économique régionale,
des experts nationaux et des fonctionnaires des institutions partenaires.
Renforcement des capacités à négocier
et à faire face aux effets des APE
Dans leurs négociations avec l'Union Européenne,
les Etats ACP auront besoin de renforcer leurs capacités non
seulement à négocier, mais également à entreprendre
des analyses indépendantes des conséquences et des faits
nouveaux susceptibles d'influer sur les négociations, intervenant
au plan international et, éventuellement, aux plans inter-régional,
régional et national.
Il a ainsi été décidé de faire
entreprendre des études nationales d'évaluation des capacités
des Etats ACP à faire face à l'impact des APE. Ces études
seront financées sur le programme de renforcement des capacité
de 20 milions d'euros, sur la base de termes de référence
communs élaborés par le Secrétariat ACP.
En outre, demande est faite à l'Union Européenne
d'accélérer la ratification de l'Accord de Cotonou de
façon à permettre aux Etats ACP de disposer de ressources
du 9eme FED, nécessaires au renforcement de leur capacité
à faire face aux effets des APE et au financement du développement.
Par ailleurs, un certain nombre de prérogatives
ont été accordées au Comité des ambassadeurs
à ces fins. Parmi les plus importantes, on peut noter un mandat
d'élaboration, pour la prochaine session du Conseil des Ministres,
d'une stratégie de communication et de relations publiques visant
à obtenir un appui aux points de vue ACP durant les négociations
et à améliorer la visibilité du groupe ACP. Le
comité des ambassadeurs devarait aussi élaborer le complément
des thèmes à inclure dans les mandats des groupes de négociations
pour assurer la cohérence entre les différents objectifs
de négociations tout en examinant les voies et moyens de permettre
aux acteurs non étatiques de s'impliquer activement dans le processus
de négociation.
Sur le programme de Doha pour le développement
En tenant compte des articles 36 du Titre II, chapitre
2 et 39 du Titre II, chapitre 3 de l'Accord de Cotonou, visant respectivement
la conclusion de nouveaux accords commerciaux compatibles avec les règles
de l'OMC et une coopération étroite entre l'UE et les
ACP en vue de l'identification et de la promotion de leurs intérêts
communs au sein de l'OMC, le Conseil a pris un certains nombre de mesures.
La première consiste à créer un mécanisme
de cohésion entre les Etats ACP membres de l'OMC parmi lesquelles,
la mise en place d'un système de consultation et de coordination
entre les ambassades ACP basées à Genève et celles
de Bruxelles. Il a appelé à la constitution d'un Comité
de pilotage conjoint au niveau des ambassadeurs conformément
à la proposition faite par le Commissaire européen au
Commerce lors de la récente réunion du Comité ministériel
commercial ACP-UE (Bruxelles, 23 septembre 2002).
Le Conseil a exprimé ses préoccupations quant au manque
de progrès dans les négociations OMC sur les questions
d'intérêt pour les Etats ACP comme le traitement spécial
différencié, les règles d'origine, la mise en uvre,
et les petites économies. Il a donné mandat au Comité
des Ambassadeurs pour développer une stratégie d'approche
pour une participation effective du Groupe ACP à la 5e Conférence
ministérielle de l'OMC prévue pour septembre de l'année
prochaine à Cancùn au Mexique.