L'AGOA III sur les rails : Vers un renforcement des relations commerciales
USA/Afrique
La proposition de loi visant à étendre la portée
et la durée de la loi sur la croissance et les possibilités
économiques en Afrique (AGOA) a été déposée
au Sénat américain et à la Chambre des représentants,
les 20 et 21 novembre respectivement. Le 9 décembre, le ministre
mauricien de l'industrie et du commerce international, M. Jayen Cuttaree,
et le secrétaire d'Etat des Etats-Unis, M. Colin Powell, ont
ouvert le Troisième Forum de l'AGOA au département d'Etat,
à Washington.
La troisième étape de cette coopération commerciale
afro-américaine cherche à approfondir la série
de préférences déjà mise en uvre et
à faciliter l'intégration de l'Afrique dans le système
commercial international. L'AGOA III vise à proroger ces relations
commerciales au moins jusqu'en 2015. Son objectif est de permettre aux
pays les plus pauvres bénéficiaires de l'AGOA d'utiliser
pendant quatre ans de plus des tissus provenant de pays tiers pour la
fabrication de vêtements exportés en franchise de douane
aux Etats-Unis et à fournir une assistance technique aux agriculteurs
africains pour qu'ils puissent remplir les critères sanitaires
et phytosanitaires stricts des Etats-Unis. En outre, l'AGOA III projette
de réduire les obstacles auxquels se heurtent les agriculteurs
africains désireux d'exporter leurs produits aux Etats-Unis et
d'élaborer des mesures destinées à aider l'Afrique
à mettre en place l'infrastructure (transports, énergie,
télécommunications, eau) nécessaire pour accroître
ses échanges commerciaux avec les États-Unis.
Il faut rappeler que globalement, L'AGOA est un mécanisme de
coopération commerciale qui institutionnalise un processus en
vue de renforcer les relations entre les États-Unis et les pays
africains et offre aux pays africains des incitations pour les encourager
à entreprendre des réformes politiques et économique.
Elle offre aux pays bénéficiaires d'Afrique subsaharienne
un accès en franchise de douane et sans contingent au marché
américain pour pratiquement tous les produits prévus dans
le Système généralisé de préférences
(SGP), améliore la sécurité pour ceux qui investissent
dans les pays africains et qui commercent avec eux en garantissant que
les avantages du SGP seront maintenus pendant 8 ans et supprime la limitation
du SGP en matière de concurrence pour les pays africains. En
outre, la loi établit un Forum de coopération commerciale
et économique Etats-Unis Afrique subsaharienne pour faciliter
des entretiens périodiques portant sur la politique commerciale
et d'investissement et encourage le recours à l'assistance technique
pour consolider les réformes et le développement économiques,
notamment l'aide destinée à renforcer les relations entre
les entreprises américaines et les entreprises d'Afrique subsaharienne.
Plus spécifiquement, l'AGOA supprime tous les contingents applicables
aux textiles et aux vêtements en provenance d'Afrique subsaharienne
et élargit l'accès en franchise de douane et sans contingent
au marché américain pour les vêtements fabriqués
en Afrique subsaharienne à l'aide de fils et de tissus qui n'existent
pas aux États-Unis. En outre, la loi étend le traitement
en franchise de douane et sans contingent aux vêtements faits
en Afrique avec du cachemire et certaines laines mérinos, ainsi
qu'aux vêtements fabriqués en Afrique avec de la soie,
du velours, du lin et d'autres tissus qui ne sont pas produits en quantités
commerciales aux États-Unis.
L'échec de Cancun a été évoqué lors
de la rencontre du 9 décembre et la question fondamentale des
subventions agricoles surtout celles appliquées au coton américain
a été posée. Le dommage subi par les producteurs
africains par ces subventions a été souligné par
le camp africain. Quelques Officiels Américains n'ont pas manqué
de reconnaître le fait et ont même affirmé que le
Président Bush était prêt à supprimer les
subventions américaines si les Européens consentaient
à faire de même.
Sources : http://usinfo.state.gov/regional/af/trade/french/frtrade.htm
United States Department of State (Washington, DC)
*********************************
Les Ministres ACP prennent position sur la situation
des négociations Post-Cancun
Réuni à Bruxelles les 27 et 28 novembre 2003 , le Conseil
des Ministres ACP a procédé à une appréciation
générale de l'évolution des négociations
commerciales. Il a également endossé les recommandations
sur la situation post-Cancun qui lui avaient été présentées
par les Ministres du Commerce ACP qui s'étaient réunis
le 26 novembre 2003 au Botswana.
Malgré l'échec de Cancun, les pays ACP restent convaincus
de l'importance d'un système multilatéral plus équilibré
et équitable caractérisé par la transparence et
par un mécanisme de prise de décision qui doit être
réformé pour être ouvert à tous. A cet égard,
ils ont donné mandat au Groupe ACP à Genève d'examiner
le processus préparatoire pour les conférences ministérielles
et le processus de décisions de l'OMC en vue de faire des propositions
sur la façon dont les lacunes pourraient être corrigées.
Les questions d'intérêt pour les pays en développement
et leurs besoins doivent être dûment reconnus et pris en
compte pour faciliter la reprise des négociations à la
quelle s'engage les ministres ACP. En tout état de cause, le
Groupe doit continuer à participer activement et de façon
constructive au processus de l'après-Cancun en vue d'arriver
à une conclusion satisfaisante des négociations dans le
cadre du Programme de travail de Doha.
Les ACP demandent au Conseil Général de l'OMC de reprendre
en priorité les négociations sur les questions essentielles
d'intérêt pour les pays en développement, telles
que le traitement spécial et différencié, la mise
en uvre, la situation particulière des pays les moins avancés,
le programme de travail pour les petites économies et les règles
régissant les accords commerciaux régionaux.
Du point de vue de la définition des stratégies de négociations,
il a été convenu de que le Groupe ACP doit continuer à
participer à l'Alliance tripartite (ACP, PMA et Union Africaine)
établie à Cancun et devraient s'engager à former
des coalitions avec les autres groupements ayant les mêmes aspirations
afin d'obtenir des appuis pour ses positions de négociations.
Se prononçant sur les questions délicates actuellement
en négociation à l'OMC, le Groupe ACP a suggéré
la mise en place d'un cadre fixant les modalités des nouveaux
engagements dans les négociations sur l'agriculture qui pourrait
être conclu en priorité, et l'élaboration des modalités
qui pourrait être remis à un stade ultérieur.
Sur la question du coton, il a été décidé
la création d'un Comité ministériel de suivi du
dossier coton. Il a été donné mandat au Comité
des Ambassadeurs pour élaborer un projet à financer sur
les fonds FED, qui viserait à renforcer la filière coton.
Les ministres ont tenu à préciser que dans le cadre des
négociations à l'OMC, cette question doit être traitée
séparément et non dans le cadre des négociations
agricoles globales. Elle doit être inscrite parmi les points de
l'ordre du jour du Conseil Général vu que le coton continue
d'être une question vitale pour les pays concernés et requiert
une solution urgente.
En ce qui concerne le sucre, les ministres ont invité l'Union
Européenne à respecter l'obligation légale et l'engagement
politique relatifs au protocole sucre et à convenir que le "
réexamen " prévu par l'Accord de partenariat de Cotonou
n'implique d'aucune manière la " renégociation "
de ce protocole, la disposition en question ayant pour but d'assurer
la compatibilité dudit protocole avec les règles de l'OMC.
Par ailleurs, le Conseil a invité la Commission Européenne
et les États membres de l'UE à prendre conjointement avec
le Groupe des États ACP toutes les mesures nécessaires
pour défendre le régime du sucre et les modalités
et conditions d'accès préférentiel dont jouissent
les pays ACP contre les attaques des parties tiers.
Sur les questions de Singapour, le Groupe estime qu'elles ne sont la
clé qui permettrait de sortir de l'impasse dans laquelle se trouvent
les négociations et considère que le " dégroupement
" de ces questions semble irréversible. Tout examen approfondi
de ces questions devra tenir compte de la nécessité d'arriver
à un accord sur les modalités, sur la base d'un consensus
explicite (accord formel de toutes les parties); la fourniture d'un
appui technique, le renforcement des capacités et la clarification
des implications de l'adoption de cadres multilatéraux relatifs
à ces questions ; les résultats à terme des négociations
sur ces questions ne devraient pas mener à des engagement contraignants
relevant des procédures de règlement des différends
à l'OMC ; l'examen de n'importe laquelle de ces questions devrait
être lié aux progrès accomplis sur les questions
relatives au développement dans le cadre du Programme de travail
de Doha.
Sources : http://www.acpsec.org/