Après
les régions ACP d'Afrique, 16 pays des caraïbes démarrent
la négociation d'une APE avec l'UE
A la suite de quatre
régions africaines (Afrique centrale, Occidentale, Orientale
et Australe), 16 pays des Caraïbes réunis au sein du Cariforum
ont donné, le 16 avril dernier à Kingston, en Jamaïque,
le coup d'envoi de la deuxième phase de négociation d'un
APE avec l'Union européenne. Le lancement des négociations
de cette phase bilatérale-régionale a eu lieu en présence
du Premier ministre jamaïcain, Percival Patterson, des Commissaires
européens Pascal Lamy (Commerce) et Poul Nielson (politique de
développement) et des experts du Cariforum.
Avant d'arriver
dans la capitale jamaïcaine pour l'ouverture des travaux, les négociateurs
européens ont, comme ce fut le cas dans les autres régions,
tenté de convaincre leurs partenaires sur les bienfaits qu'ils
pourraient tirer des Accords de partenariat économique. "
Le lancement de ces négociations ouvre un nouveau chapitre entre
nos régions, a affirmé le Commissaire européen
Pascal Lamy. Abattre les barrières au commerce entre les pays
des Caraïbes est le complément indispensable au libre accès
au marché européen dont jouissent déjà ces
pays pour la quasi- totalité de leurs produits. La région
en sortira plus forte, ce qui stimulera les relations entre l'UE et
les Caraïbes ". Ces arguments sont aussi partagés par
son collègue Poul Nielson pour qui "stimuler l'amélioration
des investissements et de la productivité par l'intégration
régionale et la création de marchés plus larges
conduira inévitablement à renforcer la position des producteurs
des Caraïbes sur les marchés internationaux. Plus important
encore, cela constituera un catalyseur important pour le développement
à long terme de la région. C'est pourquoi les APE sont
au cur de notre agenda pour le développement " dira
t-il.
Le Cariforum qui
regroupe 16 pays des Caraïbes a été choisi pour être
la structure de négociation avec l'Union européenne et
l'espace géographique régional devant bénéficier
de la mise en uvre de l'APE dans cette région. C'est une
organisation régionale créée le 19 octobre 1992
et regroupant les pays de la Caraïbe signataires de la Convention
de Lomé IV. Ses principaux objectifs sont de coordonner et de
superviser l'allocation des ressources perçues à travers
le Fonds européen de développement (FED) et destinées
au financement de projets régionaux dans les Caraïbes.
Tous ses membres,
sauf la République Dominicaine, font partie de la Caricom, le
cadre d'intégration économique des caraïbes travaillant
pour la réalisation d'un marché commun. Elle a été
créée par le Traité de Chaguaramas du 4 juillet
1973 et a été notifiée au GATT sous l'article XXIV
comme un accord intérimaire devant aboutir à la formation
d'une union douanière. La CARICOM a d'abord été
une zone d'échanges préférentiels, puis une zone
de libre échange. En 1991, les objectifs de marché et
d'économie uniques de la Caraïbe ont été approuvés
et devraient aboutir à la libre circulation des marchandises,
des services, des personnes et des capitaux.
Les négociations,
entamées au titre de l'accord de Cotonou liant l'UE aux pays
ACP (Afrique/Caraïbes/Pacifique), visent la conclusion, d'ici à
la fin de 2007, d'un accord de partenariat économique (APE),
conçu comme un instrument de développement fondé
sur l'intégration régionale et la stimulation du commerce,
pour préparer l'établissement d'une zone de libre-échange
à l'horizon 2020 entre l'UE et des entités régionales
intégrées ACP. A ce stade inaugural des négociations,
les deux parties se sont contentées d'établir la feuille
de route et le calendrier de leurs travaux.
Les seize pays du
Cariforum sont: Antigua et Barbuda, les Bahamas, la Barbade, Belize,
la Dominique, la République Dominicaine, la Grenade, la Guyane,
Haïti, la Jamaïque, Saint-Kitts-& -Nevis, Sainte-Lucie,
Saint Vincent et les Grenadines, le Suriname, Trinidad et Tobago.
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Les pays
ACP soutiennent la position européenne dans le contentieux du
sucre à l'OMC
Quatorze pays ACP*,
Signataires du Protocole Sucre, parties tierces au contentieux sur le
sucre à l'OMC se sont exprimés la voix de leur porte-parole,
P. K. Jugnauth, Vice Premier Ministre et Ministre des Finances de L'Ile
Maurice, lors de la première session de travail du Panel à
la fin du mars dernier à Genève.
Pour rappel, les
gouvernements du Brésil et de l'Australie avaient l'Organe de
Règlement des Différends de l'OMC, par des lettres datées
du 27 septembre 2002, d'une plainte visant à réduire voire
à supprimer les subventions européennes sur le sucre,
et à annuler les préférences commerciales pour
le sucre des pays ACP. Par la suite, la Thaïlande avait formulé
la même demande http://www.ictsd.org/pass_synthese/02-11/story1.htm
Les pays ACP ont
rappelé que leur participation à ce litige était
motivée par leurs intérêts tant commerciaux que
systémiques.
Sur le plan commercial,
ils font remarquer que le Protocole Sucre fait partie intégrante
du Régime Sucre de la CE et que s'attaquer à un des éléments
de ce Régime, pourrait déstabiliser l'ensemble du système
avec des conséquences désastreuses pour les pays ACP bénéficiaires.
A titre d'exemples, pour la Guyane, 150.000 personnes d'une population
totale de 750.000 dépendent de la filière sucre. Pour
le Swaziland, la production sucrière représente 60% de
la production agricole et 11 % du PNB. 93% des exportations agricoles
de St. Kitts dépendent du sucre.
Sur le plan systémique,
c'est la question de l'articulation entre Commerce et développement
qui est reposée. Les pays ACP notent que les objectifs de l'Accord
de Marrakech visent " au relèvement des niveaux de vie,
la réalisation du plein emploi et d'un niveau élevé
et toujours croissant du revenu réel
. ". C'est donc
en toute bonne foi et convaincus que leurs accords commerciaux préférentiels
seraient mis en uvre de façon stable et prévisible
que les pays ACP se sont joints à l'OMC en 1995. Le régime
préférentiel est alors au cur de la tourmente. Son
effritement remet en cause les garanties de la prise en compte des intérêts
de ces pays dans le système commercial multilatéral. Après
le contentieux "bananes" qui a dévasté l'économie
de certaines îles des Caraïbes comme la Dominique, c'est
aujourd'hui la filière "sucre" qui est menacée
par de " grands producteurs agricoles dont le niveau d'efficience
et de compétitivité ne pourra jamais être atteint
par les petits pays ACP vulnérables. "
Si la plainte sur
le sucre devait être défavorable à la CE, cela entraînerait
des restrictions encore plus sévères imposées par
l'OMC sur les exportations européennes de sucre, réduisant,
dans le même temps, les restitutions à l'exportation d'un
montant équivalent à celui des importations communautaires
préférentielles de sucre en provenance des pays ACP. Cela
n'entraînera pas forcément une révision à
la baisse du quota ACP, mais pourrait forcer les Etats membres de l'UE
à accélérer la réforme du secteur, avec
à la clé, l'abandon du soutien au prix au profit des paiements
d'aides directes. Une telle réforme compromettrait directement
les préférences commerciales accordées sur le sucre
aux pays ACP, puisque Commission européenne estime qu'une baisse
de 25 % du prix du sucre européen engendrerait pour les exportateurs
ACP une perte de revenu d'environ 250 millions d'Euros par an.
Les pays ACP déplorent
le " cynisme " des plaignants - Brésil, Australie,
Thaïlande - qui ont reconnu que leur contentieux visait en réalité
la totalité du régime sucrier européen ; ce qui
confirme leurs craintes exprimées dès le début
de la procédure liée à la compromission de tous
les bénéfices qu'ils obtiennent de leurs exportations
de sucre vers le marché communautaire. Ainsi, " les pays
ACP avaient parfaitement raison quand ils n'accordaient aucun crédit
aux pseudo assurances données par les plaignants à l'effet
que leur action ne visait pas les acquis des ACP. "
Pour se prémunir,
les pays ACP ont développé des arguments juridiques qui
selon eux rendaient irrecevable la plainte de l'Australie, du Brésil
et de la Thaïlande. Ils ont fortement soutenu la position défendue
par la CE sur cette affaire. http://www.ictsd.org/pass_synthese/04-03/wtoinbrief.htm
.
Les pays ACP ont
soumis une requête dans le but d'obtenir des droits de tierces
parties élargies qui leur permettraient d'être plus présent
dans le contentieux, " de participer activement à toutes
les étapes ultérieures de ce processus et porte, en particulier,
sur leur participation à la deuxième audition du Panel
prévue pour Mai, ainsi qu'un droit de regard sur la seconde soumission
des parties et la rédaction du rapport final. "
* Les 14 pays ACP
dont il est question ici sont : Barbade, Belize, Fiji, Guyane, Côte-d'Ivoire,
Jamaïque, Kenya, Madagascar, Malawi, Maurice, St. Kitts & Nevis,
Swaziland, Tanzanie, Trinité et Tobago
Sources : www.acpsec.org,
Notes ICTSD
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Réunion
des PMA à Dakar pour contribuer à la relance des pourparlers
à l'OMC
Dans le cadre des
stratégies et des initiatives visant à relancer les pourparlers
commerciaux qui sont dans l'impasse depuis l'échec de la conférence
ministérielle de l'OMC à Cancun, le Directeur général
de l'organisation commerciale multilatérale rencontrera les ministres
du commerce des Pays les Moins Avancés (PMA) les 4 et 5 mai prochains
à Dakar, au Sénégal.
Cette importante
réunion des PMA sera co-présidée par les Ministres
du commerce du Sénégal et de Tanzanie, cette dernière
étant coordonnatrice des PMA à l'OMC. Elle verra la participation,
outre du Directeur général de l'OMC, celle du Secrétaire
général de la CNUCED, du Secrétaire général
adjoint de l'ONU, du Commissaire européen au Commerce, Pascal
Lamy, ainsi que de nombreuses autres personnalités issues des
PMA, des institutions financières et de coopération internationales
et des pays développés.
La réunion va porter, entre autres, sur la réactivation
des négociations commerciales multilatérales et devrait
permettre aux participants de partager des expériences sur le
cadre intégré d'assistance technique liée au commerce.
Aussi, la réunion cherchera à consolider les positions
et l'unité des PMA acquises avant la cinquième conférence
ministérielle et renforcée lors de celle-ci. Elle devra
en outre se pencher sur l'évolution et les défis auxquels
se trouve confrontés l'alliance des PMA, des ACP et de l'Union
africaine dans le cadre du G90. Cette démarche a pour but d'harmoniser
davantage les positions de négociations relatives à leurs
préoccupations communes et de mieux résister aux pressions
et autres manuvres exercées sur les pays du G90 par certains
pays développés.
Les participants
aborderons, tour à tour, les questions agricoles, qui seront
introduites par l'Ouganda, le Coton présenté par le Bénin,
l'accès aux marchés pour les produits non agricoles introduit
par le Bengladesh, les Thèmes de Singapour par le Cambodge et
les Questions de Développement et le Cadre intégré
par le Sénégal et Madagascar. Ces deux pays présenterons
chacun son expérience en matière de mise en uvre
du Cadre intégré d'assistance technique.
Pour l'heure, la
société civile qui suit de près les préparatifs
de la conférence, à laquelle elle compte jouer un rôle
actif, travaille à l'élaboration d'une stratégie
pour contribuer au renforcement de la solidarité entre les PMA
et entre ceux-ci et les pays ACP et de l'Union africaine. D'après
les organisations de la société civile actives dans le
domaine du commerce, notamment ENDA Tiers Monde, membre du réseau
Africa Trade Network, Oxfam, Actionaid, Aidtransparency et le Congad,
cette réunion n'aura d'intérêt que lorsqu'elle sera
le point de départ d'un nouveau processus visant à mettre
les préoccupations de développement au cur des négociations
commerciales. Les problèmes des PMA étant diagnostiqués
et connus, il est temps pour les pays développés, au delà
des discours et des nombreux séminaires et rencontres organisés
sans résultats significatifs, d'y apporter des solutions définitives
et durables en tenant leurs promesses et en respectant les principes
d'équité et de justice qui doivent guider le commerce
multilatérale.