L'UE
va vers une réforme de son Système de Préférences
Généralisées - SPG
Le 7 Juillet dernier,
la Commission Européenne a rendu publique une proposition de
réforme de son système de préférences commerciales
en faveur des pays en développement.
http://europa.eu.int/comm/trade/issues/global/gsp/pr070704_fr.htm.
Cette réforme
propose un cadre pour les dix années à venir (2006-2015).
La volonté de l'Union Européenne est d'aller au delà
des réductions tarifaires qui pourraient être décidées
dans le cadre de l'agenda de Doha, d'ouvrir ses frontières aux
pays en développement exportateurs et de mieux leur assurer une
intégration dans le système commercial international.
Récemment,
l'Organe d'Appel de l'OMC a reprécisé les conditions d'octroi
des préférences aux pays en développement. L'Organe
d'Appel a estimé que les pays développés sont en
principe autorisés à octroyer des tarifs différents
aux produits originaires de différents bénéficiaires
du SPG, à condition qu'un traitement identique soit disponible
pour tous les bénéficiaires placés dans des conditions
similaires. Un Membre de l'OMC qui désirerait octroyer des préférences
tarifaires additionnelles dans le cadre de son schéma SPG devrait
identifier, objectivement, les "besoins en développement"
particuliers des pays en développement qui pourraient être
spécifiquement traités.
C'est donc conscient
de la nécessité de se conformer à ce cadre juridique
reprécisé que l'Union met en place son nouveau Système
de Préférences Généralisées (SPG).
Il s'articule autour de quelques principes clés : Maintenir une
offre tarifaire généreuse, Proposer un SPG plus simple
et plus facile d'accès, Concentrer le SPG sur les pays qui en
ont le plus besoin, Rendre la graduation plus transparente et plus ciblée
sur les principaux bénéficiaires, Améliorer les
règles d'origine
le SPG devrait concentrer
ses effet sur les pays qui en ont le plus besoin, tels que les PMA et
les autres pays en développement les plus vulnérables
(les petites économies, les pays enclavés, les petites
îles-Etat et les pays à bas revenus). Pour ce faire, il
est nécessaire d'instaurer un système de graduation des
pays/produits les plus compétitifs. Cela signifie que pour ces
produits et pour ces pays, les préférences ne sont plus
ni nécessaires ni justifiées. Mais ce système ne
doit pas porter préjudice aux pays les plus faibles. Cependant,
eu égard à l'esprit du système de la graduation,
des dispositions devraient être prises, au niveau du système
des Nations Unies, pour faciliter le retrait d'un pays de la liste des
PMA si celui venait à atteindre un certain niveau de compétitivité.
La nouvelle réforme va considérablement simplifier le
cadre préférentiel. Celui-ci est actuellement basé
sur cinq piliers: le système général, le régime
spécial pour la protection des droits sociaux, le régime
spécial pour la protection de l'environnement, le régime
spécial pour combattre la production et le trafic de drogues,
le régime spécial pour les PMA - "tout sauf les armes",
en faveur des 50 pays les plus pauvres.
Le nouveau va s'appuyer sur trois piliers : une disposition générale,
le régime "Tout sauf les armes" qui accorde un accès
libre de droit de douane et de quota au marché de l'UE aux 50
pays les plus pauvres ; et un nouveau SPG + donnant des préférences
tarifaires aux pays avec les besoins particuliers de développement.
Le nouveau SPG doit durer dix ans, jusqu'en 2015. Une évaluation
détaillé devrait se faire tous les trois ans pour apporter
les améliorations nécessaires et tenir compte de l'évolution
des négociations commerciales.
Sources. Notes ICTSD,
www.europa.eu.int
*******************************************
L'AGOA
III officiellement lancée, les PMA bénéficient
du " third country fabric " pour trois ans encore
Après avoir été adoptée
par les membres de la Chambre des représentants et du sénat
américain, où elle a été déposée
en décembre 2003, l'AGOA III a été officiellement
prorogée par le Président américain Georges W Bush.
La phase III de l'AGOA prolonge les opportunités offertes par
cette loi jusqu'en 2015. Les arguments mis en avant par les différents
acteurs en faveur de son extension se sont fondés sur certaines
évaluations des phases I et II qui auraient montré que
ladite loi a su donner aux entreprises américaines une plus grande
confiance dans le climat des investissements en Afrique et a encouragé
les pays africains à réformer leur économie et
leur mode de gouvernance afin de profiter des possibilités offertes.
La
signature de cette troisième phase apparaît comme un grand
soulagement pour les pays bénéficiaires de l'AGOA, en
particulier ceux qui avaient réussi à saisir les opportunités
offertes par cette loi pour exporter en franchise de taxes et de quota
sur le marché américain et à bâtir une industrie
textile relativement performante. L'une des dispositions de l'AGOA qui
fixe pour les PMA les conditions d'utilisation de tissu ou fil non américain
devant entrer dans la fabrication de vêtements destinés
au marché américain, le " Third Country Fabric "
était en effet prévu pour expirer en septembre 2004.
L'extinction
de cette flexibilité aurait certainement été fatale
aux industries de nombreux PMA qui, ces dernières années,
ont attiré beaucoup d'investissements dans les secteurs textiles
et habillement. En la prolongeant jusqu'en 2007, l'AGOA offre aux PMA
qui n'ont pas encore tiré profit de la loi une seconde chance
pour développer leur capacité à exporter sur le
marché américain. Selon les statistiques avancées
par le gouvernement américain, plus de 150 000 emplois auraient
été créés à Madagascar, au Mozambique,
au Lesotho et au Sénégal entre autres. A l'opposé
de ceux-ci, un pays comme l'Ile Maurice qui compte beaucoup sur l'AGOA
tout en ne bénéficiant pas du statut de " third country
fabric " pourrait être confronté au risque de voir
les entreprises asiatiques qui sont installées sur son territoire
repartir vers des régions où les coûts de production
sont plus avantageux. A ces défis viendrait s'ajouter, comme
pour les autres, celui que posera l'arrivée de la chine sur le
marché mondial du textile du fait de la suppression des contingents.
Dès
son entrée en vigueur en 2000, l'AGOA a eu pour objectif de supprimer
tous les contingents applicables aux textiles et aux vêtements
en provenance d'Afrique subsaharienne et d'élargir l'accès
en franchise de douane et sans contingent au marché américain
pour les vêtements fabriqués en Afrique subsaharienne à
l'aide de fils et de tissus qui n'existent pas aux États-Unis.
Elle étend, en outre, le traitement en franchise de douane et
sans contingent aux vêtements faits en Afrique avec du cachemire
et certaines laines mérinos, ainsi qu'aux vêtements fabriqués
en Afrique avec de la soie, du velours, du lin et d'autres tissus qui
ne sont pas produits en quantités commerciales aux États-Unis.
Outre
le volet textile, l'Agoa III, à travers de nouvelles provisions
introduites dans la loi, étend aussi le partenariat commercial
avec les Etats-Unis à divers autres domaines tels que l'assistance
technique pour le développement de l'écotourisme, des
infrastructures aéroportuaires, portuaires et des routes; l'assistance
agricole notamment la gestion de l'utilisation des produits phytosanitaires
pour la santé alimentaire et surtout le développement
des relations entre les acteurs du commerce pour une croissance des
échanges avec l'Afrique. C'est au total quelque 6400 produits
fabriqués dans 37 pays africains qui bénéficient
des avantages de l'AGOA.
Bilan de l'AGOA
Promulguée en mai 2000, la première loi sur la croissance
et les possibilités économiques en Afrique ouvre certains
secteurs du marché américain aux produits des pays africains
qui adoptent des réformes économiques axées sur
l'économie de marché. Depuis, l'AGOA a entraîné
des investissements atteignant plus de 340 millions de dollars et créé
des milliers d'emplois. Mais sur les 37 pays éligibles, moins
d'une dizaine joue un rôle commercial significatif dans le cadre
des échanges régis par l'AGOA. Certes, les exportations
africaines durant le premier semestre de l'année 2001 ont atteint
les 3 milliards de dollars. Mais ce sont essentiellement les pays producteurs
et exportateurs de produits énergétiques et miniers qui
en ont tiré profit. Le Nigeria se taille la part du lion avec
des recettes s'élevant à 2,3 milliards, suivi du Gabon
avec ses 448, 5 millions de dollars, de l'Afrique du sud avec 135 millions,
du Ghana, 18,9 millions, du Cameroun 16,2 millions et du Kenya avec
16 millions. Les exportations de pétrole arrivent loin devant
les textiles, pourtant favorisés par l'AGOA.
La
plupart des pays africains éligibles rencontrent de grandes difficultés
à se conformer aux normes de l'AGOA. Si pour certains, les contraintes
sont d'ordre politique (absence de démocratie, problèmes
de respect des droits de l'Homme etc.) pour d'autres par contre, ce
sont les normes de qualité exigées par l'AGOA qui constituent
des entraves à l'entrée de leurs produits sur le marché
américain.
L'AGOA
est entré en vigueur le 18 mai 2000. Elle autorise le président
américain à désigner des pays susceptibles de bénéficier
des opportunités d'exportation offertes par l'ouverture du marché
américain à certains produits africains en franchise de
taxes et de quotas. Pour être éligible, un pays doit en
principe instaurer une économie de marché, un Etat de
droit et une démocratie plurielle, éliminer les entraves
à l'investissement américain, protéger la propriété
intellectuelle, combattre la corruption, bannir certaines formes de
travail des enfants etc.
Quelque
37 pays sont éligibles de bénéficier de tarifs
préférentiels aux termes de l'AGOA. Ils sont : Angola,
Bénin, Botswana, Cameroun, Cap-Vert, Tchad, République
du Congo, Côte d'Ivoire, République démocratique
du Congo, Djibouti, Ethiopie, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau,
Kenya, Lesotho, Madagascar, Malawi, Mali, Mauritanie, Maurice, Mozambique,
Namibie, Niger, Nigeria, Rwanda, Sao Tome et Principe, Sénégal,
Seychelles, Sierra Leone, l'Afrique du Sud, Swaziland, Tanzanie, Uganda
et Zambie.
********************************************
UE/ACP : La
SADC entame ses négociations avec l'Union Européenne en
vue d'un APE
Le 8 Juillet dernier, l'UE
et la Communauté Pour le Développement de l'Afrique Australe
(SADC), composée de l'Angola, du Botswana, du Lesotho, de la
Mozambique, de la Namibie, du Swaziland et de la Tanzanie, ont lancé
des négociations sur le commerce et le développement à
Windhoek, en Namibie. Cette rencontre est la cinquième d'une
série d'Accords de Partenariat Economique (EPA) négociés
entre l'UE et les pays d'Afrique, Caraïbes, Pacifiques (ACP) sur
la base de l'accord de Cotonou signé en 2000.
Prenant la parole
à l'ouverture des discussions, le secrétaire exécutif
de la SADC, Prega Ramsamy, a réitéré la position
de la plupart des groupements régionaux ACP, en notant que les
négociations sur les APE devraient renforcer l'intégration
régionale dans leur région respective. " Les APE
devraient renforcer notre processus de développement et, en particulier,
nous aider pour mettre en uvre des stratégies appropriées
pour traiter les problèmes du sous-développement et de
la pauvreté dans une optique de développement durable,
" a t-il déclaré.
La SADC a fait part
de ses préoccupations en ce qui concerne certains secteurs de
négociation tels que les normes sanitaires et phytosanitaires
de l'UE et les règles d'origine. Elle a aussi exprimé
des inquiétudes sur la réforme de la politique agricole
commune (PAC) de l'Union qui pourrait remettre en cause les préférences
commerciales traditionnelles très appréciées par
les exportateurs de la région.
Le lancement des discussions sur les APE va être suivi d'une première
session de négociation durant laquelle les deux parties vont
discuter d'une feuille de route déterminant clairement l'agenda
à venir. L'accord de Cotonou fournit le cadre pour la négociation
de nouveaux arrangements commerciaux réciproques entre l'UE et
les pays ACP, et compatibles avec le droit de l'OMC. Les APE visent
la suppression progressive de la pauvreté, l'instauration d'un
développement durable et la facilitation de l'intégration
des pays ACP dans l'économie mondiale. Les APE vont entrer en
vigueur en 2008 pour une durée allant jusqu' en 2020.