L'UE présente son Système
Général de Préférences (SGP) révisé
La Commission européenne
a adopté, le 20 octobre dernier, une proposition énonçant
les détails d'un Système généralisé
des préférences européen révisé pour
la période 2006-2008. Du fait de l'expiration, le 31 décembre
2005, du plan de dix ans lancé en 1995, Le nouvel SGP, qui s'appuie
sur les directives formulées par la Commission en juillet passé,
sera à présent envoyé aux Etats Membres de l'UE,
au Parlement européen et à son Comité économique
et social. En raison de la date limite fixée par l'arbitre de
l'OMC au 1er juillet 2005, pour la mise en conformité des Arrangements
sur les drogues dans le SGP par l'UE, la Commission espère que
le nouveau système sera adopté à temps pour respecter
ce délai.
Objectifs clés
: simplicité, équité
Le nouveau système
réduira le nombre d'arrangements SGP, qui passera des cinq programmes
actuels à trois. Aux fins des arrangements antérieurs,
les pays en développement pouvaient recourir au programme général
- visant approximativement 7.000 produits, sur lesquels 3.300 bénéficient
d'une accès en franchise de droits et 3.700 (" produits
sensibles ") d'une réduction tarifaire de 3,5 points de
pourcentage sur les tarifs NPF (NPF moins 20% pour les textiles/vêtements)
- ou à des programmes spéciaux en faveur des pays qui
encouragent la protection des normes du travail et de l'environnement,
qui luttent contre la production et le trafic de drogues ou qui appartiennent
au groupe des pays les moins avancés (PMA) (l'initiative "
Tout sauf les armes "). Aux fins du nouveau régime, l'arrangement
général restera essentiellement le même (tout en
incorporant 300 nouveaux produits), de même que le programme "
Tout sauf les armes " en faveur des PMA. Mais les trois programmes
restants seront compilés en un seul appelé " SGP+
", réservé aux pays qui remplissent les nouveaux
critères pour le développement durable et la bonne gouvernance.
Introduction
du SGP+
Le programme "
SGP+ " remplace les trois anciens régimes d'incitation (arrangements
portant sur les drogues, les questions sociales et l'environnement)
par une nouveau régime unique qui vise environ 7.200 produits
pouvant entrer dans l'UE en franchises de droits, en provenance de pays
vulnérables acceptant les principales conventions internationales
relatives aux questions sociales, aux droits humains, à la protection
de l'environnement et à la gouvernance, y compris la lutte contre
les drogues. Pour être éligibles, les pays doivent montrer
qu'ils sont de très petits bénéficiaires aux fins
du SGP, que leurs économies sont faiblement diversifiées
et vulnérables, et qu'ils ont ratifié et effectivement
mis en uvre les 16 conventions fondamentales relatives aux droits
humains et aux droits du travail, ainsi que 7 conventions (sur 11) relatives
à la bonne gouvernance et à la protection de l'environnement.
Parmi les conventions sur la liste figurent le Protocole de Kyoto sur
le réchauffement global, le Protocole de Carthagène sur
les organismes génétiquement modifiés, la Convention
sur la diversité biologique, la Convention sur le commerce internationale
des espèces de faune et de flore menacées d'extinction
(CITES), ainsi que les conventions contre le travail forcé, le
travail des enfants, la discrimination raciale et sexuelle, de même
qu'un accord qui défend le droit pour les travailleurs de se
syndiquer et mener des négociations collectives.
Le nouveau SGP
se concentre sur les petits pays en développement
Pour chaque pays
bénéficiaire, le nouveau SGP ne permettra l'éligibilité
que pour les groupes de produits ("sections " du Code de la
valeur en douane de l'UE) qui représentent moins de 15% du total
des importations des mêmes produits vers l'UE, dans le cadre du
SGP, au cours des 3 dernières années consécutives.
Pour les textiles, le seuil serait de 12,5%. Cette limitation cherche
à permettre une gradation, évaluée tous les trois
ans, pour retirer du système SGP les produits les plus compétitifs
de bénéficiaires largement concurrentiels sur le marché
communautaire et qui n'ont donc plus besoin du SGP pour stimuler leurs
exportations vers l'UE. Selon Jo Leadbeater, responsable du bureau plaidoyer
UE à Oxfam International, le fait qu'un pays soit soumis à
la gradation après avoir compté pour 15% des importations
de l'UE en provenance des pays en développement, plutôt
que de l'ensemble des importations de l'UE, " signifie qu'un pays
en développement peut être retiré du SGP alors qu'il
commence à mettre un pied dans le circuit [
et] ceci injuste
et franchement protectionniste. " La limitation servira à
exclure la plupart des produits chinois, et certainement les textiles
et les vêtements, des dispositions du SGP, alors que les exportations
indiennes de textiles et de vêtements vers l'UE seront probablement
assez substantielles d'ici mi 2005 pour être exclues des produits
visés par le SGP. Les nouvelles règles de gradation susciteront
probablement des discussions à propos de la différenciation
entre pays en développement, une question litigieuse dans les
négociations sur le traitement spécial et différencié
à l'OMC.
Révision
des règles d'origine
Reconnaissant le
fait que des règles d'origine rigoureuses empêchent l'utilisation
efficace du SGP (qui était à un taux de 52% en 2002),
le nouveau plan cherche à recourir au cumul régional,
pour que les Membres d'un groupe régional (tel que l'ASEAN ou
la SAARC) soient en mesure de combiner pour une meilleure utilisation
des préférences. Le cumul d'une région à
l'autre sera introduit si des pays intéressés le demandent
(ainsi les pays de la SAARC pourraient cumuler avec les règles
d'origine de l'ASEAN, par exemple). Toutefois, Oxfam s'est dit déçu
du traitement des règles d'origine par l'UE, en déclarant
que " la Commission ne propose guère de changements aux
règles existantes. "
En 2003, les importations
vers l'UE aux fins du programme SGP représentaient une valeur
de près de 52 milliards d'Euros.