Neuvième session de l'Assemblée parlementaire paritaire
ACP-UE : le coton au menu des discussions
La 9ème session de l'assemblée parlementaire paritaire
de l'Union européenne et des pays de l'Afrique caraïbes
pacifique (ACP, 79 pays) s'est tenue à Bamako les 18 et 19 avril
derniers. Les discussions ont porté sur les accords de partenariat
économique. L'Assemblée parlementaire UE-ACP se réunit
deux fois par an, alternativement dans un pays ACP et dans un pays de
l'UE. Elle comprend quelque 150 députés, répartis
à égalité entre représentants des pays ACP
et députés du Parlement européen. Durant cette
session, les parlementaires ont abordé des questions liées
à la désertification, notamment au sujet de la sauvegarde
du fleuve Niger, celles liées à la filière coton
: de la production à la commercialisation en passant par la transformation.
Dès l'ouverture de la session, la co-présidente de l'assemblée
parlementaire paritaire Mme Kinnock à soulevé la question
du coton en disant qu'il faille faire davantage d'efforts pour en finir
avec les règles biaisées de l'Europe. Les subventions
agricoles des européens portent préjudice à des
millions d'hommes et de femmes subsahariens. Dans le même temps
elle a pointé du doit les américains en disant que "
les américains en subventionnant 25000 producteurs empêchent
un pays comme le Burkina Faso de se développer ". Continuant
dans le même sens, elle dénonce les contradictions au niveau
de l'OMC et suppose que la priorité est de réduire les
droits de douanes et d'éliminer progressivement certains droits
spécifiques pour que certains pays à faible revenus puissent
bénéficier de valeur ajoutée pour sur certains
produits.
Abordant dans le même sens, le président malien en regrettant
d'abord le fait qu'on ait ignoré l'insécurité alimentaire
dans les thèmes de la rencontre et soulignera ensuite que la
filière du coton est en crise. Une crise qui se pose avec acquitté
; ce qui nécessite des solutions concrètes et ponctuelles.
Elle entraîne une situation de précarité et les
1500000 personnes qui vivent directement ou indirectement de ce produits
deviennent de facto des cibles de l'insécurité alimentaire.
Une principale recommandation a été faite par le Président,
c'est que l'on prenne en compte la déclaration des ministres
de l'agriculture et du commerce des pays producteurs de coton faite
le 13 janvier 2005. cette déclaration demande la mise en place
d'un fond de soutien et un appui à la transformation du coton.
Par ailleurs le président malien a insisté sur ces deux
points d'autant plus que la capacité de transformation de l'Etat
malien ne dépasse pas 1% alors qu 'il produit 500000 tonnes.
Selon le président, malgré cette production le mali ne
" produit même pas un tee shirt ". Pourtant l'ambition
est de faire une transformation locale de 10 à 15% ce qui lui
donne le statut d'exportateur de produits semi-fini. D'autres pays se
trouvent dans cette même situation d'exportateurs de produits
bruits et auraient aimé changer de statut ; mais cela reste toujours
hypothétique même si cela constitue un sujet qui revient
toutes les fois où il est question d'échange sur le partenariat
ou la coopération
A la fin des travaux, une conférence de presse a été
animée par Charon Hay Webster, Mme Glenys Kinnock co-présidentes
de la 9ème session de l'Assemblée Parlementaire Paritaire
ACP/UE, et Ibrahim Boubacar Kéïta président de l'assemblée
nationale du Mali. Les questions relatives au coton, la signature de
la charte du parlement des ACP, les négociations sur les accords
de partenariat économique (APE), ont été débattues
durant ce point de presse.
Suite aux interventions du commissaire européen au développement
et à l'aide humanitaire, Louis Michel et son homologue chargé
du commerce Peter Mandelson, les parlementaires de la 9ème session,
ont été éclairés sur la position de l'UE
par rapport au coton et les accords de partenariat économique
(APE) dont l'objectif est de créer les conditions du développement
des pays ACP, ainsi que les objectifs du Millénaire pour le développement.