Dialogue
régional sur l'articulation entre le programme de Doha pour le
développement et la négociation d'un accord de partenariat
économique UE-CEDEAO.
Palm Beach, Sénégal 16 - 17 juin 2005 - Enda Tiers Monde
/Third World Network Africa
La première session de ce dialogue a été consacrée
à des communications techniques suivies de discussions sur notamment
le document d'orientation sur l'articulation entre le programme de Doha
pour le développement de l'OMC et l'APE UE CEDEAO présenté
par le professeur Olawale Ogunkola de l'université d'Ibadan au
Nigéria, le statut des accords commerciaux régionaux portée
et implications assortis des positions de négociations autour
des ACR présenté par El Hadji Diouf de ICTSD à
Genéve, enfin l'APE entre l'UE et l'Afrique de l'ouest : son
contenu et son processus de négociation présenté
par Gilles Oumpatin, Directeur des politiques commerciales de la CEDEAO
en liaison avec Alain Bocco Directeur du commerce de l'UEMOA. Il ressort
des discussions consécutives aux différentes communications
qui ont été toutes appréciées tant pour
leur densité que pour la pertinence des informations fournies
ce qui suit .
Les pays africains membres du groupe ACP sont depuis quelques années
engagés déjà dans plusieurs processus de libéralisation
de leurs économies à plusieurs niveaux : au niveaux unilatéral
ou national dans le cadre des PAS édicté par les institutions
de Bretton Woods, au niveau régional dans le contexte de leur
volonté d'intégration régionale et des engagements
souscrit au sein des différents groupement régionaux,
au niveau inter-régional au titre de l'article 37 de l'accord
de Cotonou et de la perspective de négocier un APE et enfin au
niveau multilatéral dans le cadre de la mise en uvre des
engagements pris à l'OMC et de leurs participations au différents
cycles de négociation.
Les communications et discussions ont mis en exergue les difficultés
de la construction ou de l'élaboration et de mise en cohérence
de ces différents processus de négociation quelques fois
contradictoire en vu d'une articulation efficace susceptible de préserver
les intérêts des pays africains. Il en résulte pour
tous que l'imbrication des différents processus de libéralisation
en particulier au niveau régional, inter-régional et multilatéral
est telle qu'il importe d'avoir une approche global de la libéralisation.
Le maître mot de cette approche de l'avis de tous est la cohérence.
La cohérence des démarches au niveau national, régional,
tant dans la gestion institutionnel de la libéralisation que
des stratégies politiques. Cet exigence de cohérence devra
permettre non seulement de mieux apprécier l'impact macro économique,
micro économique et sectoriel des mesures de libéralisation,
mais aussi de gagner en efficacité. Il ressort aussi des communications
et des discussions au niveau de l'UE et au niveau de l'OMC vont aussi
entraîner des conséquences et des coûts d'ajustements
dont l'ampleur sera fonction de l'état de non préparation
et ou du rythme du processus de libéralisation d'où la
nécessité de répartir dans le temps les programmes
et les coûts de la libéralisation en raison de la fragilité
des pays africains.
L'analyse à la fois systémique et dynamique de l'évolution
historique du cadre juridique du système multilatéral
du commerce depuis 1947 à l'avènement l'OMC a révélé
que du marginal, la participation des pays africains dans le commerce
multilatéral devient progressive avec ce que cela comporte comme
contrainte pour ceux-ci qui ont longtemps bénéficié
de préférences dans le cadre du régime de Lomé,
systèmes dérogatoires de la clause de la nation la plus
favorisée et des dispositions de l'article 24 du GATT.
Tous les participants se sont accordé sur la nécessite
d'une clarification de l'article 24 du GATT relativement à la
notion de période transitoire et au champs de couverture de la
libéralisation des échanges entre les deux parties à
un accord de coopération régional. Les parties ont même
envisagé d'en faire un élément de négociation
politique.
Au delà de la présentation de la structure régionale
des négociations, il a été mis en évidence
la délicate coexistence de deux statuts :les PMA et les non PMA
au sein d'une même région en processus d'intégration
; ce qui risque de générer des coûts d'ajustement
et de fragiliser le processus d'intégration si la stratégie
politique du choix n'est pas faite de façon consciente.
En outre les participants ont énoncé un principe de base
qui affirme que l'APE qui s'identifie à un accord de libre échange
suppose que les parties contractantes constituent préalablement
des unions douanières ; ce qui n'est pas le cas de l'Afrique
de l'ouest a travers la CEDEAO élargie à la Mauritanie.
Il en résulte la nécessité d'accélérer
les réformes au sein de la CEDEAO à défaut renoncer
aux négociations en cours dans la perspective de la construction
et de la consolidation de l'union douanière en Afrique de l'Ouest
afin que les négociations de l'APE se déroulent entre
partenaires quasi égaux.
En outre tous les participants ont stigmatisé la période
transitoire de 12 ans jugée insuffisante pour les ajustements
nécessaires avant la libéralisation effective à
l'horizon 2012. Enfin il a été indiqué que l'Afrique
de l'Ouest regorgé de compétences et d'actifs humains
peu utilisé au fait du système multilatéral du
commerce et la justification de la création d'une banque de données
de compétence à été relevée et adoptée.
Au total, les participants ont interpellés les négociateurs
institutionnels et nationaux de l'Afrique de l'ouest afin que les intérêts
des populations soient pris en compte mais aussi et surtout les intérêts
des PMA tout en insistant sur les appuis financiers compensatoires de
l'UE en raison de l'érosion voire la suppression des préférences
et des appuis en vu d'une renforcement des capacités institutionnelles
et individuelles pour être mieux au fait des règles des
procédures et des mécanismes du système commercial
multilatéral.