Règlement des différends : le conflit de la banane à
l'ordre du jour à HongKong.
Le Honduras a demandé l'inscription du différend sur
la banane qui l'oppose à l'UE, à l'ordre du jour de la
Conférence ministérielle de l'OMC, du 13 au 18 décembre,
à HongKong.
Après que le régime européen d'importation de
la banane ait été jugé incompatible avec l'OMC,
en 2001, les Membres ont, lors de la Conférence ministérielle
de Doha, accordé à l'UE une dérogation (dite 'dérogation
de Cotonou') pour qu'elle continue d'accorder un accès préférentiel
aux exportations ACP (pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique)
de banane - à la condition que son passage à un régime
uniquement tarifaire, d'ici le 1er janvier 2006, maintienne un accès
aux marchés total pour les producteurs latino-américains
NPF (nation la plus favorisée). La dérogation spécifiait
que les exportateurs de banane NPF pourraient demander un arbitrage
s'ils n'étaient pas satisfaits des tarifs proposés par
l'UE pour remplacer le système contingentaire. Les arbitres de
l'OMC ont déjà rejeté deux propositions européennes
de tarifs de 230 et par la suite 187 euros par tonne.
L'article XXVIII de l'Accord général sur les tarifs douaniers
et le commerce (GATT) permet à un Membre de l'OMC de modifier
ses engagements (comme l'UE projette de le faire avec la banane - à
la condition qu'il négocie avec les Membres qui ont un 'intérêt
substantiel' dans cette modification. Alors qu'elle négocie sur
son futur régime d'importation de la banane avec d'autres fournisseurs
NPF tels que la Colombie, le Costa Rica, l'Equateur et le Panama, l'UE
n'en a pas fait de même avec le Guatemala et le Honduras. Elle
ne reconnaît pas l'intérêt substantiel de ces derniers
pays dans la question, même s'ils étaient parties au différend
et à l'arbitrage et fournisseurs NPF. Le Honduras et le Guatemala
souhaitent prendre part à toute négociation pour arriver
à un tarif approprié pour la banane.
La pratique à l'OMC est d'utiliser 10% de la part de marché
du pays importateur comme ligne directrice pour déterminer l'intérêt
substantiel. Ce benchmark est toutefois d'une valeur contestable pour
les pays ayant de petites économies. Le secteur de la banane
représente 11.000 emplois et 200 millions de dollars US de revenu
pour le Honduras, qui a un revenu par tête d'habitant de seulement
704 dollars US, alors qu'au Guatemala, ce secteur est le premier employeur
et produit une des trois principales exportations du pays. La définition
de l'intérêt substantiel a donc des implications systémiques.
D'autres fournisseurs NPF, dont le Brésil, la Colombie, le Costa
Rica, l'Equateur, le Nicaragua et le Panama ont soutenu le Honduras
et le Guatemala dans les discussions sur le sujet, au Conseil général.
Dans le même temps, la réunion du 10 novembre du Conseil
du commerce des marchandises a décidé de différer
jusqu'à mars 2006 la demande de prorogation de la dérogation
de Cotonou, émanant de l'UE. Le président du Conseil du
commerce des marchandises, l'ambassadeur Vesa Tapani Himanen, de la
Finlande, a déclaré que les Membres l'avaient informé
qu'ils étaient toujours en train d'étudier le record rapport
d'arbitrage tarifaire.
La question de la banane pourrait prendre une nouvelle signification
à HongKong. En 2001, les pays ACP avaient refusé de convenir
de l'ouverture des discussions commerciales du Cycle de Doha tant que
les ministres n'auraient pas approuvé la dérogation de
Cotonou.