APE : les organisations de la société civile se mobilisent. Une journée
mondiale d'action organisée le 19 avril.
Plus on s'approche de la date prévue pour la signature des APE entre
l'UE et les ACP, plus les organisations de la société civile (OSC) qui
luttent contre les APE avec à leur tête ENDA Tiers Monde, OXFAM, TWN-AFRICA
et ACTION AID, continuent leur campagne STOP APE. Le 19 avril, des marches
et sit-in de protestation ont été organisés devant les ambassades d'Allemagne,
qui assure la présidence de l'UE, dans plusieurs pays. Des milliers
de militants, de travailleurs et d'agriculteurs, dans divers pays d'Europe,
d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, ont pris part à des actions
coordonnées devant les Ambassades d'Allemagne et les Délégations de
la Commission européenne, pour appeler à un arrêt des accords commerciaux
inéquitables entre l'Europe et le monde en développement.
Ces actions, étaient conjointement menées dans plus de vingt villes
internationales, notamment Londres, Berlin, et Bridgetown, les organisateurs
ont procédé à des remises de clés et de cadenas symboliques, accompagnés
du message suivant " Europe, n'enferme pas l'Afrique dans la pauvreté
". Les manifestants ont laissé entendre que l'Europe est oublieuse des
préoccupations des pays en développement.
Dans certains pays, les organisations de la société civiles ont choisi
cette date du 19 avril pour rencontrer les autorités, afin d'expliquer
leur position sur les APE. C'est le cas au Sénégal ou les organisations
de la société civiles ont eu une rencontre fructueuse avec leministère
chargé du commerce. A en croire M. Babacar NDAO, de la Fédération des
organisations paysannes du Sénégal (FONGS) le " Ministre du commerce
du Sénégal a rassuré (les Osc) que la position du Sénégal, en ce sens-là,
n'a pas varié et va aller dans le sens d'un APE porteur de développement
et non pas seulement de libéralisation des échanges ". M. Ndao s'est
cependant offusqué du fait que les positions des Etats qui sont "toujours
diluées et atténuées par les négociateurs en chef " lorsqu'ils rencontrent
les négociateurs de la Cedeao.
Le ministre sénégalais du commerce, M. Khoureïchi Thiam a en effet
déclaré, à l'issue de cette rencontre, être " prêt à travaille" avec
les OSC et à " approfondir la relation entre son ministère et la société
civile ", puisque, selon lui, " les APE vont détruire les économies
africaines, parce que ce sont des accords de libre échange, malgré tout
ce que dit l'Union européenne ". Il a relevé que les APE vont mettre
les économies africaines " à la portée des multinationales de l'Europe
qui sont subventionnées (et) qui sont plus puissantes que nos entreprises
".
Les manifestants ont de part le monde demandé que l'Allemagne qui assure
la présidence de l'UE use de son influence pour s'assurer que les Accords
dits de partenariat économique, devant entrée en vigueur en 2008, ne
soient pas poursuivis sous leur forme actuelle.
Pour les OSC, qui souhaitent que les nouveaux accords de partenariat
économiques ne soient signés aux délais prévus et sous leur forme actuelle,
l'UE profite de cet accord pour obtenir des pays ACP ce qu'elle ne peut
avoir à l'OMC, au niveau multilatéral, en particulier les " questions
de Singapour ". De nombreuses études d'impact effectuées qui ont été
faites concluent que la forme actuelle de ces accords détruiraient les
moyens d'existence et l'environnement et tout en compromettant la croissance
économique et l'intégration régionale futures.
Et les OSC ne comptent pas laisser prospérer ces nouvelles relations
commerciales que l'UE comptent imposer c'est ce que soutient M. Gyekye
Tanoh, de TWN-Africa " Nous sommes en train de nous mobiliser parce
que ces accords menacent de compromettre la réduction de la pauvreté
et de détruire les moyens d'existence à travers l'Afrique, les Caraïbes
et le Pacifique.
L'Europe est actuellement inflexible et insiste sur la date butoir,
mais les accords proposés ne stimuleront pas le développement - dans
de nombreux cas, ils vont appauvrir les populations."
Pour les OSC, les exigences d'un accord entre l'UE et les pays ACP
requièrent la réussite préalable de l'intégration complète de ces sous
ensembles régionaux. Il devrait éviter d'envisager toute forme de réciprocité
d'autant plus que ces deux parties n'ont pas le même poids économique
et, par conséquent vouloir les mettre sur le même pied d'égalité conduirait
à alimenter une inégalité.
Tout accord qui aurait pour mission de gouverner les relations commerciales
entre l'UE et les pays ACP dans le futur devrait laisser à ces pays
le temps nécessaire pour avoir des zones d'intégration solide tout en
leur laissant l'espace politique nécessaire à l'élaboration et à la
mise en œuvre de leurs propres stratégies de développement.