APE : la chambre
consulaire demande au secteur privé régional de se tenir prêt quel que
soit le régime mis en place en janvier 2008.
Les membres de la
Chambres Consulaire Régionale (CCR) de l'UEMOA se sont réunis du 05
au 07 novembre à Cotonou dans le cadre du deuxième séminaire d'information
et de formation sur les négociations de l'APE.
La CCR est un organe
consultatif créé par le Traité de l'Union, et est chargée de réaliser
l'implication effective du secteur privé dans le processus d'intégration
de l'UEMOA, par notamment : la participation à la réflexion sur le processus
d'intégration et à la mise en oeuvre des réformes arrêtées par les Organes
compétents de l'Union et l'appui technique aux Chambres Consulaires
nationales et à ses autres membres. Durant cette rencontre, les membres
ont analysé l'évolution du processus de négociation des APE.
Ils ont convenus
avec toutes les autres institutions et organisations sous régionales
qu'un APE global est difficilement envisageable d'ici le 31 décembre
2007. Ils ont déclinés les différentes options possible à savoir le
maintien provisoire du régime commercial actuel, à travers le recours
à une demande de prolongation de la dérogation obtenue à l'OMC en 2001
ou encore le maintien d'un statu quo de façon tacite. Une autre option
constitue la signature avant la fin décembre d'un APE progressif, c'est
justement cette option que la CE préconise. Et enfin la dernière option
qui est le basculement sur le SGP pour les non PMA et sur l'initiative
TSA pour les PMA.
Ces deux régimes
selon la chambre sont moins favorables que celui de Cotonou. Quelque
soit la situation, le régime commercial risque de changer, et il vaudrait
mieux se préparer pour ne pas être pris au dépourvu, c'est pour cela
que la chambre consulaire invite la région en général et le secteur
privé particulièrement à " se préparer à la mise en œuvre d'un éventuel
accord et de procéder aux transformations qui permettront de profiter
de toutes les opportunités offertes par cet accord et de minimiser les
effets négatifs de sa mise en œuvre ".
Dans la déclaration
issue de cette rencontre, la chambre reconnaît les difficultés d'ajustements
qu'un nouvel accord entraînerait. En effet la déclaration stipule que
" … Nous mesurons avec gravité les défis auxquelles nos entreprises
seront confrontés avec la mise en œuvre de l'APE : il faudra se battre,
réussir ou disparaître… " ; Mais elle reconnaît aussi que " l'APE offre
à la fois des perspectives pour les entreprises préparées à cette échéance
et des risques de disparition pour celles qui ne le seront pas ". Par
ailleurs, les membres de la Chambre ont souligné que " cet accord ne
peut être viable pour le secteur privé, qu à la condition que soient
pris en compte ".
Il s'agit d'une
véritable asymétrie en ce s'articulant sur une durée de 25 à 30 ans
avec 5 à 7 ans de moratoire, d'un rythme de libéralisation qui prendrait
en compte la vulnérabilité des entreprises ouest africaines et d'une
couverture de la libéralisation qui devrait permettre de protéger les
produits sensibles agricoles, agro- alimentaire, industriels artisanaux
et les produits pour les quels la région a un potentiel de développement.
Il s'agit en second lieu de la mise en place d'un mécanisme efficace
et opérationnel de défense commerciale adapté aux relations commerciales
avec un partenaire comme l'UE qui pratique des subventions internes.
La chambre consulaire suppose que la question urgente à traiter est
la préparation de la région et particulièrement du secteur privé. Et
toutes les parties prenantes à cet accord sont interpellées. Elle compte
aussi sur la nature pragmatique du secteur privé ainsi que de sa capacité
d'anticipation et d'adaptation de son environnement changeant. Il faut
souligner que les entreprises de la région sont aujourd'hui confrontées
à des difficultés relatives à la taille critique insuffisante de nos
marchés nationaux, aux entraves nombreuses et diverses à la croissance
du commerce intra régional, à la fiscalité qui est non adaptée aux objectifs
de relance économique, aux coûts de facteurs jugés insupportables, pour
ne citer que ceux là. La chambre a aussi dénoncé les mesures protectionnistes
et la résistance fiscale (TVA, BIC non harmonisé, doubles imposition
des services etc..) organisées par certains Etats de la sous région.
Il faudrait aussi
relever dans les plus brefs délais le programme de compétitivité comprenant
un appui conséquent à la mise à niveau et à la restructuration des entreprises.
Le lancement de ce programme a eu un retard de deux ans. Il ne doit
cependant être du saupoudrage.