ACP - UE : l'Assemblée
Paritaire parlementaire rejette toute signature des APE en décembre
et remet leur pertinence en cause.
La 14ème session
de l'assemblée paritaire parlementaire UE ACP s'est tenue du 19 au 22
novembre 2007 à Kigali avec la participation de quelque 1600 délégués
en provenance de 106 pays du monde entier. Plusieurs questions étaient
au menu des discussions, mais les APE ont beaucoup attiré l'attention
des parlementaires. Les échanges ont abouti à la publication d'une déclaration
dite "déclaration de Kigali " à travers laquelle l'APP (Assemblée Paritaire
Parlementaire) demande que les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique
puissent disposer de plus de temps pour arriver à un consensus sur les
Accords de partenariat économique, la dérogation accordée par l'Organisation
mondiale du commerce expirant le 31 décembre 2007.
Cette session de
l'Assemblée paritaire parlementaire était précédée par la 10ème session
ordinaire de l'assemblée parlementaire des pays d'Afrique des Caraïbes
et du Pacifique (ACP). Lors de cette première session, les pays d'Afrique
des Caraïbes et du Pacifique (ACP) ont rejeté la proposition de l'Union
européenne qui appelle ce groupe à signer les Accords de Partenariat
Economiques avant le 31 décembre 2007. Les membres ACP déclarent qu'ils
ne sont pas prêts à entrer dans ce nouvel accord de libre-échange. Et
les parlementaires ACP avaient déjà esquissé ce qui allait constituer
" la Déclaration de Kigali ". Cette déclaration "presse la Commission
européenne de reconnaître que les pays ACP ont besoin de plus de temps
pour évaluer les implications des accords proposés, étant donné que
les négociations n'ont commencé sérieusement que depuis les deux dernières
années".
L'Assemblée a pris
" acte du fait que les États ACP déclarent qu'ils ont été mis sous pression
par la Commission européenne pour signer un APE et que cela va à l'encontre
de l'esprit du partenariat ACP/UE". Les députés estiment que "tous les
accords qui seront conclus, qu'il s'agisse d'accords transitoires ou
d'APE à part entière, doivent être tels qu'aucun pays ne se retrouvera
dans des conditions moins favorables après l'expiration de la date limite
des négociations". "Les négociateurs de la Commission européenne ont
envisagé les négociations sur les APE comme s'il s'agissait de traditionnelles
négociations d'une zone de libre-échange axées sur l'ouverture des marchés,
plutôt que des outils pour le développement", a commenté la vice-présidente
de l'Assemblée parlementaire paritaire (APP), Glenys Kinnock (PSE, UK).
L'APP exige en outre
des garanties qu'aucun pays ACP, dans l'impossibilité de signer un APE
avant le 31 décembre, ne devrait se retrouver dans une situation "moins
avantageuse" qu'il ne l'est aujourd'hui.
La date butoir
du 31 décembre 2007 a été fixée par les Européens parce qu'à partir
du 1er janvier 2008, les APE entre l'Europe et six régions devraient
entrer en vigueur. Ces accords doivent être compatibles avec les règles
de l'OMC, sachant que la dérogation accordée par celle-ci expire le
31 décembre 2007. Cette dérogation porte sur les préférences commerciales
unilatérales contenues dans l'Accord de Cotonou.
Pour l'Assemblée
parlementaire paritaire, la Commission européenne doit honorer les engagements
pris au titre de l'Accord de Cotonou, "de garantir que les pays ACP
-y compris les non-PMA (Pays les moins avancés)-, qui ne sont pas en
mesure de signer un APE, se voient dotés d'un nouveau cadre des échanges
qui soit équivalent à leur situation".
Cette déclaration
de Kigali a emporté les encouragements et les félicitations des députés
aussi bien européens que ceux des ACP. Le Groupe socialiste du Parlement
européen (PE) s'est déclaré satisfait de la "Déclaration de Kigali"
sur les Accords de partenariat économique (APE), adoptée à l'unanimité
par l'Assemblée parlementaire ACP-UE, elle soutient que "les APE sont
inacceptables en l'état, parce qu'ils risquent de menacer la survie
de nombreux paysans du Sud et d'affecter les secteurs prioritaires comme
l'Education et la Santé".
Les pays ACP, pour
leur part, craignent que les mesures proposées par la Commission n'aient
pas l'effet voulu sur leurs revenus et puissent aller à l'encontre de
leurs efforts en matière de développement et de lutte contre la pauvreté",
a-t-elle ajouté.
Le Vice-président
du Parlement rwandais, la chambre des députés, Denis Polisi a indiqué
que malgré qu'il y avait une pression de l'Union Européenne et de l'organisation
Mondiale du Commerce, les pays d'ACP ont exigé plus de temps pour étudier
l'affaire avant de l'endosser.
D'après ce nouvel
accord, il est prévu d'augmenter des tarifs des articles d'exportation
avant le 1 janvier 2008, ce que les membres d'ACP refusent. La déclaration
de Kigali indique qu'une telle décision risque d'affecter des millions
des vies des populations dans les pays d'ACP.