Home
  asdfhlakshd________    

 
 

Volume: 6

Numéro: 10

30 Novembre 2007

APE : Le Sénégal ne signera pas l'APE avec l'UE.

Le président sénégalais Abdoulaye Wade a affirmé que son pays "ne signera pas" les accords commerciaux proposés par l'Union européenne (UE) aux Etats du bloc Afrique, Caraïbes, Pacifique (ACP) et dénoncés par l'Afrique de l'Ouest.

"Je dis que le Sénégal ne signera pas (ces) accords", rejetés par la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao). Cette déclaration vient s'aligner sur la position de la CEDEAO qui, "fondamentalement, n'est pas d'accord sur les APE et demande des délais". En début novembre, la Cédéao (15 pays) avait, en effet, annoncé qu'elle n'était pas prête à conclure les APE "en l'état actuel des choses". Mais le Président Abdoulaye Wade a ajouté que ce serait point surprenant " qu'on nous inflige des sanctions économiques ". Au soutien de ses propos, il donne l'exemple de la Cote d'Ivoire qui a été menacée par l'Union européenne d'augmenter les taxes sur leurs produits qui entrent en Europe de 70 %.

Face à ce refus, "la stratégie de l'UE, c'est d'aller vers les pays qui composent la Cédéao pour les amener à signer des accords séparés. Je ne signerai pas d'accords séparés", a martelé M. Wade. " Le Sénégal n'a pas négocié avec l'Union européenne. C'est plutôt la Cedeao qui a négocié avec elle. Alors comment voulez vous qu'on signe ces Ape ? ", S'est-il interrogé tout en affirmant que " nous ne nous désolidariserons pas avec les pays de la Cedeao ". Cette stratégie de l'UE risque de porter ses fruits d'autant plus que certains pays pourraient signer l'APE. C'est le cas de la Siéra Léone, en effet son vice ministre des Finance M. Richard Conteh a annoncé que "Le gouvernement sierra-léonais a pris une position ferme" sur la question des accords de partenariat économique (APE), et est prêt à les signer. Il a ajouté que "Les pays d'Afrique australe ont presque signé les APE, alors que l'Afrique de l'Ouest attend. Cela a été considéré comme un grand coup".

L'UE avait annoncé récemment avoir conclu un accord "intérimaire" avec quatre Etats d'Afrique australe (Botswana, Lesotho, Swaziland, Mozambique). Cette stratégie risque de porter un coup dur à l'intégration régionale. Et il faut rappeler que l'un des objectifs de l'APE est de renforcer l'intégration. Mais l'essentiel est aujourd'hui de savoir que certains pays n'ont, dans l'immédiat, rien à perdre à signer ou pas ces accords ; c'est essentiellement le cas des PMA (dont la Siéra Léone et le Sénégal) qui de toutes les façons bénéficient de l'initiative TSA. Cependant, il faut veiller à garder la dynamique régionale, et se projeter dans le futur, en ne se focalisant pas sur ce que l'on peut perdre maintenant mais faire de sorte que les accords puissent devenir de véritables outils d'intégration et de développement.

Le régime préférentiel actuel liant l'UE et les ACP est jugé incompatible avec les règles internationales par l'Organisation mondiale du commerce (OMC), qui a fixé au 31 décembre prochain le délai pour son emplacement. Dans une tribune publiée le 16 novembre par le quotidien français Le Monde, le président Wade avait déclaré que les APE n'étaient "pas acceptables".

Les rejeter "est une question de survie pour nos peuples et nos économies, déjà éprouvées par les subventions agricoles pratiquées par les pays industrialisés", avait-il écrit. Les signer "revient à consacrer et accentuer un déséquilibre de fait et à livrer totalement les marchés africains aux produits européens subventionnés", avait-il ajouté. "Entre 2008 et 2015, les pertes de recettes fiscales du Sénégal, si notre pays adopte ce système, passeraient de 38 à 115 milliards de FCFA (près de 58 à 175,5 millions d'euros)", avait-il indiqué, citant des projections d'un centre d'étude sur le développement. Le président avait dans le même sens proposé des Accords de Partenariat pour le développement comme alternative aux APE. Il a soutenu que " Si l'Europe n'a plus que la camisole de force des Ape à nous proposer, on peut se demander si l'imagination et la créativité ne sont pas en panne à Bruxelles ".

Cette alternative qui est ces APD devrait permettre d'instaurer un équitable et mutuellement enrichissant mais aussi de " se forger un destin commun en lançant les fondements d'une alliance objective sur la base de nos complémentarités ".




 

© ICTSD 2003