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Volume: 7

Numéro: 1

30 Janvier 2008

Intégration régionale : Sommets des chefs d'Etats de la Cedeao pour relancer l'intégration et la coopération internationale sur de nouvelles bases.

Les sommets de la CEDEAO et de l'UEMOA se sont tenus à Ouagadougou les 19 et 20 janvier 2008. Les sujets majeurs de ces rencontres étaient la question des Accords de partenariat économique et l'intégration régionale.

La question des Accords de partenariat économique avec l'Union européenne qui fait l'objet de beaucoup de manifestations et de déclarations ces derniers temps était au centre des discussions. La région de l'Afrique de l'ouest a estimé que la poursuite des négociations avec les Européens était impérative et ouvrirait de nouvelles perspectives pour parvenir à un accord juste, équilibré et mutuellement avantageux. Dans cette perspective, les Chefs d'Etat ont chargé la Commission de convoquer une réunion des États membres, afin d'élaborer un cadre approprié de négociation sur ces accords et de faire des propositions relatives aux questions en suspens concernant l'introduction d'un tarif extérieur commun régional.La Commission veillera aussi à ce que les accords intérimaires signés par la Côte d'Ivoire et le Ghana soient en cohérence avec le cadre de l'intégration régionale.

Parlant de l'intégration sous-régionale, les chefs d'Etats n'ont pas manqué d'évoquer les reformes institutionnelles nécessaires à la mise en application des dispositions du schéma de libéralisation des échanges et du tarif commun au sein de l'espace CEDEAO.

Le Président Ghanéen John Kufuor, en sa qualité du Président en exercice de l'Union africaine, a salué la croissance économique relative sur le continent (environ 3,3%) et la tenue des élections dans les bonnes conditions dans nombre de pays. En abordant la question de l'unité africaine qui avait été débattue lors du dernier sommet de l'Union africaine à Accra, il a indiqué qu'un projet de gouvernement africain avait été élaboré par un comité de cinq chefs d'État mis en place à cet effet. Ce projet sera bientôt envoyé à tous les chefs d'État de la région pour être examiné avant le prochain sommet de l'Union africaine. Invité spécial, le Guide de la Jamahiriya Arabe Libyenne a tenu la vedette. Mouammar Khadafi a longuement plaidé pour la création des États-Unis d'Afrique en demandant à ses homologues ouest-africains d'œuvrer à la concrétisation de ce projet. Pour lui, l'État-nation n'a plus sa raison d'exister dans un monde de plus en plus orienté vers les regroupements. Le dirigeant libyen a pris l'exemple sur la réussite de l'Union européenne, des États-Unis d'Amérique, en relevant que même l'Amérique latine a choisi la voie de l'unité. "Aujourd'hui, les pays africains sont pauvres parce qu'ils sont désunis. Si nous nous unissions, nous serons respectés et nous pouvons discuter d'égal à égal avec les Européens, les Américains, les Chinois. Il s'agit pour nous d'une responsabilité historique qu'il faut prendre. Si nous n'arrivons pas à y parvenir, l'Afrique va demeurer un terrain de conflits, de luttes tribales et les États du monde vont intervenir encore une fois pour assurer leurs intérêts. ".

En ce qui concerne le problème des migrations, le sommet a adopté l'Approche commune sur la question qui est un mécanisme régional pour "relever les défis de la mobilité intra-communautaire et de l'émigration vers les pays tiers. Ce mécanisme prend en compte les dimensions régionales des migrations, notamment le développement des points de départ des migrants et la formulation d'une stratégie régionale de planification du territoire.

Le sommet a approuvé la création d'un Institut ouest-africain sur l'intégration régionale qui sera basé au Cap Vert. Dans le secteur de l'énergie, la conférence a entériné le plan d'urgence pour la sécurité de la fourniture d'énergie et proposé que des sources alternatives d'énergie soient explorées pour faire face aux pénuries que connaissent les zones rurales. Elle a passé en revue la productivité et la gestion agricole de la région et entériné un plan quinquennal pour le développement de la biotechnologie et de la biosécurité afin d'améliorer la productivité agricole et la compétitivité de l'agriculture régionale. Sur la question de la paix et de la sécurité, les chefs d'État se sont félicités des progrès accomplis dans ces domaines, notamment en Côte d'Ivoire et en Guinée qui s'apprêtent à organiser des élections générales.





 

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