Intégration régionale
: Sommets des chefs d'Etats de la Cedeao pour relancer l'intégration
et la coopération internationale sur de nouvelles bases.
Les sommets de la
CEDEAO et de l'UEMOA se sont tenus à Ouagadougou les 19 et 20 janvier
2008. Les sujets majeurs de ces rencontres étaient la question des Accords
de partenariat économique et l'intégration régionale.
La question des
Accords de partenariat économique avec l'Union européenne qui fait l'objet
de beaucoup de manifestations et de déclarations ces derniers temps
était au centre des discussions. La région de l'Afrique de l'ouest a
estimé que la poursuite des négociations avec les Européens était impérative
et ouvrirait de nouvelles perspectives pour parvenir à un accord juste,
équilibré et mutuellement avantageux. Dans cette perspective, les Chefs
d'Etat ont chargé la Commission de convoquer une réunion des États membres,
afin d'élaborer un cadre approprié de négociation sur ces accords et
de faire des propositions relatives aux questions en suspens concernant
l'introduction d'un tarif extérieur commun régional.La
Commission veillera aussi à ce que les accords intérimaires signés par
la Côte d'Ivoire et le Ghana soient en cohérence avec le cadre de l'intégration
régionale.
Parlant de l'intégration
sous-régionale, les chefs d'Etats n'ont pas manqué d'évoquer les reformes
institutionnelles nécessaires à la mise en application des dispositions
du schéma de libéralisation des échanges et du tarif commun au sein
de l'espace CEDEAO.
Le Président Ghanéen
John Kufuor, en sa qualité du Président en exercice de l'Union africaine,
a salué la croissance économique relative sur le continent (environ
3,3%) et la tenue des élections dans les bonnes conditions dans nombre
de pays. En abordant la question de l'unité africaine qui avait été
débattue lors du dernier sommet de l'Union africaine à Accra, il a indiqué
qu'un projet de gouvernement africain avait été élaboré par un comité
de cinq chefs d'État mis en place à cet effet. Ce projet sera bientôt
envoyé à tous les chefs d'État de la région pour être examiné avant
le prochain sommet de l'Union africaine. Invité spécial, le Guide de
la Jamahiriya Arabe Libyenne a tenu la vedette. Mouammar Khadafi a longuement
plaidé pour la création des États-Unis d'Afrique en demandant à ses
homologues ouest-africains d'œuvrer à la concrétisation de ce projet.
Pour lui, l'État-nation n'a plus sa raison d'exister dans un monde de
plus en plus orienté vers les regroupements. Le dirigeant libyen a pris
l'exemple sur la réussite de l'Union européenne, des États-Unis d'Amérique,
en relevant que même l'Amérique latine a choisi la voie de l'unité.
"Aujourd'hui, les pays africains sont pauvres parce qu'ils sont désunis.
Si nous nous unissions, nous serons respectés et nous pouvons discuter
d'égal à égal avec les Européens, les Américains, les Chinois. Il s'agit
pour nous d'une responsabilité historique qu'il faut prendre. Si nous
n'arrivons pas à y parvenir, l'Afrique va demeurer un terrain de conflits,
de luttes tribales et les États du monde vont intervenir encore une
fois pour assurer leurs intérêts. ".
En ce qui concerne
le problème des migrations, le sommet a adopté l'Approche commune sur
la question qui est un mécanisme régional pour "relever les défis de
la mobilité intra-communautaire et de l'émigration vers les pays tiers.
Ce mécanisme prend en compte les dimensions régionales des migrations,
notamment le développement des points de départ des migrants et la formulation
d'une stratégie régionale de planification du territoire.
Le sommet a approuvé
la création d'un Institut ouest-africain sur l'intégration régionale
qui sera basé au Cap Vert. Dans le secteur de l'énergie, la conférence
a entériné le plan d'urgence pour la sécurité de la fourniture d'énergie
et proposé que des sources alternatives d'énergie soient explorées pour
faire face aux pénuries que connaissent les zones rurales. Elle a passé
en revue la productivité et la gestion agricole de la région et entériné
un plan quinquennal pour le développement de la biotechnologie et de
la biosécurité afin d'améliorer la productivité agricole et la compétitivité
de l'agriculture régionale. Sur la question de la paix et de la sécurité,
les chefs d'État se sont félicités des progrès accomplis dans ces domaines,
notamment en Côte d'Ivoire et en Guinée qui s'apprêtent à organiser
des élections générales.