Agriculture :
Divergences sur le nouveau texte de Falconer, les négociations restent
à terre
Comme promis, l'ambassadeur
Crawford Falconer a distribué un nouveau texte sur les modalités. Cette
"proposition" de l'Ambassadeur de la Nouvelle Zélande est une évaluation
faite à partir des positions des gouvernements Membres de l'OMC, compte
tenu de ce qu'ils ont proposé et de ce dont ils ont débattu pendant
plus de sept années de négociation, et de leurs réactions aux précédents
documents présentés. Ce n'est donc pas la position de l'OMC.
Ce texte s'intéresse
particulièrement aux "modalités" qui sont des façons de faire ou des
méthodes à suivre. L'objectif ultime de ces projets de modalités est
d'amener les gouvernements Membres à abaisser les tarifs et à réduire
les subventions, et d'en faire des engagements contraignants à l'OMC.
Les "modalités" leur indiqueront comment procéder, mais il faut d'abord
arrêter ces "modalités".
Ces projets de textes
constituent une occasion de relancer une série intensive de réunions
qui devrait aboutir à un accord final. Après une période de nouvelles
discussions au sein des groupes de négociation sur l'agriculture, les
Membres ont l'intention de passer à une nouvelle phase durant laquelle
l'agriculture, l'accès aux marchés pour les produits non agricoles et
d'autres domaines du Cycle de Doha pourront être négociés de manière
comparative, dans l'espoir de parvenir à un accord dans les prochaines
semaines ou les prochains mois.
En fin de compte,
les Membres veulent négocier un équilibre acceptable entre l'importance
(le "niveau d'ambition") des abaissements des droits de douane sur les
produits agricoles et non agricoles et des subventions à l'agriculture,
et l'ampleur des réductions qu'ils souhaitent dans chaque domaine. Mais
ce document proposé par Falconer a été apprécié différemment, si les
pays émergents sont satisfaits du projet sur l'agriculture, l'UE et
les Etats-Unis l'ont fortement critiqué. L'ambassadeur du Brésil, Clodoaldo
Hugueney porte parole du G 20 a estimé que le texte sur l'agriculture
"est une bonne base de travail" et qu'il "offre les meilleures chances
de parvenir à un résultat équilibré et raisonnable" du cycle de Doha.
d'une réduction minimale moyenne de 54% des droits de douane que perçoivent
les pays développés sur leurs importations agricoles, proposée à l'origine
par le G20, qui réunit, outre le Brésil, de grands pays émergents comme
l'Inde et la Chine.
L'UE par contre
a jugé que ces propositions "ne sont pas assez équilibrés entre biens
agricoles et industriels" et sont insuffisants dans les services. Elle
pense que " tous les volets de la négociation doivent avancer de concert,
sur les biens industriels, l'agriculture et les services", et qu'il
"Il est absolument crucial que les textes évoluent maintenant rapidement
dans une direction qui reflète les vues dominantes des membres de l'OMC".
Elle appelle les membres de l'OMC à travailler ensemble pour trouver
des modalités qui respectent à la fois la sensibilité des pays en développement
et le mandat de Doha pour créer un accès réel et nouveau aux marchés
pour les produits non-agricoles" et qu' "une petite minorité ne devrait
pas contrôler l'agenda de Doha pour tous les membres".
La France est allée
beaucoup plus loin en jugeant le texte sur l'agriculture tout simplement
inacceptable. Le ministre français de l'agriculture a soutenu qu'ils
sont " prêts à dire tous ensemble que le dernier papier Falconer est
inacceptable, encore plus déséquilibré que les précédentes copies" .Il
estime aussi que cette proposition "met en cause des pans entiers de
l'activité agricole européenne, notamment dans le domaine des fruits
et légumes ou de l'élevage". Il poursuit en déclarant que "Le sentiment
général de tous mes collègues, c'est qu'il vaut mieux pas d'accord qu'un
mauvais accord sur l'économie agricole" et que "des concessions supplémentaires
en matière de tarifs douaniers qui ne sont pas acceptables à nos yeux,
surtout à un moment où l'on est tous soucieux de la croissance européenne
et qu'on constate dans cette croissance la part que tient l'économie
agricole".
Ces propos laissent
entrevoir une grande inquiétude de la part des pays européens. Cela
n'arrange nullement les négociations. Pourtant l'on pensait que le premier
trimestre de l'année 2008 allait être important parce que devant enregistrer
la matérialisation de tous les progrès. L'absence d'accord sur l'agriculture
dans les prochains moins compromettra la conclusion du cycle de Doha.
Peter Mandelson l'a rappelé d'ailleurs devant les ministres européens
en estimant "Ou il y a un accord dans les tous prochains mois ou il
sera difficile de rouvrir les négociations du cycle de Doha". Il a estimé
en plus que tous le monde "devait garder à l'esprit que c'est le système
mondial du commerce qui est en jeu. Le risque est de régresser sous
le poids du protectionnisme". M. Mandelson pense que l'UE ne devait
être ni sanguin ni complaisant mais devra redoubler d'efforts. La commissaire
européenne à l'Agriculture Marian Fischer Boel pourrait exiger de la
part de Mandelson "une ligne responsable et dure".
Les Etats-Unis ont
aussi fortement critiqué le texte de Falconer. Lors d'un discours prononcé
à l' " Institue for international Economics " Susan Schawb négociateur
américaine en chef a jugé le texte particulièrement alarmant. Selon
elle le texte révisé permettrait aux pays en développement de protéger
Jusqu'à 8 pour cent de leurs lignes tarifaires à partir de n'importe
quel réductions tarifaires comme produits spéciaux et aussi pourrait
permettre à de grandes randonnées tarifaires pour les produits en vertu
d'un ou de prix basés sur le volume de sauvegarde. "