APE : le CMS renvoie
une signature en juin 2009 et s'est penché sur l'intégration, les APE
intérimaires et le TEC
Le Comité ministériel
de suivi de l'APE entre la CEDEAO et l'UE s'est réuni à Nouakchott les
20 et 21 février 2008. L'intégration régionale, les accords intérimaires
de certains pays de la sous région ainsi que le tarif extérieur commun
étaient au menu des discussions de cette première rencontre du CMS après
les sommets de la CEDEAO et de l'UEMOA.
Cette rencontre
des ministres précédée par celle des experts les 18 et 19 est une réunion
extraordinaire et devait décliner les voies pour mettre en œuvre une
directive des chefs d'Etat et de gouvernement de la CEDEAO lors de leur
dernier sommet tenu le 18 janvier 2008 à Ouagadougou et au cours duquel
ils avaient réaffirmé leur volonté de signer un APE porteur de développement
et facteur d'intégration. Ils (les ministres) restent convaincus qu'un
APE "avantageux pour tous permettra aux pays de la sous région de saisir
les nouvelles opportunités que leur offre la mondialisation de l'économie,
à savoir l'échange des biens et des services à l'échelle planétaire
".
L'intégration
régionale, préalable à un APE porteur de développement.
Dès l'ouverture,
M. Zein Ould Zeidane, premier ministre mauritanien qui présidait la
cérémonie a soutenu que " la négociation des APE doit être l'occasion
d'accélérer le processus d'intégration en Afrique de l'Ouest, en profitant
des complémentarités existantes et en tirant avantage des économies
d'échelle qui en découlent ". Il insiste en soutenant que "Les négociations
des APE se trouvent dans un tournant crucial qui présente deux défis
pour la région de l'Afrique de l'Ouest dont le premier est la sauvegarde
de l'intégration régionale ". Dès lors il s'agira d'unifier les positions
et de renforcer la complémentarité économique face aux négociations
avec l'UE. L'intégration offre des avantages certains qu'il ne faut
pas négliger et elle reste une condition sine qua none à un APE. Justement
cette présence mauritanienne dans les négociations démontre toute la
pertinence d'aller en bloc vers ces accords. La Mauritanie avait quitté
la CEDEAO en 1999 mais reste dans le groupe de négociation de la sous
région. Elle est consciente de la nécessité d'une intégration régionale
au bénéfice de tous et " soutient fermement " le processus en cours.
Il est donc certains que l'APE doit impérativement participer à la consolidation
de l'intégration au lieu être un facteur de division.
Ainsi, il a été
adopté un ensemble de recommandation visant à améliorer cette intégration,
il s'agit entre autre de redynamiser l'économie sous-régionale. Cela
passe par l'amélioration de la compétitivité des secteurs de production,
notamment dans les domaines de l'agriculture, de l'industrie, de l'artisanat,
et des services, et le développement des infrastructures (énergie, routes,
chemin de fer) etc. Dans cette même perspective de redynamiser l'économie
sous régionale, les ministres ont aussi indiqué qu'il est nécessaire
de mettre à niveau les entreprises, de renforcer les capacités du secteur
privé et faciliter son accès au financement. Ainsi que le financement
des pertes de recettes fiscales. Ils ont expliqué que ces recommandations
permettront d'aboutir à la mise en place effective de programmes qui
répondent aux préoccupations de la région en matière de développement
et de mobilisation des ressources suffisantes pour leur financement.
Rappelant les directives
et les orientations politiques tracées par les Chefs d'Etat d'Afrique
de l'ouest lors de leur réunion à Ouagadougou en janvier 2008, les Ministre
ont réaffirmé l'ancrage de l'APE dans la vision du développement régional.
Ils ont rappelé que l'efficacité de l'APE est intimement liée aux succès
enregistrés dans l'intégration régional.
Les APE intérimaires
de la Côte d'Ivoire et du Ghana sous l'encadrement des commissions et
l'Uemoa et de la CEDEAO
La Cote d'ivoire
et le Ghana ont paraphé des APE intérimaires avec l'Union européenne.
Le comité ministériel de suivi de l'APE a instruit les deux commissions
de la région de poursuivre l'encadrement et l'accompagnement de ces
deux pays dans leurs négociations avec l'UE en vue de la finalisation
de ces accords.
Le compte rendu
des rencontres ayant réuni en janvier 2008 à Bruxelles les négociateurs
ghanéens et ivoiriens d'une part la CE de l'autre a fait état des évolutions
dans les discussions entre ces deux pays et l'Europe. Deux observations
majeures peuvent ainsi être retenues. Dans les accords intérimaires
de décembre 2007, il était prévu, en ce qui concerne la Côte d'Ivoire,
que les produits du groupe A soient libéralisés dès le 1 janvier 2008
et se poursuivre jusqu'en 2013. Ayant démontré qu'un tel accords aurait
inéluctablement des conséquences fâcheuses sur les discussions régionales
en vue de l'établissement des listes régionales de produits sensibles,
ces pays, encadrés par l'Uemoa et la CEDEAO ont obtenu que le début
de la libéralisation soit reporté en 2009. En deuxième lieu, dans le
but de ne pas gêner le processus de discussion autour du TEC, qui aurait
été visiblement ralenties par l'application de la clause de statu quo
et de gèle des tarifs, la Côte d'Ivoire et le Ghana ont négocié la non
application de ces dispositions jusqu'en 2011, temps qui devrait être
suffisant à la région pour mettre en place le TEC CEDEAO.
Il a été également
décidé que ces deux accords intérimaires paraphés cesseront d'exister
dès que l'accord de partenariat économique (APE) régional sera signé.
Les menaces sur
le tarif extérieur commun partiellement levées…en attendant l'étude
sur la 5ème bande.
Le tarif extérieur
commun de l'UEMOA devrait être étendu à la CEDEAO. Cela a toujours posé
des difficultés. Les discussions ont porté sur l'opportunité ou non
de la mise en place d'une cinquième bande tarifaire de 50% conformément
au souhait du Nigeria. Le Nigeria a fortement insisté sur cette nouvelle
bande qui seule peut protéger ses produits agricoles et industriels.
Même si aucun pays n'a remis en cause le principe de renforcer les mécanismes
de protection dont la région devrait se doter, le CMS a demandé aux
commissions de la CEDEAO et de l'UEMOA de prendre les dispositions diligentes
pour la réalisation d'une étude aux fins de déterminer objectivement
la nécessité de cette bande tarifaire et le cas échéant, sa portée.
La même étude devrait aussi déterminer toutes autres mesures efficaces
susceptibles de renforcer le dispositif de protection et de sauvegarde
en Afrique de l'ouest.