Subventions Coton
: pendant que Washington fait appel de la décision de l'OMC sur le coton,
George BUSH demande aux pays africains de transformer leur coton
Les négociations
sur l'agriculture et les produits non industriels sont dans une impasse
totale, dans le même temps le différend sur les subventions relatives
au coton est encore agité. En effet, après avoir condamné les Etats-Unis
suite à une plainte déposée par le Brésil, l'OMC vient de recevoir un
appel de Washington contre cette décision. La question des subventions
constitue l'un des principaux point de divergences entre les pays occidentaux
notamment les Etats-Unis et les autres pays à l'OMC. Les pays en développement
et les PMA ont fait une coalition pour stopper les subventions sur l'agriculture.
Et l'OMC semble s'inscrire dans cette logique.
Les juges de l'OMC
ont considéré, en effet, en décembre dernier que Washington n'avait
pas appliqué une décision précédente de l'ORD, en 2005, qui leur avait
demandé de réformer ces subventions. Les Etats-Unis ont fait appel de
cette décision, mettant ainsi en place une procédure qui devrait prendre
au moins trois mois. Si les juges donnent à nouveau raison au Brésil,
ce pays pourra alors demander l'autorisation de prendre des sanctions
commerciales contre Washington. Le gouvernement brésilien avait évoqué
en 2005 le chiffre d'un milliard de dollars de sanctions.
Déjà en octobre 2007, Washington s'était déclaré "très déçu" par les
conclusions d'une enquête de l'Organisation mondiale du commerce (OMC)
selon laquelle les aides aux producteurs américains de coton restaient
en contravention avec les règles de l'organisation, ce qui pourrait
ouvrir la voie à des sanctions.
Il faut rappeler
que le Brésil estime que les subventions américaines aux producteurs
de coton ont atteint 12 milliards de dollars entre 1999 et 2002, alors
que la valeur des récoltes a été de 13,9 milliards pendant la même période,
soit un taux de subventionnement moyen de 89,5%. Selon le Brésil toujours,
ces subventions ont pour conséquence une dépréciation du produit sur
le marché international et pénalisent ses propres producteurs. Selon
les chiffres du gouvernement américain, les subventions au coton, non
comprises les garanties d'assurance fédérale aux agriculteurs, ont atteint
3,1 milliards de dollars (2,4 milliards d'euros) en 2005 contre 3,7
milliards de dollars en 2004. Et ce sont ces subventions qui entre autres
divergences constituent le nœud gordien des négociations agricoles.
Pendant ce temps,
le président George Bush en tournée en Afrique estime que la question
de ces subventions était une question purement américaine même s'il
reste conscient de l'importance de cette filière dans la vie de beaucoup
de paysans africains. Ce qui justifie " un premier pas fait par les
Etats-Unis en ce qui concerne les subventions". Il a dans la même occasion
invité les pays africains à "produire du coton et de le transformer,
ce qui donnerait une production à valeur ajoutée". Beaucoup de pays
de la sous région souffrent particulièrement de ces subventions faites
sur le coton. Depuis 2003, ils se battent à l'OMC pour que les Etats
industrialisés producteurs de coton, surtout les Etats-Unis, suppriment
les subventions aux exportations et diminuent les soutiens directs à
leurs agriculteurs.
En mars 2007, les
pays africains étaient repartis bredouilles de Genève où une nouvelle
réunion de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) consacrée au dossier
du coton n'avait pas concrétisé l'espoir d'une baisse des subventions
versées par les pays riches à leurs producteurs.