Coopération Sud
- Sud : l'Inde et l'Afrique scellent le partenariat pour le développement
Le premier Forum
Afrique - Inde s'est tenu à New Dehli en Inde du 4 au 9 avril. Dans
un contexte mondial où les difficultés économiques prennent des proportions
importantes dans la plus part des pays en développement, notamment en
Afrique au Sud du Sahara, les relations économiques et commerciales
internationales deviennent un enjeu très important. Les traditionnelles
relations entre les pays en développement, africains notamment, et occidentaux
théorisées sous le vocable relations Nord-Sud sont entrain d'être revisitées
ou même réorientées. C'est à cet instant précis que les pays du Sud
sentent le besoin de développer leurs relations commerciales. Dans cette
optique, l'Inde et l'Afrique ont organisé une rencontre à New Dehli
pour jeter les bases d'une nouvelle coopération qui permettrait à chaque
partie de bénéficier des avantages qu'offre l'ouverture des marchés.
Il faut rappeler
que les relations entre l'Inde et l'Afrique ne datent pas d'aujourd'hui.
En effet, New Delhi avait noué d'étroites relations en Afrique dans
les années 1960 et 1970, à l'époque où l'Inde, Etat non aligné, soutenait
des mouvements de décolonisation. Aujourd'hui ce sont des relations
d'une autre nature qui se dessinent petit à petit. L'économie, les finances
et le commerce sont les éléments essentiels de cette nouvelle coopération.
Le commerce bilatéral entre l'Inde et le continent africain est très
important à ce jour. Il s'est élevé à 30 milliards de dollars pour l'année
2006-2007 et est en constante progression. " L'inde souhaite que le
21e siècle soit celui de l'Asie et de l'Afrique et que les peuples des
deux continents travaillent de concert pour promouvoir une mondialisation
qui soit égale pour tous " a laissé entendre le Premier ministre indien,
Manmohan Singh, qui a annoncé en même temps le doublement des prêts
consentis à l'Afrique à 5,4 milliards de dollars sur les cinq prochaines
années (contre 2,1 milliards sur les cinq années précédentes).
Et l'ouverture
du deuxième bureau de la Exim Bank, à Dakar, après Johannesburg en constitue
une illustration. Ces lignes de crédit seront disponibles dans le cadre
des relations bilatérales. Elles sont aussi élargies aux Communautés
économiques régionales de l'Afrique.
Une grande ambition
Cette coopération
s'articulera essentiellement sur les technologies de l'information et
de la communication ou encore sur la production d'énergie électrique.
Des domaines dans les quels le continent africain accuse un grand retard.
Les ressources humaines seront tout aussi un élément essentiel dans
ces relations, de même que la formation professionnelle et universitaire
constituent des domaines qui ne doivent pas être négligés selon les
autorités de ces deux parties.
L'Inde s'est engagée
lors de ce sommet à doubler le nombre de bourses jusqu'ici accordées
aux étudiants africains. Dans le cadre de l'assistance technique également,
le nombre de places mises à la disposition du continent passera de 1.100
à 1.600 par an. Selon les officiels, l'Afrique et l'Inde partagent une
ressource importante qui est la jeunesse de leur population. Selon le
premier ministre indien, " l'Inde et l'Afrique sont bénies en disposant
d'une population jeune. C'est seulement en investissant dans l'énergie
créatrice de nos jeunes que nous pourrons pleinement exploiter le potentiel
de notre partenariat ".
Une coopération
gagnant - gagnant
Cette coopération
se fondera sur l'égalité, le respect mutuel, une vision partagée dans
un monde plus juste grâce à des régimes politiques et une économie mondiale
plus équitables. Il s'agira de faire face à des défis collectifs comme
la sécurité alimentaire, la sécurité énergétique, les pandémies, le
terrorisme international, les changements climatiques. C'est ce qui
a fait dire à M. Abdoulaye Wade président de la République du Sénégal
que " C'est une occasion de traduire en actes notre philosophie de coopération
égalitaire et profitable à tous " et que " Ce sommet s'inscrit dans
le sens de la solidarité. L'indépendance politique, comme une symphonie
inachevée, restera toujours incomplète sans la souveraineté économique
". M. Alpha Oumar Konaré ancien président de la commission de l'UA s'inscrit
dans le même sens et déclare que " l'UA parle au nom d'une Afrique responsable
et qui entend dialoguer à égalité avec toutes les puissances du monde
selon le concept gagnant-gagnant ". L'intérêt des parties africaine
et indienne sont certainement économiques et commerciales dans un court
terme mais il faut rappeler aussi qu'il y'a là un grand intérêt géostratégique.