APE : la DG développement
de l'UE " invite" des acteurs officiels et de la société civile ouest
africains à Bamako.
Les points de vue
sur les APE entre les pays ACP et l'UE ne sont nécessairement pas les
mêmes. Si certains (les européens) pensent que c'est une occasion ainsi
offerte aux ACP de relever leurs économies et de s'insérer à celle mondiale
de façon harmonieuse, d'autres, (les ACP) pensent que les APE tel qu'ils
sont conçus ne favorisent en rien le développement et ne donnerait pas
les résultats escomptés. De grandes campagnes de dénonciation de ces
accords ont été lancées et animées partout dans le monde par les sociétés
civiles du Sud comme du Nord aidées en cela par certains Etats et organisations
régionales d'intégration qui ont pris à un certains moment du processus
des décisions rejetant les APE.
Cela a été le fruit
de grandes discussions provoquées et animées par les principaux acteurs
de ces accords, surtout ceux non étatiques. Aujourd'hui, la situation
commande une poursuite de ces discussions et des échanges d'informations.
Estimant que les analyses et les commentaires sur les APE sont souvent
faussés par les postures " idéologiques " et les passions, la DG Développement
de la Commission européenne a invité des fonctionnaires des ministères
du commerce et des finances ainsi que des représentants de la société
civile ouest africaine du 29 au 30 mai à Bamako. L'UE espère ainsi trouver
un cadre plus " serein " pour fournir une analyse " plus équilibrée
que celle habituellement offerte par une discussion publique idéologiquement
influencée ". Un tel objectif disqualifie à priori tous les arguments
contraires aux doctrines européennes. Les campagnes ouest africaines
et internationales contre les APE n'auraient, sous cette lecture, rien
d'objectif et de rigoureusement établi.
La région ira donc
écouter la vérité européenne, si tant est qu'elle est moins idéologiquement
influencée. Les participants, qui ont aussi entendu d'autres points
de vue contraires, s'ils n'en ont pas été eux-mêmes les défenseurs,
pourront dire, à la suite de cette " confession " de la commission européenne,
ce qui la distingue des autres.