Cycle de Doha
: " 2009 ne sera pas une bonne année " selon Mandelson
Beaucoup d'acteurs
et d'observateurs du commerce mondial pensaient que l'année 2008 allait
être la bonne pour le cycle de Doha. Cet espoir était entretenu par
les efforts considérables enregistrés dans les comités de négociations
sur l'agricole et l'amna. Des textes de compromis étaient disponibles
et constituaient de bonnes bases de discussions. Mais, force est de
reconnaître aujourd'hui que ces avancées n'ont pas permis de tirer les
négociations de la zone critique où elles se trouvent. Il reste encore
un peu plus d'un semestre pour trouver un accord équilibré. Mais si
l'année se termine sans qu'un accord soit trouvé, l'avenir de ce cycle
de négociation sera sérieusement menacé. Certains pensent que l'année
2009 ne serait pas une bonne année pour ce cycle. C'est justement pourquoi,
le commissaire européen au Commerce Peter Mandelson a appelé à conclure
cette année les négociations parce que 2009 ne sera pas une "bonne année"
pour mener à bien les discussions.
Il a tenu ces propos
la semaine dernière lors d'un d'une vidéoconférence avec des journalistes
de toute l'Amérique latine. Il a donné deux raisons : d'abord lors des
six premiers mois il y aura un changement au sein de l'administration
américaine et au second semestre, on verra le changement des négociateurs
qui représentent l'Union Européenne". Par conséquent, "c'est le moment
maintenant, on ne peut le remettre à plus tard".
Pour lui l'agriculture
qui constitue le principal enjeu des négociations peut sortir de l'impasse
d'ici au mois de juin. Mais cela veut dire que la rencontre des ministres
ne pourrait se tenir prochainement. Si les négociations sur les différentes
questions avaient suffisamment avancé, une conférence ministérielle
se tiendrait au courant du mois de mai. Mais, à ce jour, aucune des
questions brûlantes de ces négociations n'a connu une avancée pouvant
provoquer une rencontre ministérielle. Aujourd'hui, l'état des négociations
à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ne commande une telle rencontre
durant ce mois de mai.
Keith Rockwell,
le porte-parole de l'OMC, l'a annoncé à un groupe de journalistes à
l'issue du Comité des négociations commerciales. Il souligne que "cela
sera extrêmement difficile, au vu des contraintes de temps et de l'importance
de la substance du processus (des négociations), qu'une telle conférence
se tienne en mai". Il faut rappeler que le cycle de Doha butte depuis
trop longtemps sur les questions agricoles et les produits non agricoles.
En effet les produits
sensibles, c'est à dire les biens soumis à des exceptions dans l'ouverture
des barrières douanières, et les produits tropicaux sont au cœur des
débats.
Des textes de compromis
révisés sur l'agriculture et les produits industriels devraient être
publiés prochainement, comme l'a annoncé Crawford Falconer, le président
des négociations agricoles.
Une fois les textes
sortis, il faudra compter "quelques semaines" selon Keith Rockwell pour
que les Etats en prennent connaissance, se réunissent au niveau de leurs
représentants techniques, puis décident de rassembler leurs ministres
pour arrêter les ultimes décisions.
La tenue en Suisse
au mois de juin de l'Euro 2008 de football rend par ailleurs très improbable
la tenue d'une conférence ministérielle durant cette période.
Le porte-parole
de l'OMC a par ailleurs relevé que "toutes les délégations avaient commencé
leurs discours en parlant de la crise alimentaire" lors du Conseil des
négociations commerciales c'est le cas de l'ambassadeur de l'Uruguay
qui disait qu' "en 2050, nous devrons doubler la production alimentaire
pour une population qui s'élèvera alors à 9 milliards d'êtres humains".