L’économie de la région ouest africaine au prisme des flux d’aides publiques au développement et d’investissements directs étrangers

3 September 2010

Introduction générale

L’entame des relations de partenariat entre l’Europe et les pays d’Afrique- Caraibes-Pacifique (ACP) remonte à 1963, date à laquelle fut signée la première convention de Yaoundé, qui définissait des préférences tarifaires non réciproques entre les deux entités. L’Accord de « Yaoundé II », portant sur les conditions d’une coopération financière et technique, intervint en 1969, et celui de « Lomé I » en 1975. Ce dernier ajoutait aux accords antérieurs quelques protocoles commerciaux, dits additionnels, et un fonds de stabilisation des recettes d’exportation (Stabex) de certains produits agricoles. Quant à « Lomé II », il élargissait en 1980, le dispositif Stabex aux produits minéraux. Enfin « Lomé III » confirmait ces options en 1985 tandis que « Lomé IV » introduisait deux conditionnalités allant dans le sens d’un engagement à soutenir le développement du secteur privé et l’invite à souscrire à un programme d’ajustement structurel en cas de détérioration des agrégats macroéconomiques. En dépit de cette longue tradition de partenariat avec l’Europe, le taux de croissance de la plupart des pays de la région est resté en-dessous des ambitions affichées et progresse, pour certains d’entre eux, à un rythme en dessous de celui de la population. Il en résulte une baisse du Pib/tête dans certains pays et, en conséquence, une progression de l’incidence de la pauvreté dans l’espace de la Cedeao. Cette situation est, en partie, imputable aux niveaux relativement bas du taux d’investissement observés dans la plupart des pays de la région. Du reste, cela est attesté par le faible attrait de la région par rapport aux flux d’investissements directs étrangers (IDE), en dépit d’un marché fort de près d’un quart de milliards de consommateurs tandis que les flux d’aides publiques au développement (APD) étaient relativement vigoureux. La faiblesse du taux d’investissement et donc de la croissance des économies de la région découle t-elle de la prééminence de l’APD sur les I’IDE ?

Plusieurs travaux ont tenté de cerner les effets de l’aide et des investissements directs étrangers (IDE) sur la croissance. Dans l’analyse du lien entre les IDE et la croissance, on dénote une opposition entre deux courants : celui défendant l’idée d’un impact positif des investissements directs étrangers sur la croissance économique et celui postulant un effet négatif des IDE sur le taux de croissance.

Pour les tenants du premier courant, les IDE constituent un important moyen de transfert de technologies (Borenzstein, De Gregorio et Lee,1998). Les firmes qui s’installent grâce à l’afflux d’IDE augmentent les dotations de l’économie en connaissances technologiques et organisationnelles transférables au reste de l’économie (Caves, 1996). En conséquence, les IDE contribuent significativement à l’accroissement de la productivité de l’économie d’accueil (De Mello, 1997) et permettent de stimuler la croissance en facilitant l’incorporation de nouveaux inputs et de nouvelles technologies dans la fonction de production (Feenstra et Markusen, 1994).

Si dans les économies développées, l’impact positif des IDE sur la croissance est attesté, dans les pays moins avancés, en revanche, ce sont des variables comme le taux de scolarisation qui déterminent le plus l’effet des IDE sur la croissance. En effet, le canal de transfert de technologie ne peut être opérationnel que si le pays-hôte possède un niveau minimum de capital humain (Bronstein, De Gregorio et Lee, 1998).

Pour d’autres auteurs, les flux de capitaux, en augmentant les disponibilités en épargne de l’économie, stimulent l’accumulation du capital et contribuent à réduire son coût (Deepak M. et al. 2001). En conséquence, ils permettent de rehausser la productivité globale des facteurs dans l’économie, en améliorant l’allocation des ressources et en favorisant le développement des marchés financiers nationaux. Outre leur impact sur le transfert de technologies, les IDE favorisent une accumulation en capital humain du pays récepteur (OCDE, 2002 bis ; Alaya, 2006). En effet, la demande de travail qualifié par les firmes multinationales encourage les Etats à investir davantage dans l’éducation (Blomstrom, Kokko and Zejan, 2000). Les IDE contribuent également à l’intensification du commerce extérieur grâce à certains atouts des entreprises multinationales tels que la qualité et le label des produits, ainsi que leur capacité de pénétration des marches mondiaux (OCDE, 2002).

Les effets spillovers découlant de l’afflux d’IDE (accumulation en capital humain, augmentation du taux d’investissement, transfert de technologies, accroissement de la productivité globale des facteurs, plus grande pénétration des marches extérieurs, etc.) offrent ainsi à l’économie, l’opportunité de construire des avantages compétitifs dans le temps (Alaya, 2004). Plusieurs travaux concluent ainsi à une complémentarité entre les entreprises multinationales et domestiques et donc des IDE et de l’investissement privé domestique (Rodriguez-Clare, 1996 ; Markusen & Venables, 1999). En effet, les IDE peuvent drainer l’investissement domestique lorsque leur afflux contribue au transfert de technologie, à l’introduction d’un nouveau savoir faire, à l’efficacité globale et à l’amélioration de l’environnement des affaires.

En revanche, d’autres travaux semblent attester d’un impact négatif des IDE sur la croissance économique. En effet, l’existence de barrières à l’entrée du marché qui dissuadent l’arrivée de nouvelles entreprises et provoquent la sortie du marché de producteurs locaux peut survenir du fait du comportement des firmes. Elle peut aussi provoquer un mécanisme d’éviction entre les IDE et l’investissement privé domestique (Alaya, 2006), comme l’a du reste observé Caves (1996) dans les pays en développement. Cette corrélation négative entre les flux d’IDE et la croissance économique s’explique par l’effet de domination exercé par les firmes étrangères. Ce dernier peut avoir pour conséquence une dissuasion du développement de l’activité de recherche-développement chez les firmes locales (Brewer, 1991). Selon Saltz (1992), l’impact des IDE sur la croissance est généralement faible dans les pays en développement qui ont levé toute contrainte au rapatriement des bénéfices issus de ces investissements. Leur impact négatif sur la croissance du PIB peut également se manifester lorsque le pays récepteur est faiblement doté en capital humain (Blomström et al.,1992). Cet effet négatif peut aussi résulter du « syndrome hollandais » dans les pays en développement fortement dotés en ressources naturelles et dont le taux de change s’apprécie suite aux effets pervers induits de l’exploitation de ces dernières.

Quant à l’impact de l’aide publique au développement (APD) sur la croissance, certains travaux évoquent ses biais sur la croissance tandis que d’autres soulignent ses effets positifs possibles sous certaines conditions. Pour des auteurs comme Easterly (2006), la plus grande partie de l’aide apportée aux pays en développement depuis 50 ans a été inefficace du fait du manque de contrôle sur les personnes chargées de gérer cette aide. D’autres auteurs comme Feyzioglu et al. (1998) ont pu établir que la plus grande partie de l’enveloppe de cette aide est consacrée à la consommation publique. Pour d’autres, il est abusif d’appeler « aide au développement », les flux de capitaux transférés des pays du Nord vers ceux du Sud à ce titre. Selon Bauer (2002), il s’agit plutôt d’une entrave au développement tendant à maintenir les pays sous- développés dans leur statut. Bauer (2002) met plutôt en avant l’importance de la propriété privée et du règne du droit sur le développement économique.

Toutefois, certains auteurs ont un point de vue mitigé sur la question de la relation aide-croissance. Pour Burnside et Dollar (1997), l’aide ne saurait, à elle seule, produire des effets positifs. Son impact ne peut se mesurer que dans le cadre de « bonnes politiques ». Ces auteurs défendent cette position, en mettant en évidence l’impact significatif sur la croissance d’une variable combinant le niveau de l’aide et la qualité des politiques suivies. L’effet d’un dollar supplémentaire d’aide dépend ainsi de la qualité des politiques économiques et du montant de l’aide lui-même. Collier et Dollar (2002) suggèrent l’existence de rendements d’échelle décroissants de l’aide. En d’autres termes, l’effet de l’aide est positif mais décroît au fur et à mesure que le volume d’aide s’accroît. Toutefois, la robustesse de cette hypothèse de rendements d’échelle décroissants a été remise en cause par de nombreux auteurs, en particulier Hansen et Tarp (2001). D’autres auteurs ont conclu leurs travaux dans le même sens que Burnside et Dollar (1997) faisant valoir l’idée que l’aide n’était pas inopérante par principe, mais plutôt du fait de l’utilisation qui en est faite.

Dans ce papier, nous retraçons et analysons des tendances lourdes des IDE et de l’aide dans l’espace Cedeao et dressons le profil de quelques déterminants des flux d’IDE en nous appuyant sur des faits stylisés. L’analyse est menée en distinguant quatre sous-périodes : une première qui va précède la période d’ajustement (1960-1979), une seconde où la plupart des économies de la région étaient sous ajustement et qui s’échelonne jusqu’à la prise en considération de la dimension sociale de l’ajustement (1980-1990), une troisième qui couvre la période pré- ajustement monétaire des pays de la zone franc (1991-1994) et une dernière qui couvre la période post- dévaluation (1995-2006).

Dans les développements qui suivent, nous décrivons d’abord dans la première section la situation socio- économique des pays de la région. Les tendances lourdes de l’aide et des IDE dans l’espace Cedeao sont ensuite analysées (section 2) et enfin, le profil de quelques déterminants des flux d’IDE dressé (section 3).

L’Afrique de l’Ouest : un espace pro-aide ou pro-IDE ?

Les défis de la croissance auxquels sont confrontés les pays de la Cedeao ont conduit la plupart des économies à élaborer des stratégies d’attraction des investissements et un code d’investissements propices au relèvement de leur taux d’investissement brut. Par ailleurs, au cours des décennies passées, les efforts de diversification des économies se sont traduits par une insertion plus accentuée de partenaires non traditionnels, notamment asiatiques, dans le tissu économique des pays de la Cedeao. Dans le même temps, les flux aide publique au développement (ADP) sont restés non négligeables et beaucoup d’Etats de la région en sont tributaires. Pour certains d’entre eux, cette APD détermine même l’effort budgétaire de l’Etat en direction du reste de l’économie. La région de l’AO est-elle un espace économique pro- aide ou pro-IDE ? En règle générale, le taux d’investissement des pays de la région dépendra de leur propension à davantage attirer des IDE ou de l’APD.

Des flux d’aides globalement plus importants que ceux de l’IDE

L’examen des flux relatifs d’IDE et d’APD atteste que la région de l’AO est plus un espace économique pro-aide. En effet, au cours des différentes sous-périodes, les flux d’APD ont globalement été plus élevés que ceux des IDE. Toutefois, on observe au cours des dernières années un frémissement dans les flux d’IDE puisque leur rythme d’accroissement est devenu plus soutenu que ceux de l’APD.

L’examen de la structure des flux au sein de la région atteste que la polarisation des pays autour des flux d’APD et/ou d’IDE diffère. Dans l’ensemble, le Nigéria, le Libéria et la Gambie sont les économies qui attirent relativement plus d’IDE que d’APD. Par ailleurs, dans certains pays comme la Mauritanie et le Libéria, on relève des phases de désinvestissements puisque les flux nets d’IDE se révèlent négatifs.

La prééminence de l’APD sur les IDE semble se répercuter sur l’effort d’accumulation domestique. En effet, l’examen du taux d’investissement atteste que ce dernier est modeste dans la plupart des pays de la région. Seuls le Cap Vert, le Ghana et le Mali se distinguent par un effort d’accumulation relativement important.

Les taux d’investissement étant globalement modestes, les performances enregistrées par les économies de la région durant ces trois sous-périodes sont relativement maigres. En conséquence, bien que la plupart d’entre elles se soient données pour ambition d’intégrer le club des pays dits émergents, leur taux de croissance demeurent encore modestes. De plus, il est caractérisé par une forte instabilité. Si la Côte d’ivoire, la Mauritanie, le Togo et le Nigéria se détachaient dans la région au lendemain des années 60, ce sont désormais le Libéria, le Burkina Faso, le Cap-Vert et le Mali qui se distinguent dans la région comme étant les champions de la croissance dans la période post-dévaluation.

Les niveaux modestes de croissance s’expliquent également par une faiblesse de la demande étrangère adressée aux pays de la région.

L’examen du taux d’exportation atteste qu’à l’exception du Nigéria, qui pourtant dispose du plus important marché domestique, la croissance de la plupart des économies de la région est davantage tirée par les composantes domestiques de la demande.

Cette stratégie n’est pas viable au regard de l’étroitesse des marchés des différentes économies, excepté le Nigéria. Toutefois, en dépit de l’importance de son marché local, le Nigéria est le pays qui affiche l’un des taux d’exportation les plus élevés de la région, à côté de la Gambie, de la Côte d’Ivoire et de la Mauritanie.

Le rythme de création de richesses étant relativement bas, il en résulte une accentuation de la distance qui sépare le Pib/tête des pays de la région et celui des pays développés et des pays dits émergents. Néanmoins, certains pays de la région affichent des niveaux de Pib/tête relativement appréciables. Le Pib/tête du Cap-Vert et de la Côte d’Ivoire atteint respectivement 1166 et 599 dollars2. Dans les pays émergents comme le Brésil et la Malaisie, il est de 3745 et
3916 respectivement tandis que pour
des pays développés comme l’Allemagne et les Usa, il atteint respectivement de 22 762 et 34 081 dollars.

En raison des faibles performances en termes de croissance, du reste, instable dans la région, la croissance du Pib/tête est également faible et parfois négatif. Les meilleures performances enregistrées en termes d’accroissement du Pib/tête au cours de ces dernières années sont celles réalisées par le Libéria, le Cap-Vert et le Burkina Faso.

Globalement, l’examen des données historiques atteste que sur une longue période, le rythme d’accroissement de la population est plus soutenu que celui de la création de richesses pour la plupart des pays de la région. De plus, au cours de certaines périodes, le taux de croissance du Pib/tête est négatif tandis que la population continue d’augmenter significativement dans plusieurs pays.

La population augmentant de façon soutenue par rapport au rythme de création de richesses, il en découle des niveaux élevés de pauvreté dans la région ouest africaine.

Les niveaux élevés de pauvreté découlent, en grande, des inégalités de revenus favorisées par des profils de croissance anti-pauvre observés dans la plupart des pays de la région.

Les facteurs de répulsion des flux d’IDE

Les IDE sont-ils polarisés autour des « bon élèves » ou les « mauvais élèves » ? En règle générale, les économies à faibles capital humain et dotations en infrastructures et à environnement des affaires peu propice présentent peu d’attrait pour l’IDE. Par ailleurs, des taux de pauvreté élevés se traduisent généralement par une pression sur les ressources publiques à des fins de redistribution et donc des niveaux de prélèvements fiscaux et/ou d’endette- ment plus élevés. Egalement, la prééminence de l’APD sur les IDE peut entrainer un risque d’éviction des IDE qui pourrait avoir comme effets pervers, dans un contexte de « mauvaises politiques », de favoriser une allocation inefficace des ressources.

Dans cette sous-section, nous examinons le niveau en termes de dotations relatives en capital humain, en infrastructures et en environnement des affaires des pays de la région et la facilité d’accès aux facteurs techniques de production.

Capital humain

Au début des années 1990 qui ont été marqué par le Sommet mondial sur les objectifs du millénaire pour le développement, les meilleures « élèves » matière de scolarisation dans le cycle primaire étaient le Cap Vert, le Togo et le Nigéria qui affichaient les taux de scolarisation les plus élevés. Dans le cycle secondaire, ce sont le Nigéria, le Cap-Vert et la Côte d’Ivoire qui présentaient le meilleur profil.

L’examen du niveau tertiaire attestait que c’est le Sénégal, la Mauritanie et le Togo qui avaient les taux les plus élevés. Dans l’ensemble, le Cap-Vert se détachait comme le pays qui affiche les meilleures performances en matière de scolarisation.

Toutefois, beaucoup d’effort ont été faits par les autres pays de la région afin de réduire leur déficit en capital humain. Entre 1991 et 2005, ce sont la République de Guinée, la Mauritanie et le Mali qui affichent les meilleures progressions dans le niveau primaire. Le Cap-Vert, le Bénin et la République de Guinée constituent les pays qui ont relevé plus rapidement leur taux de scolarisation dans le niveau secondaire. Dans le cycle tertiaire, le Ghana, le Sénégal et le Mali affichent les meilleures performances.

Du point de vue des dotations en infrastructures sanitaires, le Burkina Faso, le Nigéria, le Ghana et le Togo affichent les meilleurs ratios en termes de disponibilités en lits d’hôpitaux. Ces niveaux sont assez éloignés des standards affichés par les pays développés et ceux émergents.

Environnement des affaires

L’environnement des affaires est très complexe à mesurer mais constitue un des signaux les plus déterminants dans l’attrait des investissements directs étrangers. Afin d’avoir une vue d’ensemble de l’état de ce facteur institutionnel crucial, nous utilisons comme proxy l’indice de facilité à entreprendre qui pourrait synthétiser la plupart des contraintes liées à l’environnement des affaires auxquelles font face les investisseurs.

Cet indice de facilité à entreprendre est capté par le nombre de jours requis pour ouvrir une société. Ainsi les pays de la région dans lesquels le nombre de jours requis pour ouvrir une entreprise est le moins élevés sont le Ghana, le Nigéria, la Gambie et le Cap-Vert.

Infrastructures et offre de facteurs techniques de production

Les routes constituent un des biens publics les plus indispensables dans le déploiement du capital privé. Si nous utilisons comme proxy la densité routière afin d’apprécier les dotations relatives en infrastructures des pays, les « bons élèves » en termes de réseau routier sont respectivement le Cap-Vert, la Gambie, le Ghana et la Côte d’Ivoire. Ces pays affichent les niveaux de densités routières les plus élevés.

Bien plus que leur coût, l’accès aux facteurs techniques de production (électricité, eau) constitue un frein majeur à l’expansion de l’initiative privé dans la région ouest africaine. En particulier, beaucoup de pays de la région sont confronté depuis plusieurs décennies à de graves crises énergétiques. Ces difficultés sont généralement exacerbées par les fluctuations qui interviennent sur le marché du pétrole où le prix du baril atteint parfois des niveaux difficilement soutenables.
L’examen de la capacité d’offre d’électricité dans la région atteste que seuls quelques pays semblent dégager des surplus. Ce potentiel de production est, parfois, amoindri par la vétusté du réseau qui induit d’importantes pertes ; ce qui réduit substantiellement l’offre effective d’électricité.

Conclusion

L’examen des tendances lourdes des flux d’APD et d’IDE attestent que le poids relatif de ce dernier est relativement plus faible. Cette faiblesse des flux d’IDE expliquent, en partie, les bas niveaux de taux d’investissement observés dans la région. En conséquence, les niveaux de croissance du Pib et du Pib/tête demeurent relativement modestes. Par ailleurs, des niveaux modestes de croissance ne favorisent pas un relèvement de l’assiette fiscale et, par conséquent, contribue à accroître le taux de dépendance des Etats vis-à- vis de l’APD contribuant ainsi à entretenir un cercle vicieux. Il est donc nécessaire d’augmenter de façon plus vigoureuse le rythme de création de richesse au sein de la région. Il est vrai qu’un quart de milliards d’habitants, en majorité constitués de pauvres pourrait représenter un handicap. Toutefois, il représente également un quart de milliards de potentiels consommateurs de la région qui pourraient être d’un enjeu majeur pour des firmes en compétition et en quête perpétuelle de marchés à la marge dans un contexte de globalisation. En conséquence, il urge de transformer les contraintes de la région en opportunité. A cette fin, il est important de réduire au mieux voir d’éliminer les facteurs de répulsions aux IDE et affaires et donc :

- de relever significativement les taux de scolarisation et le niveau de couverture sanitaire,
- de densifier la région en en infrastructures,
- d’assurer l’accès aux facteurs techniques à bas coût,
- d’améliorer le climat des affaires et d’éliminer toutes ces faiblesses qui forcent nos économies à opérer en- dessous de leurs frontières de production.

1 Pour l’APD, la moyenne est calculée sur la période 1965-1979
2 Exprimé en dollar constant de l’année 2000.

This article is published under
3 September 2010
Passer de la CEDEAO des Etats à celle des peuples est l'objectif que s'est fixé la sous-région ouest africaine à l'horizon 2020. Cet objectif serait la matérialisation de ce qu'il est convenu d'...
Share: 
3 September 2010
1. Introduction L'agriculture est au centre d'une controverse dans le processus de développement en Afrique de l'Ouest. Ce secteur mobilise 60% de la population et représente 40 % du PNB régional...
Share: