La conférence internationale de Maurice : Les petits Etats insulaires plaident pour les prises en compte de leur vulnérabilité

20 January 2005

Quelques jours après cataclysme qui a secoué plusieurs pays asiatiques, l'Ile Maurice a accueilli sur son sol la conférence internationale sur les petits Etats insulaires en développement (PIED ou SIDS en anglais) du 10 au 14 janvier 2005.

Tenue sous les auspices de l'Organisation des Nations Unies en présence de son secrétaire général, Monsieur Koffi Annan, la conférence marque les dix ans du programme de la Barbade, qui a été adopté pour pallier les faiblesses et favoriser le développement des petits Etats insulaires. Cette conférence de l'ONU a été l'occasion pour les différents participants ( une quinzaine de chefs d'Etat et de gouvernement, un nombre important de ministres, de représentants de gouvernements et d'institutions des Nations Unies et de la société civile) de se pencher entre autres sur le rôle du commerce dans le développement.

Les changements climatiques, la montée du niveau de la mer, les accès aux marchés pour les produits des petits Etats, leurs besoins en énergie, l'accès aux nouvelles technologies, le Sida, la Malaria et le développement touristique qui se posent au développement des petits Etats insulaires, ont fait l'objet d'âpres discussions. Après cinq jours de travaux, la conférence s'est terminée avec l'adoption de deux documents : la Déclaration de Maurice en 20 points et le document de stratégie pour l'application continue du programme d'action sur le développement durable des PIED en 100 points.

La déclaration a réaffirmé la validité continue du programme de la Barbade jetant la base fondamentale du développement durable des PIED. Les participants y ont par ailleurs réitéré leur engagement sur les principes de la Déclaration de Rio sur l'environnement et le développement autant que leur détermination à appliquer le programme de la Barbade pour la réalisation des objectifs de développement du millénaires. Pour eux la vulnérabilité, la fragilité et la précarité des petits Etats avaient déjà été mises en évidence par la succession de cyclones et de tempête en Haïti, à la Grenade et dans d'autres îles tant dans les Caraïbes que dans l'océan indien et l'océan pacifique. Ils recommandent donc pour prendre les devants, de renforcer la coopération internationale et les partenariats pour asseoir des systèmes d'alerte précoce régionaux. Le secrétaire général de l'ONU parle même de " la nécessité d'établir un système d'alerte mondiale qui couvrirait non seulement les tsunamis mais aussi tous les autres phénomènes dangereux, telles que les ondes de tempêtes et de cyclones "

Tout en reconnaissant les efforts consentis pour la réalisation d'un développement durable au sein des PIED, les participants ont de surcroît exprimé le besoin de revigorer le système multilatéral avec comme soubassement la primauté du droit international. L'accent a été mis sur les nécessités commerciales relatives au développement de ces petits Etats. En effet, déjà pour ce qui concerne les préférences commerciales, lors des réunions informelles, les petits Etats insulaires ont émis l'idée du prolongement de ces préférences dans la mesure où celles-ci s'érodent en conférant aucun avantage. De même, ces pays ont mis en avant la différence de compréhension du principe des préférences commerciales de la part des pays développés en particulier les USA, l'UE, le Japon et l'Australie. Estimant que les pays développés assujettissent tout traitement préférentiel au respect du principe de la nation la plus favorisée, les petits pays insulaires voudraient convaincre l'OMC de prendre en considération leur statut particulier et leur niveau de développement en matière de préférences commerciales.

Le second document est la stratégie de Maurice pour l'application du programme d'action sur le développement durable des PIED. Même si les avancées ont été soulignées, des désaccords sur certains points relatifs au développement durable persistent encore. Il s'agit notamment du changement climatique et du transport des déchets nucléaires. Pour ce dernier point, certains pays souhaitent un arrêt de ce trafic dans les régions où se trouvent les PIED alors que d'autres défendent la position de l'encadrement juridique du phénomène.

Sources : www.allafrica.com & www.un.org

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