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NOUVEAU
TEXTE EN GESTATION
Les négociations
restent bloquées, en ce troisième jour de la Conférence
ministérielle de Hong Kong. Des efforts sont néanmoins en
cours pour étoffer le projet de déclaration. A la demande
du directeur général de lOMC, Pascal Lamy, plusieurs
Membres ont proposé de nouveaux textes sur quelques questions spécifiques
dans les discussions sur lagriculture, laccès aux marchés
pour les produits non agricoles (AMNA) et le développement. Ces
présentations ont été débattues lors dune
réunion dans la Green Room qui sest poursuivie
jusquaux premières heures de la journée du vendredi.
Durant la rencontre, un projet de texte sur laccès aux marchés
en franchise de droits et sans contingents pour les exportations des pays
les moins avancés (PMA) a été présenté
aux Membres. Il nexclurait aucun pays, mais contiendrait des exemptions
limitées pour certains produits.
Dans le même temps, des clivages sont en train dapparaître
entre certains pays sur la question de savoir comment poursuivre les négociations
sur les services du Cycle de Doha. La nouvelle formulation de lannexe
sur les services du projet de déclaration, proposée par
un groupe de pays en développement, semble franchir certaines des
lignes rouges tracées par lUE. Selon des sources,
lincapacité à décider quoi faire de lannexe
sur les services pourrait même devenir un obstacle significatif
à linstauration dun consensus à Hong Kong.
Lamy demande des textes
Sur la
base des discussions dans la Green Room entre près
de 25 délégations, mercredi soir, M. Lamy a identifié,
dans les négociations sur lagriculture, 13 domaines dans
lesquels, à son avis, les Membres pourraient être en mesure
de développer le projet de déclaration ministérielle,
et a demandé aux Membres de rédiger et de présenter
des apports éventuels au texte.
Concernant la concurrence à lexportation, ces questions comprenaient
une date butoir pour lélimination totale des subventions
à lexportation ; le calendrier de lélimination
; et un accord sur laide alimentaire, sur certaines formes de crédit
à lexportation et sur les entreprises commerciales étatiques
exportatrices. Sur le soutien interne, M. Lamy a identifié le nombre
de fourchettes pour les réductions, les seuils de ces fourchettes,
et la portée de la réduction dans le soutien total ayant
des effets de distorsion des échanges. Pour ce qui est de laccès
aux marchés, le plus controversé des trois piliers,
il a été demandé aux Membres de faire des propositions
sur le nombre de fourchettes dans lesquelles classer les tarifs dans le
but de les réduire ; sur le traitement à accorder aux produits
sensibles (que les pays développés et les
pays en développement peuvent désigner pour un traitement
tarifaire spécial) ; les produits spéciaux (disponibles
uniquement pour les pays en développement) ; le mécanisme
de sauvegarde spéciale ; et lérosion des préférences.
Le texte du projet de déclaration aborde déjà certaines
de ces questions, en citant, par exemple, des hypothèses
de travail sur trois fourchettes pour le classement des subventions
internes et quatre fourchettes pour les tarifs.
Toujours lors de la réunion en Green Room de mercredi soir, les
Membres ont identifié 9 domaines des négociations sur lAMNA
sur lesquels présenter des textes : la formule, les coefficients,
les valeurs relatives des coefficients, les pays du paragraphe 6
(c'est-à-dire ceux dont les lignes tarifaires consolidées
sont inférieures à un certain pourcentage et qui peuvent
donc prétendre à une exemption des abaissements tarifaires,
aux fins du mandat de lAMNA, énoncé dans le Cadre
de laccord de juillet 2004), les flexibilités accordées
aux pays en développement aux fins du paragraphe 8,
dautres formes de traitement spécial et différencié,
lapproche mark-up pour les tarifs non consolidés,
les initiatives de libéralisation sectorielles et le niveau relatif
dambition dans lagriculture et lAMNA.
Le ministre du commerce de Guayna, Clement Rohee, qui facilite les discussions
sur le développement, avait également demandé aux
Membres de proposer de nouveaux textes, en particulier un projet de décision
éventuel sur laccès aux marchés en franchise
de droits et sans contingents pour les exportations des PMA.
Les facilitateurs et M. Lamy continuent de traiter les présentations
des Membres. De nouveaux textes sur lagriculture et lAMNA
sont attendus durant la journée de vendredi.
En dépit de la démarche large visant à étoffer
le projet de déclaration, le facilitateur de lagriculture,
Mukhisa Kituyi, ministre du commerce et de lindustrie du Kenya,
a annulé une session plénière fixée au jeudi,
après avoir mené des consultations qui lont conduit
à conclure que les Membres étaient toujours trop divisés
pour quune telle réunion en vaille la peine. Durant la rencontre
des chefs de délégation, jeudi soir, il a exhorté
les Membres à présenter le plus tôt possible leurs
révisions du projet de déclaration. Le ministre du commerce
pakistanais, Humayun Akhtar Khan, a fait une évaluation aussi sombre
des discussions sur lAMNA, sur la base des consultations quil
avait menées. Khan a déclaré, lors de la réunion
des chefs de délégation, que les Membres restaient campés
sur leurs positions, en courant même le risque de régresser.
Services : le G-90
introduit une nouvelle annexe
Le G-90, qui comprend
le groupe des pays dAfrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP),
le groupe des PMA et lUnion africaine, a fait circuler, jeudi soir,
une annexe alternative sur les services pour la déclaration. Le
texte, qui sappuie sur une proposition antérieure présentée
par le groupe de lASEAN (Association of Southeast Asian Nations),
modifie le langage prescriptif et obligatoire du texte du président
qui est actuellement lannexe C du projet de déclaration.
Il abandonne également la référence faite dans le
texte initial à un rapport contenant des objectifs modaux et sectoriels
exposés par les Membres un rapport que certains pays du
G-10 avaient critiqué car reflétant essentiellement les
préoccupations des pays développés.
Les objectifs qualitatifs énoncés par le G-10 diffèrent
quelque peu de ceux de lannexe initiale, dans la mesure où
il est demandé aux Membres daméliorer leurs engagements
dans les 4 modes de fourniture, au lieu de lier leur engagements à
leur niveau actuel daccès aux marchés. Le nouveau
texte renforce les références aux intérêts
des pays en développement, en exhortant à une libéralisation
accrue en ce qui concerne le mode 4 (qui cible le mouvement transfrontières
des fournisseurs de services), non liée à la présence
commerciale et aux « secteurs qui intéressent les pays en
développement du point de vue des exportations. » Le paragraphe
de texte initial qui obligeait les Membres à sengager dans
des négociations plurilatérales de présentation de
demandes et doffres a été remplacé par une
disposition au titre de laquelle de telles négociations «
peuvent également être menées », et les modalités
énoncées pour les négociations plurilatérale
sont été supprimées.
En début de journée, un négociateur dun pays
en développement avait indiqué que lUE, les États-Unis
et M. Lamy exerçaient « des pressions considérables
» sur certains pays du G-90, dans des réunions privées
informelles, pour les dissuader de rechercher des amendements à
lannexe sur les services dans le projet de déclaration. Notant
que lUE avait averti, lors de réunions bilatérales,
quil ny aurait pas de Déclaration ministérielle
si lannexe était affaiblie, le diplomate a laissé
entendre que lUE se servait des services pour éviter de prendre
des engagements substantiels dans lagriculture. M. Lamy, également,
leur avait signifié quen exigeant des modifications à
lannexe, ils pourraient éventuellement compromettre la réunion
de Hong Kong. Les États-Unis auraient conseillé aux responsables
de certains pays du G-90 basés dans les capitales de ne pas faire
pression pour apporter des changements au texte ministériel.
Un responsable de lUE a affirmé, mardi matin, que «
nous ne pouvons accepter aucun affaiblissement du texte actuel ».
Il a déclaré que la préférence de lUE
serait de rendre le texte plus ambitieux. Si les ministres nétaient
pas en mesure dadopter lannexe C à Hong Kong, a-t-il
poursuivi, « la déclaration serait inutile du point de vue
des services. »
Dans le même temps, quatre pays en développement Indonésie,
Philippines, Venezuela et Afrique du sud ont transmis au facilitateur
des services, Kim Hyun-Chong, ministre du commerce de Corée, une
lettre qui mettait essentiellement laccent sur le fait que lannexe
sur les services nest pas un texte convenu, et quil serait
donc prématuré de ladopter dans sa forme actuelle.
Le G-20 : Les subventions
à lexportation peuvent donner un résultat positif
à Hong Kong
Le G-20 a mis laccent
avec force, lors dune conférence de presse, sur le fait que
la fixation dune date butoir pour les subventions à lexportation
était un des rares résultats positifs possibles sur lagriculture,
à Hong Kong. Les représentants du groupe des pays en développement
ont déclaré quun accord sur une telle date enverrait
au public un signal fort à lattachement des Membres de Doha
au Cycle de Doha. Ils ont également noté que la plupart
des pays, développés et en développement, avaient
approuvé la date de 2010 pour achever lélimination.
LUE et la Suisse sétaient toutefois opposés
à la fixation dune telle date, durant une réunion
en Green Room, mercredi soir. Pour répondre à
leurs préoccupations, le G-20 a suggéré que la date
délimination soit mise entre crochets dans la Déclaration
ministérielle de Hong Kong, la suppression de ces crochets étant
subordonnée à un accord sur dautres formes
de soutien à lexportation. Ceci a fait lobjet dun
débat, jeudi soir, mais lUE a continué à sy
opposer, de même que la Suisse, bien que dans une moindre mesure.
LEnsemble
du développement
Le texte du projet
de décision sur laccès aux marchés pour les
PMA, remis aux Membres dans la Green Room, jeudi soir, élargirait
laccès en franchise
de droits et sans contingents à tous les PMA de manière
« durable » - bien que non liée formellement. Il permettrait
toutefois aux Membres dexempter
un certain pourcentage de lignes tarifaires désignées de
manière autonome de lobligation daccorder un accès
complètement libre aux marchés.
Limportance de cette réserve diminuerait progressivement.
La date de mise en uvre du régime a également été
laissée ouverte.
Les délégations nont pas eu le temps de discuter de
la proposition lors de la réunion et poursuivront les discussions
sur ce sujet, vendredi.
Laccès en franchise de droits et sans contingents, exigé
de longue date par les PMA, a occupé la plus grande partie des
négociations sur lensemble du
développement que les Membres ont en ligne de mire depuis
quils ont convenu dabaisser leurs ambitions dans lagriculture,
lAMNA et les services, les domaines daccès aux marchés
clés des négociations. Plusieurs diplomates du commerce
ont toutefois indiqué, jeudi, quune fois cette question réglée,
ils prendraient en compte les sujets qui intéressent tous les pays
en développement. Le G-20, ainsi que le groupe plus large de pays
en développement du G-90, ont averti que tout ensemble
du développement adopté à Hong Kong devait apporter
des avantages concrets au lieu de se contenter de formuler des déclarations
de bonnes intentions.
Biens
environnementaux : lInde critique lapproche fondée
sur des listes
LInde a publié,
jeudi, une déclaration où elle expose son opposition à
lapproche dite fondée sur des listes de la libéralisation
des échanges dans les biens environnementaux, car elle nest
pas dans lintérêt des pays en développement.
Les Membres seraient tenus de dresser une liste de biens environnementaux,
convenue de manière multilatérale, en vue dune libéralisation
rapide, aux fins du paragraphe 31(iii) de la Déclaration de Doha.
Au cours des négociations de la Session spéciale du Comité
du commerce et de lenvironnement, lInde a préconisé
un approche de « projet environnemental » alternatif, au titre
de laquelle laccès aux marchés pour les biens et services
associés à un projet particulier serait temporairement libéralisé
pour une période de temps spécifique, approuvée par
une autorité nationale désignée. La plus spécifique
des deux alternatives entre crochets, présentées dans le
projet de déclaration, en ce qui concerne le traitement des biens
environnementaux, adopterait effectivement lapproche fondée
sur des listes.
Accession de Tonga
à lOMC
La Conférence
ministérielle a approuvé, jeudi après-midi, les termes
daccession de Tonga, à la suite dun long processus
qui avait débuté en 1996. Tonga devient ainsi le 150ème
Membre de lOMC, juste après lArabie saoudite, qui a
accédé le 11 décembre. Dans une déclaration
à la plénière, le ministre du travail, du commerce
et des industries de Tonga a fait référence au long périple
du processus daccession.
En tant que Membre de lOMC, Tonga rejoint dautres Iles du
Pacifique sud : Fidji, la Papouasie Nouvelle-Guinée et les Iles
Salomon. LOrganisation caritative Oxfam International avait publié
une déclaration controversée sur le processus tortueux daccession
à lOMC pour les petits États insulaires du Pacifique
sud, en déclarant que laccession appauvrirait ce pays. Tonga
a mis laccent sur le fait que ne pas faire partie de lOMC
nétait « simplement pas une option », sur la
base de lexamen des pour et des contre de ladhésion.
Juste avant la Conférence ministérielle de 2001, après
avoir achevé lensemble du processus daccession, Vanuatu
un autre État insulaire du Pacifique sud avait décidé
de ne pas devenir Membre de lOMC, prétendument pour des «
raisons techniques » .
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