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Processus
de négociation
Cinq groupes de négociation devraient
être mis en place au cours de la Conférence ministérielle. Ceux-ci
pourront, si nécessaire, être divisés en sous groupes. Chacun sera
présidé par un pays différent. Le groupe sur l'agriculture sera
vraisemblablement présidé par Singapour, celui sur l'accès aux
marchés par le Lesotho, celui sur les nouveau thèmes, par Kong Kong
et celui sur la mise en oeuvre et les règles par le Brésil (bien que
le Brésil risque de refuser). Quant au groupe sur les questions
systémiques (transparence et relations avec la société civile), il
devrait être présidé par le Chili. Les quatre premiers groupes ne
seront pas mis en place avant mercredi et le cinquième avant
jeudi.
Bien que la procédure de négociation
reste à déterminer, il semble que chaque groupe sera composé de 15 à
20 pays environ. Ceux-ci ne seront pas nécessairement les mêmes d'un
groupe à l'autre. La participation semble surtout déterminée par le
poids économique, et les intérêts particuliers des pays pour un
thème donné. Si un consensus emerge d'un groupe de travail, il sera
discuté dans la . chambre verte. (green room) composée de 15 à 20
gouvernements représentant les différentes régions et les différents
niveaux de développement. Puis, le concensus sera présenté au reste
des membres de l'OMC.
Alors que le processus de rédaction de la déclaration
ministérielle semble bloqué, à quelques heures du lancement de la
Conférence, plusieurs délégations ont tenu une série de réunions
informelles. Parmi celles-ci, l'Union Européenne qui s'apprête à
proposer, avant l'arrivée de Bill Clinton, prévue pour mércredi, une
nouvelle version de la déclaration ministérielle, avec le soutien
d'une série de pays dont la Suisse, le Japon, la Corée, ainsi que
les pays d'Europe centrale et de
l'est.
Symposium
des ONG
Le symposium des ONG, organisé á la
veille du lancement de la ministérielle, pour les gouvernements et
les ONG acréditées auprès de l'OMC, a été retardé de trois
heures suite á une opération des forces de sécurité soupçonnant que
l'entrée du Washington State Convention and Trade Centre avait été
forcée pendant la nuit. Au cours de la réunion, plusieurs orateurs
de haut niveau se sont succédés - la plupart plaidant en faveur du
système commércial multilatréral et d'un nouveau cycle de
négociations – ainsi qu'un petit groupe d'ONG qui se sont exrpimées
de manière critique sur l'OMC et la mondialisation.
Le Directeur Général de l'OMC, Mike
Moore a farouchement défendu le rôle que joue, selon lui, le système
commercial multilatéral pour assurer la stabilité, la croissance et
un ordre économique basé sur des règles. Clare Short, Secrétaire
d'Etat britanique pour le dèveloppement international a, pour
sa part, rappelé la nécessité de mettre en place un système
commercial plus équitable, permettant de réduire le fossé entre
riches et pauvres, dans un monde où le revenu des 225 milliardaires
correspond á celui du 47% de la population mondiale.
En pratique, cependant, la principale
contribution que pouvait faire l'OMC était d'accorder aux pays les
moins avancés un tarif 0 sur toutes leurs importations tout en
revitalisant les programmes d'assitance téchnique et de renforcement
des capacités. Charlene Barshefsky, la représentante américaine pour
le commerce, a pour sa part, mis l'accent, tant lors du symposium
que lors de sa première Conférence de presse á Seattle, sur la
nécessité d'accroitre la transparence et la participation de la
société civile aux travaux de l'OMC, afirmant que “la principale
menace á la libéralisation des échanges était l'absence de soutien
de la population”. Elle s'est également prononcée pour un examen
dans le cadre de l'OMC des liens existant entre la libéralisation
des échanges et l'environnement. Finalement, elle a préconisé la
mise en place d'un groupe de travail sur le commerce et les normes
sociales, tout en admettant qu'il s'agissait là d'une des questions
les plus controversées sur l'agenda de la ministérielle.
Lors de la discussion qui a suivi les
diverses présentations, il s'est rapidement avéré que la plupart des
participants n'étaient pas convaincus. Martin Khor du réseau du
tiers monde (Third World Network) a présenté les points principaux
de la déclaration des ONG de Seattle, signée par plus de 3000
représentants de la société civile et présentée lundi. Celle-ci
demande de réviser le contenu des divers accords et leur mise en
oeuvre, de réparer les inégalités mises en lumière lors de la
révision et de réformer les structures de prise de décision et de
fonctionnement interne de l'OMC. Selon la déclaration, aucun nouveau
thème ne devrait être ajouté au programme incorporé comprenant
l'agriculture et les services, tant que le processus de révision,
réparation et réforme n'a pas été mené à bout. Il serait malhonnête
de parler de “development round” si de nouveaux engagements en
matière de libéralisation étaient pris avant d'avoir abordé la
question de la mise en oeuvre. A l'instar des gouvernements des pays
en développement, la déclaration montre du doigt les accords sur
l'agriculture, les ADPIC, l'accord sur les MIC, les subventions
ainsi que les mesures anti-dumping et demande qu'ils soient
renégociés.
Les intervenants de la société civile
ont également dénoncé le peu de temps laissé á la discussion et le
choix des orateurs dans la mesure où il ne reflétait pas les divers
points de vue existant sur la question. De nombreux intervenants ont
également souligné que l'opposition á l'OMC n'était pas le fruit de
l'ignorance - comme le prétendent souvent les milieux du commerce
international - mais de l'observation des impacts sociaux et
environnementaux des accords du cycle d'Uruguay. Plusieurs ONG ont
dénoncé la détérioration des conditions de travail, en particulier
pour les femmes. Elles ont également critiqué les effets négatifs
des ADPIC (brevêts pour une période de 20 ans, remplacement de la
recherche publique par la recherche privée, frein au développement
économique) et ont demandé un meilleur accès aux médicamments de
base rendus plus chers suite á la mise en oeuvre les ADPIC. D'autres
critiques ont été émises á l'égard du système comercial lui même, du
manque de transaprence et de participation de la société civile et
du rôle démesuré des entreprises multinationales dans les
négociations. Plusieurs gouvernements, s'exprimant lors d'autres
réunions dans le cadre de la Conférence de Seattle, ont néanmoins
fait remarquer que la plupart des pressions extérieures dans la
préparation de la Conférence sont venues des ONGs - souvent très
opposées á un nouveau cycle de négociations - et pas tellement
des secteurs économiques, traditionellement en faveur d'une
libéralisation accrue des échanges.
Pour de plus amples informations
concernant le Symposium, voir “The Seattle Symposium on
International Trade Issues in the First Decades of the Next Century”
rapport préparé par l'Institut International pour le Développement
Durable: http://www.iisd.ca/linkages/
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Réunion
des Ministres Africains
A
l'initiative de l'OUA (Organisation de l'Unité Africaine) le Groupe
africain s'est réuni hier 28 novembre pour harmoniser ses positions
en vue de sa participation à la troisième Conférence ministérielle
de l'OMC. La réunion a pris comme documents de référence ceux
d'Alger , de septembre 1999 , et de Genève élaboré plus tard.
Alors que la plupart des délégations
présentes se sont accordées sur le fait de ne pas accepter d'élargir
les négociations à des nouveaux sujet, l'Afrique du Sud, soutenue
par certains pays, a conseillé au Groupe africain d'accepter
d'étendre les négociations au delà du programme incorporé. Deux pays
ont demandé que l'Afrique « aborde ces négociations de manière
positive » et que le Groupe accepte l'idée d'un « round de
développement ». Notons que cette idée de « round de développement »
est celle proposée par la Grande Bretagne face à la résistance des
pays du Sud à accepter l'élargissement des négociations à de
nouveaux thèmes (voir point de vue d'Africa Trade Network sur cette
question).
La Tanzanie a proposé d'adopter une
attitude pragmatique et une position « raisonnable, négociable, et
acceptable » , et de mettre en avant les questions que l'Afrique
doit, dans son intérêt, négocier. L'Egypte a pour sa part
regretté l'inexistance d'un plan alternatif permettant d'échapper
aux contraintes qu'imposent à l'Afrique les solutions en présence.
L'Egypte a insisté sur la nécessité de définir une position commune
de négociation et d'articuler les différents points de vue, de
mettre en oeuvre un mécanisme de coordination et de compte
rendu.
L'Egypte, tout comme le Zimbabwé , a
identifié les trois points les plus importants pour le continent, à
savoir l'agriculture, l'évaluation de la mise en oeuvre des accords
existants, et l'accès aux marchés , ainsi que les points
inacceptables que sont les nouvelles questions, et les normes du
travail .
Le Zimbabwé a émis des réserves sur
l'efficacité d'un surcroît de libéralisation des échanges, ainsi que
sur son impact potentiellement négatif sur les économies africaines
. Par ailleurs, le Nigéria ainsi que plusieurs autres pays ont
proposé qu'une demande formelle soit adressée à l'OMC afin d'obtenir
une dérogation pour la Convention de Lomé , dont le renouvellement
devrait intervenir en février prochain.
Pas de promesses sur la mise
en oeuvre. Les positions concernant l'accès des pays les moins
avancés progressent
En dépit d'une vibrante rhétorique en
faveur d'un "cycle de développement" ou d'une meilleure intégration
des pays en voie de développement dans le système commercial, les
réponses des gouvernements aux questions spécifiques concernant la
mise en oeuvre des accords existants de l'OMC demeurent
évasives. Jusqu'ici, ni les pays développés du Groupe de
Cairns, ni les Etats-Unis ou l'Union européenne n'ont montré leur
volonté de répondre aux demandes mises en avant par les pays en
développement en ce qui concerne l'exemption des obligations
contractées lors du cycle de l'Uruguay ou l'extension des dates
limites pour le respect des engagements.
Au contraire, lundi, lors d'un point de presse, les Etats-Unis
ont répété que l'accélération de l'engagement de libéralisation
du secteur textile et anti-dumping n'étaient plus à l'ordre
du jour; et que les Accords sur les ADPIC avaient suffisament
de flexibilité pour tenir compte du problème de l'accès aux
médicaments essentiels ou de celui du brevetage des formes de vie.
Selon le Commissaire au commerce de l'Union européenne, Pascal Lamy,
l'UE s'oppose également à la renégociation . des règles de
base. du système commercial multilatéral, mais reconnait que leur
mise en oeuvre avait été problématique dans certains domaines et
pourrait être abordée dans le contexte d'un nouveau cycle de
négociation. L'EU a prudemment écarté les textiles des discussions,
mais a maintenu ouverte la possibilité d'aborder les règles
anti-dumping. Les membres developpés de l'OMC devraient annoncer
dans les jours à venir une initiative en faveur des pays les moins
avancés. Une telle initiative va consister en l'application d'une
franchise à l'exportation avec toutefois une importante exception:
la franchise portera sur essentiellement tous les produits, ce
qui laisse entendre que les produits les plus sensibles, qu'ils
soient agricoles ou des textiles, en resteraient exclus.
L'initiative en question consistera
probablement à consolider à l' OMC les tarifs préférentiels
existants sous le système de préférences généralisées des pays
membres développés. Une telle opération rendra plus difficile
tout retrait bilatéral des préférences ainsi que toute
conditionalité pouvant y être liée.
Groupe de Cairns: ligne dure
sur l'agriculture
Le Groupe de Cairns des pays
exportateurs de produits agricoles se sont montrés confiants de
pouvoir obtenir des “progrés réels et significatifs” dans le
démantelement des obstacles comerciaux agricoles lors des
négociations. A l'issue d'une réunion avec le Secrétaire d'Etat
américain á l'agriculture Dan Glickman, un représentant du Groupe a
déclaré que les Etats-Unis “sont totalement du côté du Groupe de
Cainrs et veulent l'élimination des subventions á l'exportation.
Cette réunion, présidée par le Ministre australien du commerce Mark
Vaile, a renforcé la position du Groupe consistant á considérer
l'agriculture comme n'importe quel autre secteur. Le Groupe n'a
cependant pas encore adopté une position commune en ce qui concerne
la biotechnologie. Certains membres, comme le Canada, préconisent la
création d'un groupe de travail sur la biotechnologie et les liens
avec l'OMC alors que d'autres préfèrent voir cette question réglée
dans le cadre du protocole sur la biosécurié. Les représentants du
Groupe de Cairns devraient rencontrer Dan Glickman le 30 novembre
pour discuter de la question.
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Cette publication a été produite par l'ICTSD en collaboration avec: ICTSD: Lucas Assunçao, Christophe Bellmann, Hugo Cameron, Andrew Crosby, Joe DiMauro, Dara Edmonds, Oscar Haro, Anja Halle, Miguel Jiménez-Pont, Ricardo Meléndez-Ortiz; ENDA-Tiers Monde: Taoufik Ben-Abdallah; FFLA: Nicolas Lucas; autres: Robin Rosenberg (North-South Center), Joost Hilkenmeijer, Aimee Christensen, et David Franklin.
Pour de plus amples informations, contactez l'ICTSD au 13, ch. des Anémones, 1219 Geneva, Switzerland; tel: (41-22) 917-8492; fax: 917-8093; e-mail: ictsd@ictsd.ch .
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