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Biotechnologie: la Commission mise sur le grille Les représentants européens étaient visiblement
embarassés par les questions qui leur ont été posées concernant le
changement de position de l'Union européenne (UE) sur la mise en
place d'un groupe de travail sur la biotechnologie. Plusieurs
journalistes et ONG ont même mis en doute l'autorité de la
Commission de faire une telle proposition qui a surpris non
seulement le public mais également les membres l'UE. Ce qui est en
cause est la proposition de l'UE de créer un groupe de travail
devant examiner les relations entre le commerce, le développement,
la santé, l'environnement et la protection des consommateurs dans le
domaine de la biotechnologie. Les Ministres de l'environnement de la
France, du Royaume Uni, de l'Italie, du Danemark et de la Bélgique
ont immédiatement réagi en plubliant un communiqué. Celui-ci déclare
que les négociations sur le protocole de biosécurité - le seul forum
dans lequel cette question devait être abordée – seraient menacées
par l'établissement d'un tel groupe de travail. Cela pourrait en
effet subordonner les négociations au processus en cours à l'OMC ce
qui constituerait un précédent dans les relations entre l'OMC et les
accords multilatéraux sur l'environnement.
Les spéculations allaient bon train
quant à ce que l'UE avait obtenu en échange d'un groupe de travail
sur la biotechnologie qui était essentiellement poussé en avant par
les Etats-Unis et le Canada, tous deux membres du Groupe de Miami.
Selon des sources proches des négociateurs, l'UE aurait pu
s'attendre, en contrepartie, à moins de restistance de la part des
Etats-Unis sur la question du principe de précaution auquel l'UE
tient beaucoup.
Intérrogé à maintes reprise sur la
question, le Commissaire européen à l'agriculture, M. Fischler s'est
montré très embarassé et n'a pas répondu. Un communiqué de presse de
l'UE – pas encore publié – semble vouloir appaiser les esprits et
expliquant davantage l'objectif du groupe de travail. Celui-ci
précise que “l'Europe n'est pas demandeur” d'un tel groupe précise
le communiqué. Il ajoute que la priorité reste la conclusion rapide
du protocole sur la biosécurité.
Nouvelles
des groupes de
négociation
Tous les groupes de négociation ont tenu hier
leur première réunion à l'exception du groupe systémique qui ne se
réunira que jeudi. Contrairement à ce que l'on pensait, toutes les
délégations ont finalement accès aux groupes de travail. Chaque
matin, se réunit également le “Committee of the Whole” qui rassemble
toutes les délégations avant qu'elles ne se séparent en groupe
de travail.
Les
discussions de la première séance du groupe de négociation sur
l'agriculture, qui s'est déroulée hier matin, se sont basées sur un
document de travail présenté par le président du groupe (Singapour)
reprenant á la fois le texte de la proposition de déclaration
européenne (voir ci-dessous), le texte du Groupe de Cairns appuyé
par les Etats-Unis et une partie de la déclaration du 19 octobre.
La
plupart des délégations ont surtout répété leur position et, á
l'heure actuelle, aucun consensus ne se dessine. Comme on
l'attendait, les principaux désaccords ont été entre l'Union
européenne (UE) d'une part, et le Groupe de Cairns avec les
Etats-Unis d'autre part. S'ils ont porté essentiellement sur des
questions de formulation, ils cachent néanmoins de profondes
différences de vue. La question du traitement spécial et différentié
et les questions d'importance pour les pays en développement -
sécurité alimentaire, développement rural, importateurs de produits
alimentaires - n'ont par contre pas fait l'objet de débats mais
seront discutées aujourd'hui. Ce qui explique peut-être pourquoi
ceux-ci n'ont pas participé activement aux
discussions.
Les
Etats-Unis et le groupe de Cairns veulent une intégration du secteur
agricole aux régles et disciplines de l'OMC mais l'UE insiste sur le
statut particulier de l'agriculture. Dans cette otpique, elle veut
que les négociations se basent sur l'Article 20 de l'Accord sur
l'agriculture. Celui-ci reconnait le statut particulier du secteur
agricole même s'il prévoit de nouvelles réformes.
Sur
la question des subventions Cairns et les Etats-Unis demandent
l'élimination de toutes les subventions á l'exportation, alors que
l'Union européenne demande une réduction. De plus l'UE ne parle pas
de "subventions á l'exportation" mais "d'assistance á
l'exportation", pour couvrir également les mesures en vigueur aux
Etats-Unis dans ce domaine mais qui n'entrent pas strictement dans
la définition de subventions.
L'UE
parle également de la nécessité de tenir compte des préocupations
non comerciales (non trade concerns) comme le rôle multifonctionel
de l'agriculture - les questions de protection des zones rurales, de
l'environnement, de la qualité des produits agricoles, de la
sécurité alimentaire et de la protection des animaux. Les Etats-Unis
et le Groupe de Cairns, par contre, ne veulent pas entendre parler
de multifonctionalité, un terme qu'ils jugent flou et qui pourrait
servir comme moyen d'élargir les exceptions á la libéralisation. Ils
estiment également que l'accord est déjà assez flexible pour adapter
ces préoccupations. Un nouveau document de travail est attendu
aujourd'hui.
Les
négociations du groupes sur la mise en oeuvre et les régles ont
suivi le même processus que celui sur l'agriculture et ont été
basées sur un document très long et détaillé. Parmi les thèmes
abordés, la possibilité de délais plus long, notamment pour les
ADPIC et les MIC et la renégociation de certains accord
(essentiellement sur les subventions, les textiles et les mesures
anti-dumping). Les discussions du groupe sur l'accès aux marchés
semblent plus faciles, surtout sur les services et, bien que le
document de travail discuté durant la réunion reste pour l'essentiel
entre crochet, plusieurs obsérvateurs estiment qu'il devrait être
possible d'arriver à un consensus. Quant au groupe sur les nouveaux
thèmes, les débats se sont concentrés sur l'investissement et la
concurrence. Les pays n'ont fait que répéter leur position et un
compromis parait plus improbable que jamais. Aujourd'hui, les
délégués devraient aborder des questions telles que l'environnement,
les marchés publiques et la
cohérence.
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