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Le Conseil
Général de l'OMC définit un cadre pour les
négociations en vue de la date butoir de fin juillet
Le Conseil général
de l'OMC s'est réuni les 17 et 18 mai derniers à Genève
pour examiner, entre autres, les progrès réalisés
dans les négociations dans le cadre du cycle de négociations
de Doha. Tenue dans le sillage des discussions au niveau ministériel,
en marge du Sommet de l'Organisation de Coopération et de
Développement Economiques (OCDE) des 13 et 14 mai, à
Paris, la réunion - à laquelle assistaient un certain
nombre de responsables de haut rang des capitales - a souligné
la nécessité de voir les engagements politiques mis
en uvre et traduits en propositions de textes concrètes
à Genève. Les Membres visent à conclure un
cadre intégré général pour les négociations
d'ici fin juillet de cette année, craignant, s'ils ne sont
pas en mesure de le faire, une perte d'impulsion due, entre autres,
aux élections présidentielles américaines et
à un changement de dirigeants à la Commission européenne.
En plus des
discussions sur les progrès du cycle de négociations
de Doha, les Membres ont entendu une présentation de la directrice
générale par intérim du FMI, Anne Krueger,
sur le Mécanisme d'intégration du commerce récemment
lancé ; et un certain nombre de pays en développement
ont réagi en s'interrogeant sur l'utilité qu'il pouvait
avoir pour eux dans son état actuel. Cuba, fortement appuyé
par la Chine, a critiqué des mesures récentes prises
par les Etats-Unis pour durcir l'embargo contre l'Etat insulaire,
en soutenant que ces mesures étaient incompatibles avec le
droit de l'OMC.
Le directeur
général souligne la nécessité de traduire
l'impulsion politique en travaux à Genève
Le directeur
général de l'OMC, Supachai Panitchpakdi, a fait rapport
au Conseil général sur les événements
récents, notamment sur la réunion tenue conjointement
avec le Sommet de l'OCDE. Le directeur général a également
attiré l'attention sur les prochaines réunions de
l'Union africaine, du G-90 et de l'APEC (Coopération économique
Asie-Pacifique). Supachai a noté, d'une manière générale,
une tendance à la convergence sur le fond des questions clés
et un nouveau sentiment de concentration et de détermination.
Il a toutefois averti qu'il restait beaucoup à faire à
Genève. Durant les dix semaines restantes d'ici fin juillet,
il a demandé aux Membres de travailler de manière
intense, sous la direction des présidents des groupes de
négociation. Il a mis l'accent sur la nécessité
de garantir la transparence durant cette phase des négociations,
et a déclaré qu'il convoquerait de manière
régulière des réunions informelles ouvertes
à tous, en gardant cet objectif à l'esprit. Il a ajouté
qu'il convoquerait également des réunions du Comité
des négociations commerciales. Il a mis l'accent sur le fait
que les résultats attendus en juillet devaient être
perçus dans le contexte du processus à long terme
et qu'il fallait certes mettre l'accent à présent
sur la date butoir à venir, mais qu'il y avait des questions
- telles que le calendrier et les critères - dont les Membres
traiteraient ultérieurement au moment approprié. Il
a conclu en déclarant que " Dans l'ensemble, nous avons
une ouverture, mais elle est étroite et est en train de se
refermer rapidement. Il est temps pour nous de passer à un
mode coopératif de résolution des problèmes
et de montrer au monde que Genève est en mesure d'apporter
des résultats significatifs ".
Le président
du Conseil général, Shotaro Oshima (Japon) a également
prié instamment les délégués de s'appuyer
sur l'impulsion politique récente et a déclaré
que dans le processus menant à fin juillet, il continuerait
de tenir des réunions avec les présidents et les délégations
dans différentes configurations et qu'il projetait de tenir
des réunions informelles des chefs de délégation
de manière régulière, la première le
1er juin. Concernant les thèmes de Singapour (investissement,
concurrence, transparence des marchés publics et facilitation
des échanges), il a noté un nouveau niveau de flexibilité
et invité les Membres à réagir sur ce sujet.
Le président
des négociations sur l'agriculture, Tim Groser (Nouvelle-Zélande)
est intervenu pour déclarer que les Membres étaient
sur le point d'élaborer un cadre sur l'agriculture. Il a
mis l'accent sur le fait que le texte devait être rédigé
à Genève et nulle part ailleurs ; que les contributions
pouvaient venir de n'importe lesquels des textes antérieurement
débattus ; que les négociations devaient démarrer
immédiatement et non lors des sessions spéciales prévues
du Comité de l'agriculture ; que le cadre ne comprendrait
pas encore de chiffres ; et qu'un équilibre devait être
trouvé entre les trois piliers agricoles (accès aux
marchés, soutien interne et subventions des exportations).
Réactions
des Membres
Un certain nombre
de Membres sont intervenus en réponse aux présentations
du directeur général et du président du Conseil
général. Les Etats-Unis ont noté une entente
accrue entre les Membres et ont appelé à une approche
pragmatique à ce stade, en mettant l'accent sur le fait que
le cadre de juillet devait être pris pour ce qu'il était
- juste une première étape dans un processus plus
long. Les Etats-Unis ont favorablement accueilli l'initiative récente
de l'UE sur l'agriculture, par laquelle l'UE avait manifesté
sa volonté d'éliminer les subventions des exportations
et ont déclaré qu'ils étaient prêts à
négocier les éléments de subventions de leur
système de crédit à l'exportation et les éléments
qui faussent les échanges dans leur programme d'aide alimentaire.
L'UE a mis l'accent sur le fait que les Membres devaient à
présent en venir à la négociation des détails
après que les ministres ont provoqué l'impulsion politique
pour faire avancer le Cycle de Doha. En ce qui concerne l'agriculture,
l'UE a noté qu'un accord équilibré devait être
trouvé entre tous les trois piliers et que les préoccupations
autres que d'ordre commercial devaient être incluses dans
cet équilibre. L'UE a également mis l'accent sur le
fait que les Membres les plus faibles ne devaient être tenus
de prendre que des engagements limités.
L'Inde a souligné
qu'il restait à aplanir des divergences fondamentales entre
les Membres, en particulier dans le domaine clé de l'agriculture.
L'Inde a également noté qu'en raison des élections
récentes et du changement de gouvernements dans ce pays,
il y aurait certains retards dans ses positions. Le Brésil
a favorablement accueilli la flexibilité récente dont
l'UE et les Etats-Unis ont fait preuve et a proposé que les
Membres travaillent ensemble pour arriver à une nouvelle
formule pour l'accès aux marchés dans l'agriculture
au lieu de voir le G-20 et le groupe de Cairns d'exportateurs de
produits agricoles proposer leur propre formule alternative. L'Australie
s'est fait l'écho de cet appel à la coopération,
consécutif au rejet par le G-20 et le groupe de Cairns d'une
approche qui avait la faveur des Etats-Unis et de l'UE. Le Japon
a appuyé le lancement de négociations sur la facilitation
des échanges et a préconisé que les trois thèmes
de Singapour restants soient traités dans leurs groupes de
travail respectifs à l'OMC. La Malaisie a remis en cause
le statut des thèmes de Singapour en notant que si les Membres
avançaient sur la facilitation des échanges, le sort
réservé aux trois autres thèmes était
peu précis. Le président Oshima a répondu que
les trois thèmes ne faisaient pas partie de l'initiative
prise comme un tout ou du Cycle de Doha, mais que rien n'empêchait
les Membres de remettre les thèmes sur la table.
Le Mécanisme
d'intégration du commerce controversé
Anne Krueger,
directrice générale par intérim du FMI, a présenté
le Mécanisme d'intégration du commerce récemment
lancé qui, selon elle, était destiné à
aider les pays en développement à s'adapter aux changements
entraînés par le Cycle de Doha. Elle a noté
que l'initiative était un exemple de la cohérence
accrue entre l'OMC, la Banque mondiale et le FMI et qu'elle visait
à d'aider les Membres à traiter des problèmes
de balance des paiements.
Un certain nombre
de pays en développement Membres, dont Maurice, le Bangladesh,
la Jamaïque et la Colombie, ont réagi défavorablement
au Mécanisme en notant, entre autres, que son orientation
vers la balance des paiements était trop limitée.
Les Etats-Unis, l'UE, le Japon et le Canada ont favorablement accueilli
le Mécanisme.
La prochaine
réunion du Conseil général est fixée
aux 27-28 juillet.
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