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Thèmes
de Singapour : des consensus se dessinent autour de la facilitation
des échanges.
Les consultations
formelles et informelles menées autour des thèmes
de Singapour depuis l'échec de Cancun semblent avoir pour
résultat de favoriser des convergences quasi irréversibles
en faveur de la facilitation des échanges. C'est en tout
cas le constat qui ressort d'une réunion informelle des chefs
de délégations tenue le 29 avril dernier sur ce sujet.
Selon des sources proches des négociations, les membres en
seraient même à une étape où ils pourraient
prendre des engagements formels pour démarrer les discussions
sur les modalités comme élément des dossiers
qu'ils espèrent boucler au plus tard en juillet.
De leur introduction
dans le programme de l'OMC en 1996 à ce jour, les thèmes
de Singapour (Investissement, Concurrence, transparence et facilitation
des échanges) n'ont jamais cessé de constituer des
pommes de discorde entre membres demandeurs, membres plus ou moins
" neutres " et membres opposés à l'ouverture
des négociations sur ces sujets. Ces contradictions ont atteint
leur point d'orgue à Cancun où, du fait de la radicalisation
des positions de près de la moitié des membres de
l'OMC, dont certains membres du G20 et tous les membres du G90 composé
des ACP, de l'Union Africaine et des PMA.
Au lendemain
de l'échec de Cancun, plusieurs options ont été
envisagées concernant les thèmes de Singapour. L'Union
européenne, principal demandeur, a pendant un moment introduit
et défendu l'idée d'une approche plurilatérale
sur ces sujets, afin de contourner les réticences des membres
à établir des disciplines multilatérales sur
ces thèmes.
La facilitation
des échanges : le seul sujet qui semble émerger d'une
longue controverse
En début novembre, le concept de la formule dite du 2 + 2
est apparu au cours de la première phase de consultation
sur les thèmes de Singapour. Lors d'une autre réunion
tenue le 24 novembre, alors qu'aucun accord n'avait été
obtenu à la réunion du 12 novembre sur la formule
dite du 2+2, le Directeur général adjoint, Rufus Yerxa,
qui présidait la rencontre au nom de Carlos Del Castillo,
avait invité les membres à faire leur commentaire
sur l'annexe E du texte de Derbez (Rev.2) http://www.ictsd.org/pass_synthese/03-11/wtoinbrief.htm
. Il leur avait fait la suggestion d'ouvrir des négociations
sur la transparence des marchés publics et la facilitation
des échanges lors de la réunion du 15 décembre
et de débattre par la suite de leurs modalités respectives.
Sur les questions portant sur l'investissement et la concurrence,
il avait suggéré que les Membres pourraient convenir
de redémarrer le processus de clarification sur les modalités
http://www.ictsd.org/pass_synthese/03-12/story1.htm.
Mais en décembre, prenant les devants sur les discussions
à venir, un groupe de PMA, avec 15 autres pays en voie de
développement comprenant la Chine et l'Inde, a soumis une
communication sur les questions de Singapour (WT/GC/W/522). Dans
la communication, ces pays ont demandé que l'investissement,
la concurrence et la transparence dans l'attribution des marchés
publics soient retirés des négociations. Ils ont soutenu
qu'en raison de la persistance des divergences sur une si longue
période sur le statut et le contenu des questions de Singapour
entre les Membres, il serait plus approprié concentrer les
efforts en premier lieu sur des questions dont la compétence
de l'OMC n'est pas remises en cause, à savoir l'agriculture,
l'accès aux marchés pour les produits non agricoles,
les services et les questions de développement ". Ils
ont en outre rejeté l'approche plurilatérale du traitement
de ces questions, mise sur la table formellement le 4 décembre
par l'UE.
Les discussions
ont quelque peu piétiné au début de l'année
2004 avant que le consensus ne se soit précisé plus
clairement en Avril. Lors des consultations informelles du 6 avril,
un groupe de pays en développement qui se fait appelé
" noyau central " s'est dit disposé à discuter
de la facilitation des échanges, mais seulement à
des fins de clarification et non de négociation http://www.ictsd.org/pass_synthese/04-04/wtoinbrief.htm.
Le groupe souhaite que la clarification s'étende aux modalités
de fond pour les négociations, mais a réitéré
que les négociations devaient reposer sur " un consensus
explicite " conformément à la lettre de Doha.
Les membres du groupe ont en outre fait part de leur souhait de
voir le retrait total des thèmes de Singapour restants du
programme de travail de l'OMC et ont appelé à une
assistance technique sur la facilitation des échanges.
Toutefois, malgré
cette ouverture, une analyse minutieuse du discours et des initiatives
donne à penser que celui-ci serait très peu enthousiaste
quant à l'idée de débattre de la facilitation
des échanges avant de voir des avancées sur des questions
plus pressantes telles que l'agriculture. Il comprend actuellement
le Bangladesh (représentant les PMA), le Botswana, l'Egypte,
Cuba, la Chine, l'Inde, l'Indonésie, la Jamaïque, le
Kenya, le Nigeria, les Philippines, la Tanzanie, l'Ouganda, la Zambie,
le Zimbabwe et la Malaisie qui en est la coordonnatrice actuelle.
Les PMA et l'Union Africaine érigent cependant des garde-fous
Lors de leur
réunion tenue à Dakar tenue à Dakar les 4 et
5 mai derniers sur la relance des négociations commerciales,
les PMA ont, à travers une déclaration, reconnu les
évolutions sur les thèmes de Singapour depuis l'échec
de Cancun. Après avoir rappelé la nécessité
de d'exclure trois des thèmes, en l'occurrence l'Investissement,
la Concurrence et la Transparence des marchés publics, du
programme de travail de Doha, les Ministres des PMA ont convenu
d'aborder la facilitation des échanges à travers l'approche
la plus prudente qu'ils pouvaient trouver :
a) Poursuivre
le travail de clarification des divers aspects de cette question
et effectuer ce travail parallèlement aux autres éléments
du Programme de travail de Doha.
b) Après
finalisation du processus de clarification, prendre une décision
sur les modalités, par consensus explicite, avant que des
négociations ne puissent commencer. Des modalités
qui devraient comprendre, entre autres, l'adoption d'une disposition
exemptant les PMA d'actions pour le règlement des différends.
c) Amener les
pays développés à prendre des engagements pour
assurer aux PMA une assistance financière et technique leur
permettant de mener des études dans le but d'évaluer
les implications et de faire face aux coûts de la mise en
uvre des mesures de facilitation des échanges.
Les ministres
du commerce de l'Union Africaine, réunis à Kigali
du 24 au 28 mai ont aussi adopté la même posture que
les PMA. Une convergence de vue entre les deux groupes qui présage
déjà, en attendant l'adoption de positions similaires
pays les ACP, de ce que sera la position finale du G90 sur les thèmes
de Singapour. Rien ne semble donc plus s'opposer au lancement de
discussions formelles sur la facilitation des échanges. Le
seul aspect qui demeure inconnu, c'est le temps nécessaire
pour mettre en uvre d'une telle démarche et pour conclure
un accord qui ferait partie de l'engagement unique.
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