|
Va
t-on vers un Accord global sur les négociations sur le Mémorandum
d'Accord sur le règlement des différends ?
La session spéciale
(de négociation) de l'Organe de règlement des différends
(ORD) de l'OMC s'est réunie le 30 avril dernier pour étudier
les progrès réalisés dans le réexamen
du Mémorandum d'Accord sur le règlement des différends.
La réunion s'est penchée sur un ensemble de propositions
à venir émanant d'un groupe de six pays dans le but
de sauver les négociations. L'Argentine, le Brésil,
le Canada, l'Inde, la Norvège et la Nouvelle-Zélande
sont en train de travailler sur l'ensemble de propositions pour
faciliter le consensus sur des questions telles que le pouvoir pour
l'Organe d'appel de renvoyer un différend devant le groupe
spécial (pouvoir de renvoi devant un groupe spécial)
et les conflits de calendriers découlant des procédures
de rétorsion (échelonnement). D'autres questions de
l'ensemble comprennent des préoccupations des pays en développement
telles que les coûts des litiges, la transparence, l'élargissement
des droits des tierces parties et les procédures visant à
déterminer la levée des sanctions autorisées
par l'OMC. Le Mexique est en train de travailler avec le groupe
mais n'apporte pas un appui total à l'ensemble de propositions.
En réponse
au futur ensemble, certains pays en développement ont déclaré
qu'il ne semblait pas réaliser un bon équilibre entre
les questions systémiques qui affectent le Mémorandum
d'Accord dans son ensemble et spécifiquement les questions
des pays en développement. Le Groupe africain a mis l'accent
sur le fait qu'il aimerait voir reflétées dans l'ensemble
des propositions ses positions antérieures appelant le Secrétariat
de l'OMC à apporter un appui plus fort en matière
de litiges aux pays les moins avancés (PMA) et aux pays en
développement impliqués dans un différend.
Le groupe a également appelé à la mise en place
d'un fond pour le règlement des différends. De telles
réformes, selon le Groupe africain, seraient cruciales dans
la résolution du problème d'accès des pays
en développement et des PMA au Mémorandum d'Accord
sur le règlement des différends.
Le manque d'enthousiasme
apparent des Etats-Unis et de l'UE envers les travaux du groupe
a conduit certains Membres à se demander s'ils apporteraient
leur soutien à l'ensemble de propositions une fois qu'il
sera présenté, ce qui est d'une importance clé
pour sa viabilité.
Pendant ce temps,
les délégués à l'OMC ont indiqué
qu'une date limite fixée au 31 mai de cette année
pour conclure les négociations ne serait probablement pas
respectée.
Très
peu d'avancées ont été notées durant
la dernière session spéciale (de négociation)
de tenue le 10 mai dernier. La Norvège a brièvement
fait rapport des travaux en cours d'un groupe de 7 pays qui développent
un train de réformes pour le Mémorandum d'accord sur
le règlement des différends. Selon la Norvège,
le train de réformes visait à faire avancer les négociations
et les 6 pays s'étaient jusqu'ici mis d'accord sur trois
questions à l'examen : l'échelonnement, le renvoi
devant un groupe spécial et la post-rétorsion. Le
délégué norvégien a toutefois noté
que le groupe travaillait toujours sur la transparence, les droits
des tierces parties, le respect des obligations et les questions
qui concernent les pays en développement. La Norvège
n'a pas indiqué à quelle date le train de réformes
escompté serait prêt, laissant certains délégués
s'interroger sur l'impact des divergences entre les membres du groupe
qui développent le train de réformes. Les autres membres
du groupe sont l'Argentine, le Brésil, le Canada, l'Inde,
le Mexique et la Nouvelle-Zélande.
********************************************
Le Comité du Développement
débat de la chute des prix des produits de base
Lors de la réunion
du Comité du Commerce et du Développement (CCD) de
l'OMC, le 11 mai derniers, les Membres se sont penchés sur
la baisse des prix des produits de base et sur le paragraphe 51
du mandat de Doha (qui demande aux Membres d'examiner la manière
dont le développement durable est reflété dans
les négociations générales).
Présidée
par l'ambassadeur Trevor Clarke (Barbade), la réunion a été
dominée par des discussions sur la baisse des prix des produits
de base, fondées sur la réunion antérieure
du CCD, en février. Dans une présentation conjointe,
le Kenya, la Tanzanie et l'Ouganda ont fait une suggestion concernant
l'affectation des travaux à l'OMC sur les questions relatives
à la baisse des prix des produits de base (WT/COMTD/W/130).
La présentation proposait que les travaux soient répartis
entre la session spéciale (de négociation) du Comité
de l'agriculture et le Groupe de négociation de l'accès
aux marchés, le CCD étant chargé de surveiller
les progrès sur la question dans les négociations.
Dans sa présentation
(WT/COMTD/W/129), la Suisse considérait qu'il était
essentiel que les Membre soient bien informés des facteurs
techniques, économiques et commerciaux qui influent sur la
baisse et la volatilité des prix des produits de base, pour
permettre une analyse solide dans les négociations. La Suisse
préférait des discussions approfondies au sein du
CCD, avec l'appui de contributions des diverses organisations internationales
représentées à ces réunions. Selon les
Suisses, le rôle du CCD était de sensibiliser davantage
sur la baisse des prix des produits de base et de préparer
le terrain pour permettre aux délégations de présenter
des propositions concrètes lors les sessions de négociations,
plutôt que de faire des recommandations concrètes aux
organes de négociation.
Alors que la
proposition du Kenya, de l'Ouganda et de la Tanzanie a suscité
un large appui de la part des pays en développement, ainsi
que des Etats-Unis, certains pays développés tels
que le Japon, seraient en faveur de la proposition suisse.
Lors de la réunion,
les Membres ont également appuyé une demande de statut
d'observateur du Fond commun des produits de base (Common Fund for
Commodities), une institution financière intergouvernementale.
Les pays
en développement cherchent à mettre en application
le paragraphe 51
Les discussions
sur le para. 51 ont suscité des clivages entre des pays tels
que le Kenya et l'Inde, qui recherchaient une mise en uvre
" fidèle " de la lettre du mandat de Doha, et certains
pays développés. Un délégué d'un
pays en développement a mis l'accent sur le fait que le mandat
de Doha demandait au CCD d'identifier les aspects des négociations
relatifs au développement durable et de débattre de
ces aspects "
afin d'aider à atteindre l'objectif
visant à ce que le développement durable soit pris
en compte d'une manière appropriée. " Le délégué
a préconisé davantage que des débats académiques
et des rapports de divers comités soumis au CCD et a déclaré
que le Comité devait servir de mécanisme de contrôle
pour garantir que les négociations menaient à un développement
durable significatif.
De nombreux
pays en développement se sont toutefois préoccupés
du fait que tout pouvoir de faire des recommandations impliquerait
l'octroi d'un mandat de négociation à la session régulière
du CCD et ont souhaité maintenir les discussions sur un plan
académique. Le Canada et les Etats-Unis auraient adopté
une position plus en harmonie avec celle des pays en développement.
Sur une suggestion
du président, des consultations informelles doivent avoir
lieu d'ici peu à la fois sur la baisse des produits de base
et sur le para. 51.
Les Maldives
sollicitent un traitement spécial pour la gradation des PMA
Dans une présentation
faite à la session du CCD (WT/COMTD/W/128), les Maldives
ont soulevé une nouvelle question en demandant au CCD de
recommander une série de mesures qui leur permettrait ainsi
qu'à d'autres pays moins avancés (PMA) une transition
en douceur dans le passage du statut de PMA à celui de pays
en développement. Les Maldives ont attiré l'attention
sur les coûts additionnels entraînés par l'ajout
d'obligations aux fins de l'OMC à la suite de la gradation
et sur la perte de préférences commerciales auxquels
ce pays serait confronté. Certains Membres ont répondu
en proposant que tout traitement préférentiel soit
appliqué au cas par cas - dans ce cas aux Maldives, qui avaient
demandé que la gradation soit traitée comme une question
systémique. La gradation des Maldives est toujours en cours
au sein de l'ONU, et des discussions supplémentaires sur
la question doivent avoir lieu au CCD .
La prochaine
réunion du CCD aura lieu en septembre 2004.
|