Apercu sur l'OMC

12 May 2010

Conclure Doha est une ‘priorité absolue' pour les ministres du Groupe de Cairns

Lors d'une réunion ministérielle tenue du 19 au 20 avril à Punte del Este, en Uruguay, les ministres du commerce des pays membres du Groupe de Cairns - un bloc de 19 membres en faveur d'une grande réforme du commerce des produits agricoles -  ont déclaré que rechercher un résultat ambitieux et équilibré dans les discussions sur le commerce des produits agricoles dans le cadre du Cycle de Doha à l'OMC devait être une « priorité absolue » pour les membres de l'organisation.

Les ministres ont également souligné le rôle joué par l'OMC et son système fondé sur les règles pour aider les pays à sortir de la récession. « Au moment où la reprise est en cours, l'OMC reste l'enceinte adéquate pour permettre de nouveau une forte croissance du commerce » ont-ils déclaré dans un communiqué publié à la suite de la réunion.

Les ministres de l'Argentine, de l'Australie, du Canada, du Chili, de la Nouvelle-Zélande et du Paraguay étaient présents à la rencontre, ainsi que le ministre du pays hôte, l'Uruguay. Toutefois, les nuages de cendres résultant de l'éruption volcanique en Islande ont perturbé les plans de voyage d'un certain nombre d'autres pays.

Bien que n'étant pas membres du Groupe de Cairns, les États-Unis, l'UE et le  Japon se sont joints aux discussions en tant qu' «invités spéciaux », de même que le Mexique et l'Égypte.

Les ministres ont également mis l'accent sur le fait que des efforts « tant au niveau technique que politique » étaient nécessaires - une référence explicite à la lenteur actuelle des progrès dans les discussions que de nombreux responsables ont imputé à un manque d'engagement de haut niveau de la part des États-Unis.

Les États-Unis et le  Brésil conviennent de négocier la fin du différend sur le coton

Les États-Unis et le Brésil ont convenu de commencer à négocier un accord de compromis qui pourrait empêcher l'imposition par le Brésil de sanctions commerciales sur une large gamme de produits et de droits de propriété intellectuelle américains.

Le Brésil a convenu de différer l'imposition de mesures de rétorsion à la suite de cette décision, annoncée le 6 avril, bien que des sanctions commerciales puissent toujours être appliquées à une date ultérieure.

Cette décision conjointe quant à la négociation d'un accord de compromis  est intervenue juste un jour avant la date fixée par le Brésil pour l'imposition de droits de douane à titre de rétorsion sur plus de 100 produits américains, allant des automobiles et des pneus aux produits cosmétiques et pharmaceutiques.

Pour écarter la menace de telles sanctions et faire le premier pas vers la résolution du différend opposant les parties, les responsables américains ont accepté de faire trois concessions : (i) proposer au Brésil un fonds « d'assistance technique » d'un montant de 147,3 millions de dollars par an ; (ii) apporter des changements à un programme de crédit à l'exportation soutenant les acheteurs de coton américain ; et (iii) démarrer un processus visant à ouvrir le marché américain aux importations de viande du Brésil.

En dépit de cette annonce décisive, le Brésil devra peut-être attendre au moins deux ans avant de voir des changements significatifs en  matière de subventions américaines au coton. Toutes les formes de soutien au coton, ainsi que le reste des subventions agricoles américaines, sont énoncées dans la Farm Bill, une législation de grande portée dont la révision est fixée à 2012.

La Farm Bill étant à la fois rédigée et votée par le Congrès, les négociateurs américains en discussion avec leurs homologues brésiliens, auront du mal à faire des promesses de réformes spécifiques dans la prochaine version de la législation. Les responsables brésiliens semblent avoir accepté cette réalité politique et sont disposés à tenter de la contourner.

Selon Rabih Nasser, Professeur de droit à Fundação Getúlio Vargas, une université de São Paolo, un accord pourrait renforcer la position des pays en développement qui se battent, au sein des discussions commerciales multilatérales du Cycle de Doha à l'OMC, pour la réduction des subventions agricoles octroyées dans les pays riches.

Les pays africains soutiennent depuis longtemps que les subventions américaines dépriment les cours mondiaux du coton et affaiblissent leurs producteurs nationaux. Les États-Unis ont jusqu'ici refusé de prendre part à toute négociation sérieuse sur le sujet, suscitant une frustration croissante au sein du C-4 (Burkina Faso, Bénin Mali et Tchad).  Toutefois, selon Imboden, même si les pays africains ne sont pas parties au différend en cours, les États-Unis se sont au moins enfin montrés disposés à envisager la réforme de leurs subventions au coton, et « c'est en soi une grande victoire. »

L'OMC prédit un rebond des échanges de 9,5%

Les flux commerciaux mondiaux vont rebondir  en 2010 après une baisse record l'an dernier, a déclaré l'OMC le 26 mars.

Selon l'OMC, la reprise sera tirée par les économies des pays en développement, qui devraient voir leurs volumes d'exportation augmenter de 11% par rapport aux bas niveaux de 2009. Les exportations des pays industrialisés devraient enregistrer des taux de croissance de près de 7,5%.

L'économiste en chef de l'OMC, Patrick Low,  a toutefois souligné qu'il était important de rappeler que ces chiffres partaient « d'une base très faible ». Le volume des échanges mondiaux a chuté de 12,2% en 2009, dépassant la baisse de 10% que l'OMC avait prévue l'an passé.

Cette baisse est la plus forte jamais enregistrée, dépassant la contraction de 7% de 1975, la seconde plus mauvaise année pour les échanges. En valeur, la contraction des échanges a été encore plus impressionnante - une baisse de 23% - due essentiellement à la chute des prix du pétrole et des autres produits de base.

Les économistes s'accordent en général à dire que le recul spectaculaire des échanges de l'an passé a essentiellement été le résultat d'une baisse de la demande des consommateurs, associée à une diminution de la richesse des ménages et des entreprises. La débâcle financière de 2008 a également rendu plus difficile pour les exportateurs l'accès au crédit dont ils ont besoin pour expédier leurs produits à l'étranger, ce qui ralentit davantage le rythme des flux commerciaux.

L'OMC a confirmé que les mesures protectionnistes au niveau national n'ont pas été un facteur majeur dans la contraction des échanges. « Les pays ont fait preuve de beaucoup de retenue dans ces circonstances », a déclaré Low, bien que l'OMC ait averti que « la persistance du chômage » pourrait intensifier les pressions exercées sur les gouvernements  pour les inciter à dresser de nouveaux obstacles commerciaux afin de protéger les industries nationales.

Cette information est un résumé de Bridges Weekly Trade News Digest, publié par ICTSD.

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