La question de l’aide pour le commerce sous la loupe

30 June 2015

C’est aujourd’hui que s’entame au Centre William Rappart, siège de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le cinquième Examen global de l’Aide pour le commerce. Presque 10 ans après le lancement de l’initiative Aide pour le commerce, lors de la conférence ministérielle de Hong Kong en 2005, les financements en la matière se sont fortement accrus. De 19 milliards de dollars EU en 1995, ces derniers sont passés à 23 milliards en 2005, puis à 41.7 milliards en 2011. Selon les données du CAD de l’OCDE, les montants octroyés s’approcheraient de 55 milliards de dollars pour l’année 2013. Néanmoins, malgré ces sommes considérables, l’efficacité de ce type d’aide continue de faire débat, et de nombreuses questions restent en suspens. C’est donc sur certains de ces aspects encore mal compris, ou peu explorés, que ce numéro de Passerelles se propose de se pencher.

Dans le premier article de ce numéro, Mamadou Sarr saisit l’occasion de cet examen global pour analyser dans quelle mesure l’aide pour le commerce peut contribuer à la facilitation des échanges sur le continent africain. On entre ainsi au cœur du thème de cette année : « Réduire les coûts du commerce pour une croissance durable et inclusive ». Dans l’optique de la mise en œuvre de l’accord sur la facilitation des échanges, le sujet est d’une grande actualité.

À l’heure où la communauté internationale s’active en vue de l’adoption des objectifs du développement durable pour l’après-2015, l’impact de l’aide pour le commerce sur le développement est au centre des discussions. Et comme le soulignait notre numéro de mai, le développement économique en Afrique devra passer par une véritable transformation structurelle des économies du continent. Dans cette perspective, l’aide pour le commerce a-t-elle permis aux économies africaines d’amorcer un réel changement structurel ? L’article de L. Alan Winters et Xavier Cirera souligne certaines tendances encourageantes dans l’évolution des échanges des pays d’Afrique subsaharienne. Toutefois, les auteurs estiment qu’il est impossible d’attribuer ces changements à l’aide pour le commerce avec certitude.

Que ce soit dans la sphère politique ou dans la littérature académique, l’engagement croissant de la Chine sur le continent africain est également un sujet qui éveille l’intérêt et suscite des interrogations. Le domaine de l’aide pour le commerce n’y échappe pas. Après avoir souligné les caractéristiques propres à l’aide chinoise, l’article de Masato Hayashikawa esquisse des pistes de collaboration avec l’OCDE dans ce domaine.  

Enfin, ce numéro contient également une étude de cas spécifique. Dans cette contribution, Azzedine Ghoufrane et Nabil Boubrahimi s’intéressent à la manière dont le Maroc a tenté de s’approprier l’initiative Aide pour le commerce au niveau national.

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