Les dirigeants ouest-africains réaffirment leur volonté de créer une monnaie unique d’ici 2020

5 March 2018

Plusieurs chefs d’État, ministres et responsables officiels ouest-africains se sont rassemblés pour la Cinquième réunion du groupe de travail présidentiel sur le programme de monnaie unique de la CEDEAO, réaffirmant leur volonté politique de créer une monnaie unique régionale, qui devrait s’appeler « l’Eco », d’ici 2020.

La réunion s’est déroulée le 21 février, à Accra, sous la présidence du président ghanéen Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, avec la participation d’autres chefs d’État ouest-africains, à savoir le président du Niger, Issoufou Mahamadou, le président de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, et le président du Togo, Faure Essozimna Gnassingbe, ainsi que les gouverneurs des banques centrales du Nigeria et de la Guinée.

« Nous avons toujours la ferme volonté d’avoir une monnaie unique qui permettra d’éliminer des barrières commerciales et monétaires, de réduire le coût des transactions, de stimuler l’activité économique et d’améliorer les conditions de vie de nos citoyens. C’est un objectif que nous devons accomplir », a déclaré Akufo-Addo dans son allocution lors de la réunion.

Le groupe de travail a également adopté une feuille de route révisée pour accélérer la création de la monnaie unique de la CEDEAO d’ici 2020, et a exhorté toutes les parties prenantes concernées à la mettre en œuvre. Il a également réaffirmé l’engagement des États membres à mettre en œuvre l’ensemble des instruments juridiques nécessaires de la CEDEAO.

La monnaie unique doit être mise en place dans le cadre d’une « approche graduelle », ce qui signifie que les États membres qui respectent les critères de convergence requis « pourront commencer l’union monétaire tandis que les autres pays pourront la rejoindre ultérieurement », indique le communiqué du groupe de travail.

Pour accélérer le processus de convergence macroéconomique nécessaire à la mise en place de la monnaie unique, la Commission de la CEDEAO a défini quatre critères primaires et six critères secondaires. Les quatre critères de convergence primaires sont : (1) un taux d’inflation à un chiffre à la fin de chaque année, (2) un déficit budgétaire n’excédant pas 4 pourcent du PIB, (3) un plafond de financement du déficit par la banque centrale de 10 pourcent des recettes fiscales de l’année précédente et (4) des réserves extérieures brutes capables de couvrir les importations pour une durée minimum de trois mois.

Il s’est toutefois avéré difficile jusqu’à présent pour les États membres de respecter ces quatre critères primaires de convergence, ce qui amené certains observateurs à se demander s’il ne vaudrait pas mieux les réviser. Le communiqué du groupe de travail encourage les pays d’Afrique de l’Ouest à « poursuivre leurs efforts en vue de satisfaire aux critères de convergence et de renforcer le mécanisme multilatéral de surveillance ».

S’exprimant à l’occasion de la réunion, le président du Niger, Mahamadou Issoufou, qui est également co-président du groupe de travail présidentiel, a insisté sur le rôle central qu’une monnaie unique pourrait jouer pour soutenir l’ambition des États membres de la CEDEAO de renforcer les liens économiques régionaux et de bâtir une communauté économique plus forte et plus intégrée.

« Notre monnaie unique nous donnera ainsi la possibilité de construire un espace économique solide, capable de concurrencer les autres espaces économiques en cours de construction dans le monde entier », a souligné Mahamadou Issoufou.

« Notre quête d’une monnaie commune n’a pas pour objectif de stimuler les échanges de marchandises produites dans des pays tiers. Elle pour objectif d’encourager la production de biens et services au sein de la région », a ajouté Akufo-Addo.

Malgré l’unité apparente affichée dans le communiqué du groupe de travail, certains observateurs font état de positions divergentes, bien que non diamétralement opposées, entre le Ghana et le Nigeria.

Alors que le Ghana milite en faveur de l’introduction de la monnaie unique, le Nigeria a adopté une position plus prudente sur le sujet. Godwin Emefiele, qui représentait le président nigérian Muhammadu Buhari à la réunion du groupe de travail, aurait souligné qu’il était préférable de ne pas se précipiter pour introduire l’Eco, faisant ressortir l’importance d’une analyse correcte du degré de préparation des États membres.

Certains observateurs ont également émis des doutes sur la faisabilité de la mise en place de la monnaie unique d’ici 2020, soulignant qu’il restait encore beaucoup de travail à faire pour garantir des fondations solides.

La prochaine réunion du groupe de travail présidentiel sur la monnaie unique aura lieu en mai 2018 à Niamey au Niger.
 

Reportage ICTSD; « Niger’s President commends ECA’s quality contribution in ECOWAS march towards single currency », UNECA, 22 février 2018

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