Les relations économiques entre la Chine et l’Afrique à un moment de transition

21 August 2018

Les relations économiques entre la Chine et les pays africains suscitent depuis une vingtaine d’années beaucoup d’intérêt de la part des spécialistes et des professionnels du développement. Derrière cette attention se cachent des enjeux importants pour l’Afrique en termes d’opportunités et de défis liés au resserrement des liens avec le géant asiatique. Depuis l’an 2000, la Chine est devenue le principal partenaire commercial du continent, alors que ses flux d’investissement et de financement vers l’Afrique ont aussi considérablement augmenté. La Chine est ainsi devenue un acteur majeur sur le continent, un partenaire avec lequel les pays africains ont besoin d’entretenir des relations économiques mutuellement avantageuses dans le cadre de leur processus de développement.

Il est largement reconnu que l’implication économique de la Chine en Afrique a contribué de manière positive à la croissance impressionnante que le continent a connue ces dernières années. De nombreux observateurs s’interrogent toutefois sur la qualité de ces relations du point de vue africain, notant l’appétit de la Chine pour les ressources naturelles et le peu d’intérêt qu’elle semble manifester à l’égard de certains aspects du développement à long terme du continent. D’autres soulignent plutôt la possibilité pour les pays africains de tirer parti de leurs liens économiques avec la Chine, certains appelant à une approche plus stratégique de la part des dirigeants africains pour mieux défendre les intérêts de l’Afrique dans le cadre de ces relations.

Surtout, dans un contexte de ralentissement de la demande chinoise et de réduction de la capacité d’emprunt de l’Afrique, l’intensification des relations économiques entre la Chine et l’Afrique semble s’être ralentie ces dernières années, ce qui complique encore plus la discussion. Les données de la China Africa Research Initiative révèlent que les trois indicateurs clés de ces relations (l’investissement chinois en Afrique, le commerce sino-africain et les prêts chinois en faveur de l’Afrique) sont en baisse depuis 2013-2014. À l’approche du sommet de 2018 du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC), qui se déroulera au mois de septembre, ce numéro de Passerelles présente une palette de réflexions sur les perspectives d’avenir de la coopération économique entre la Chine et les pays africains.

Dans le premier article, Wenjie Chen et Roger Nord se penchent sur l’évolution récente des liens économiques entre la Chine et l’Afrique, indiquant que l’Initiative « Belt and Road » pourrait apporter un nouveau souffle à ce partenariat. Le second article, signé Yunnan Chen, analyse le rôle des financements chinois dans le développement des infrastructures africaines. Ce numéro contient également un article de Lauren Johnston, qui examine dans quelle mesure l’Afrique pourrait tirer parti de la fin du dividende démographique chinois. De son côté, Thierry Pairault fait ressortir la faiblesse de l’investissement chinois en Afrique et s’interroge sur la nature de l’implication économique chinoise sur le continent. Dans le dernier article, Iginio Galgiardone se demande si l’implication de la Chine dans les infrastructures de télécommunication africaines est susceptible de conduire à l’imposition d’un modèle particulier de société de l’information.

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